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Samuel Sanchez : "Je travaille depuis novembre pour l’Itzulia, il me tarde que ça commence"

lundi 5 avril 2010

Interview de Samuel Sanchez, parue à quelques heures du départ de la 50e édition de la Vuelta al Pais Vasco.


- El Correo (EC) : Tu arrives d’Oviedo. Tu as profité du voyage pour réfléchir ?

- Samu : Oui. Ca fait 14 ans que je le fais, 14 ans que je profite de la route pour réfléchir. J’ai vu grandir cette route. Avant, il fallait 4 heures pour venir, et maintenant, un peu plus de 2h15.

- EC : Et tu pensais à quoi ?

- Samu : A être à l’heure. J’étais un peu en retard et en plus, je me suis fait arrêter pour un alco-test. J’ai pensé à la famille, à mon petit gamin. J’attendais aussi de savoir qui allait gagner le GP Miguel Indurain. J’ai parlé avec Koldo Fernandez de Larrea pour savoir comment va son infection à l’oreille.

- EC : Et tu as pensé à la Vuelta al Pais Vasco ?

- Samu : Non, surtout pas.

- EC : Mais c’est un des grands objectifs de l’année, pour toi et pour l’équipe. Tu pars comme favori.

- Samu : Ca, c’est les trucs de la presse. Joaquin Rodriguez est plus favori que moi, il vient de gagner la Volta. Dans la dernière étape de Paris-Nice, il était plus fort que moi. Je ne suis pas tant favori que ça. Je veux faire une bonne course. J’ai déjà été 3 fois sur le podium. Il ne me manque que la victoire finale.

- EC : Lors de tes premiers voyages, tu partais d’Oviedo en tant que fils, et maintenant en tant que père. C’est plus dur ?

- Samu : Regarde, quand le petit est né, il me manquait à chaque fois que je partais. Maintenant, il a 2 ans et c’est moi qui lui manque quand je pars. Et je commence à mal le vivre. Je pense un minimum à lui. Je dois partir et point. C’est mon travail. Ma femme est habituée et les enfants devront s’habituer aussi. On vit du vélo.

- EC : Tu lui as dit quelque chose au bébé, avant de partir ?

- Samu : Non, je pars quand il dort, comme ça il ne pleure pas.

- EC : Tu t’inquiètes pour son éducation ?

- Samu : Beaucoup. Le grand va bien, et à la garderie, on me dit que le petit est vif.

- EC : Ce sont des enfants qui ont beaucoup plus de choses que toi au même âge.

- Samu : Les gamin ont beaucoup de mauvaises choses à portée de la main. Quand j’étais petit, il n’y en avait pas autant. Je crois que le secret est de savoir les laisser faire tout en gardant un oeil sur eux. On ne pas enfermer les enfants dans la maison. Il faut savoir les laisser faire. Les laisser aller et les rattraper. Et bien surveiller leurs amitiés.

- EC : Les cyclistes sont des types disciplinés, durs, stricts. En tant que père aussi ?

- Samu : Parfois, oui, je suis exigeant. A la maison, celui qui a la main ferme, c’est moi. Ma femme est plus coulante. Surtout, ce que je leur inculque, c’est le respect. Je ne peux pas faire qu’ils soient footballeurs ou avocats, mais je peux leur faire comprendre qu’ils devront se battre.

- EC : En plein week-end de Pâques, tu as croisé des milliers de voitures qui partaient en vacances et toi, tu allais travailler.

- Samu : Je travaille depuis novembre pour la Vuelta al Pais Vasco. Il me tarde que ça commence. Oui, j’aurais aimé aller skier avec la famille. J’aime beaucoup la neige et je n’y suis plus allé depuis que je suis passé chez les amateurs. Je veux que mes enfants apprennent à skier pour y aller avec eux.

- EC : Avoir un travail comme le tien, bien rémunéré, est un privilège, surtout en cette époque de crise.

- Samu : C’est vrai. Si je suis bien rémunéré, c’est parce que je le mérite. Personne ne m’a rien donné pour rien. On ne me paye pas pour ma bonne tête.

- EC : Comment vois-tu les difficultés que vivent beaucoup de gens ?

- Samu : J’ai des amis au chômage ou qui ont salaire de 1000 euros avec un crédit pour la maison. La vie est dure pour un ouvrier. Et j’apprécie encore plus ce que j’ai. Je ne suis pas quelqu’un qui gaspille. Je suis économe. Il faut l’être, et un sportif encore plus. Il faut profiter de ces années pour avoir un bon pécule pour la suite.

- EC : Sur la route, il faut prendre des risques.

- Samu : Il faut savoir prendre des risques, comme Rossi dans un virage ou Alonso qui freine le dernier. Dans une descente, il faut prendre des risque, et on le fait.

- EC : A quel moment de ta carrière sportive te sens-tu ?

- Samu : En haut d’un plateau, tentant de monter encore un peu plus haut.

- EC : Tu te sens plus solide maintenant ?

- Samu : Je ne sais pas. Il y a d’autres versions de moi, plus agressives. Maintenant, je suis plus calme, mais je ne sais pas... J’ai beaucoup aimé quand j’ai gagné à Zurich, ou aux JO de Pékin, ou quand j’ai été leader de la Vuelta al Pais Vasco. Aujourd’hui, je crois que j’ai la meilleure version de Samuel Sanchez. Le T4, le "Terminator" le plus évolué. Maintenant, j’essaie de ne plus commettre les erreurs dans lesquelles je tombais avant. Je fais très attention aux détails.

- EC : Tu commences à penser que la chance qui vient de passer ne se reproduira plus ?

- Samu : Ca oui. Je crois que j’ai encore un Tour de Lombardie dans les jambes. Mais c’est sûr qu’à chaque fois le Mondial est plus compliqué. 3 Championnats du Monde me sont passés devant et je n’en ai pris aucun. Par contre, j’ai eu une occasion olympique et je l’ai saisie.

- EC : Quel Mondial est passé le plus près ?

- Samu : Le dernier. J’avais les jambes pour faire plus.

- EC : Tu as du te freiner parce qu’il y avait Joaquin Rodriguez à l’avant.

- Samuel : Il faut le faire. C’est un sport d’équipe. Je ne le regrette pas.

- EC : Avec Rodriguez, vous allez vous battre à la Vuelta al Pais Vasco. Où crois-tu que sera la clé ?

- Samu : A Arrate et au chrono qui est très dur.

- EC : Après, ton pari, c’est le Tour.

- Samu : J’espère ne pas faillir, et, si je ne faiblis pas, voir jusqu’où je vais. Alberto Contador est imbattable dans la montagne, il attaque d’une façon incroyable. Armstrong a une énorme équipe et il sait comment affronter la course. Il y a aussi les Schleck, Sastre, Valverde, Kreuziger, Wiggins. Pour moi ce sera un peu comme David et Goliath. Le Tour ne pardonne pas.

- EC : Tu aspires à quoi en France ?

- Samu : Pour moi, le podium est un rêve. Et il faut gagner une étape. J’aimerais aussi aller au Giro une fois. Je suis un coureur très aimé en Italie.

- EC : Et la Vuelta a España, où tu as déjà été second ?

- Samu : Je l’ai déjà laissée échapper une fois. Je suis tombé la veille du Xorret de Cati et j’ai perdu beaucoup de mes chances. J’y ai laissé quelques secondes qui m’ont empêchées de partir, lors du dernier chrono, avec des chances de battre Valverde.

- EC : Si tu devais choisir, tu voudrais obtenir quoi ?

- Samu : Un Mondial et un podium à Paris. C’est très difficile, mais pas impossible.

- EC : Tu crois Armstrong en capacité de déstabiliser Contador ?

- Samu : Je connais bien Alberto. Il est très fort. Personne n’a ses conditions pour rouler à vélo. Armstrong utilisera toutes ses armes pour le déstabiliser, mais s’il n’y est pas parvenu l’année dernière en étant dans la même équipe... Mais attention, Armstrong, c’est Armstrong. Rien que de le voir dans le peloton en impose.

- EC : Tu as passé toute ta carrière professionnelle chez Euskaltel Euskadi. Tu as été tenté par d’autres équipes ?

- Samu : Oui. Et cette année est cruciale. Pour moi, puisque j’ai déjà 32 ans et il me reste deux contrats, et pour l’équipe, qui doit renouveler ses sponsors. Nous voulons tous savoir le plus tôt possible si l’équipe va continuer. Cette équipe m’a fait grandir et j’ai contribué à ce que l’équipe soit grande. Comme Zubeldia, Mayo ou Laiseka. J’ai porté les couleurs d’Euskaltel sur tous les continents, surtout depuis l’or olympique. Et je me plais beaucoup ici. C’est très important, aussi, pourquoi je changerais ? J’aimerais mourir en orange. Ici. Mais ce ne sera peut-être pas en orange, mais avec les couleurs d’un autre sponsor qui viendra.

- EC : Et que sais-tu de l’équipe de Fernando Alonso, un bon ami à toi ?

- Samu : Rien. Il ne m’en a rien dit. Quand on sort ensemble à vélo, on parle de tout, sauf de cette équipe cycliste. Je lui parle des voitures et lui me parle des vélos. On rigole.

- EC : Quand tu as commencé à venir d’Oviedo, tu étais jeune et impétueux. Tu voulais manger le monde. Tu appuyais plus sur l’accélérateur ?

- Samu : Non. Il faut y aller tranquille. J’ai toujours eu une voiture diésel.

- EC : Econome.

- Samu : Oui, mais avec un turbo, TDI. Les diésel sont le futur. Les 24 heures du Mans ont été gagnées par un diésel.

Traduit de deux articles en espagnol parus sur elcorreo.com et elcorreo.com


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