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Pablo Urtasun : "Le cycliste souffre et va toujours de l’avant"

vendredi 26 février 2010

Pablo Urtasun entame sa seconde saison comme lanceur de Koldo Fernandez de Larrea au sein de l’équipe orange. Interview.


- Diario de Navarra (DDN) : Comment se passe la vie de quelqu’un qui démarre dans une petite équipe et finit dans une grande ?

- Pablo : Surtout, elle est lente. J’ai toujours été un coureur tardif, je suis passé chez professionnels tard, j’ai été dans deux petites équipes et il n’a pas été facile d’arriver dans une grande comme Euskaltel.

- DDN : Comment vit-on dans une petite équipe ?

- Pablo : C’est différent, tout est plus petit et plus proche. Tu es avec les mêmes personnes toute l’année. Dans les grandes équipes, il y a ceux qui courent le Tour et ensuite les autres.

- DDN : Il y a des gens qui ont payé pour courir, même dans de petites équipes.

- Pablo : Oui, on m’a proposé de passer professionnel deux avant que je signe chez Kaiku, mais j’ai dit non. Je crois qu’il faut rester le temps qu’il faut chez les amateurs. Je n’ai aucun regret ni de Kaiku, ni du Portugal, où j’étais bien payé. La seule chose qui manque aux petites équipes, c’est un bon calendrier.

- DDN : C’est frustrant d’être dans une petite équipe ?

- Pablo : Pas du tout. Je l’ai vécu comme une chance de pouvoir continuer à faire ce que j’aime et de passer un jour dans la catégorie supérieure. Pour l’instant, les choses se sont bien passées, et je crois que mes meilleures années de cycliste sont devant moi.

- DDN : On t’a fait des cadeaux dans le monde du cyclisme ?

- Pablo : Aucun. Si je suis là, c’est à force d’obstination, et en travaillant jour après jour.

- DDN : Le coureur est aussi têtu ?

- Pablo : Oui, si tu n’es pas têtu ou persévérant, tu n’a rien à faire ici.

- DDN : L’année dernière, Euskaltel t’a ouvert la porte.

- Pablo : Oui, ça a été difficile, mais dès que la porte s’est ouverte, ils m’ont soutenu à tous les niveaux. Je suis enchanté, il m’ont apporté la tranquillité et je crois leur avoir répondu avec mon travail.

- DDN : Toi, tu signes toujours des contrats d’une seule saison, sur le fil du rasoir.

- Pablo : Oui, mais je m’y suis habitué. Chez Euskaltel, je crois qu’ils sont contents, et si le sponsoring ne s’achevait pas, ils m’auraient signé pour deux ans. Moi, je veux continuer avec eux.

- DDN : Tu n’es pas un sprinteur pur, mais tu n’es pas lent non plus, tu entre dans les sprints. Dans l’équipe, tu es le lanceur de Koldo Fernandez de Larrea. Quoi d’autre ?

- Pablo : Je crois que je peux aspirer à disputer des épreuves dans des échappées ou dans de petits groupes. J’ai la puissance, mais pas ce petit plus. Aujourd’hui, je suis assujetti à travailler pour un sprinter comme Koldo Fernandez et quand j’ai eu ma chance, j’en ai profité.

- DDN : Etre assujetti à un autre coureur, ça te convient ?

- Pablo : Dans un sens oui, et dans un autre non. Si j’avais les même qualités que Koldo, je ne le vivrais pas bien. Mais comme nous ne sommes pas égaux, mais complémentaires, chacun de nous a sa chance. Si c’est un sprint qui roule à 75 km/h, c’est pour lui et je le lance. Si ça finit en côte, c’est pour moi.

- DDN : Comment est le sprinteur ?

- Pablo : C’est un coureur qui a beaucoup d’occasions au cours de l’année, et beaucoup de jours libres où il peut oublier la course. Le problème, c’est que le sprinteur vit de ses résultats. Un sprinteur qui ne gagne pas... ce n’est pas bon. Il se déprécie et il n’est plus utile.

- DDN : Un sprint, ça fait peur ?

- Pablo : Bon, c’est curieux, mais quand j’y suis, je n’ai pas peur. La situation parait contrôlée. Tu pousses, on te pousse... Mais moi, j’ai plus peur en voyant un sprint à la télé qu’en le disputant.

- DDN : La télé est trompeuse ?

- Pablo : Un peu, oui. Ce n’est pas aussi dangereux que ce qu’il parait à la télé.

- DDN : Quel est le son d’un sprint ?

- Pablo : Les mètres avant de se lancer, on entend des cris, des coups de frein... mais quand le sprint se lance, il n’y a plus de bruit, c’est le silence, il n’y a que le bruit des roues et des dérailleurs.

- DDN : Le danger se sent ?

- Pablo : Non. Le danger est imprévisible et c’est dangereux parce qu’on n’a pas le temps de réagir. Si quelqu’un tombe devant toi, tu te le manges. Il n’y a aucune marge de rectification. De toute façon, il faut voir une chose : combien y a-t-il de sprint dans une année ? Et combien de chutes ? Il y en a très peu.

- DDN : Les sprinteurs sont téméraires ?

- Pablo : Oui, les sprinteurs sont très téméraires. Celui qui est prudent, soit il est très supérieur aux autres, ou ce n’est pas un bon sprinteur.

- DDN : Ils se conduisent comme des cochons ?

- Pablo : Non, même s’il y a des cochons comme partout ailleurs. La majorité sont respectueux. Personne ne travaille avec l’intention de jeter un autre.

- DDN : Qui admires-tu ?

- Pablo : Freire, parce qu’il voit les arrivée comme aucun autre, parce qu’il a un instinct pour prévoir les choses qui n’est pas normal. Tout le monde le respecte et il a une puissance extraordinaire.

- DDN : Pourquoi Euskaltel gagne peu ?

- Pablo : Parce qu’il y a beaucoup de coureurs qui marchent bien, qui travaillent bien, mais il manque des vainqueurs. C’est ainsi.

- DDN : Ce n’est pas un paradoxe d’avoir une équipe qui ne gagne pas ?

- Pablo : Non, pas du tout. C’est un pari sur une philosophie. On court avec des coureurs basques formés ici... ce qui se vend, c’est le sacrifice, la présence et une façon de faire les choses, pas tant les victoires. Et ça marche.

- DDN : Le sponsoring de l’équipe se termine en fin d’année. Ca te préoccupe ?

- Pablo : Pas du tout. Il y a des gens qui n’arrêtent pas de penser à ça et qui ne dorment pas. Moi, je suis tranquille parce que ça fait 5 ans que je vois les équipes où je suis continuer, mais pas mes contrats. Et je suis là. Quand quelqu’un fait tout ce qu’il peut et donne tout ce qu’il a... il y est. L’avenir de l’équipe m’échappe, moi la seule chose que je peux faire c’est de donner le 100%, et c’est ce que je fais. Moi, je crois que les gens d’Euskaltel et des institutions sont contents et continueront.

- DDN : Pourquoi devrais-je engager un cycliste plutôt que quelqu’un d’autre ?

- Pablo : Parce qu’un cycliste sait toujours passer les mauvais moments, il sait souffrir et continuer vers l’avant. Je crois qu’un cycliste sait passer n’importe quel obstacle, dans la vie aussi. Le cycliste sait s’adapter au milieu et il voit toujours les côtés positifs, sur le vélo et dans la vie.

Traduit d’un article en espagnol paru sur diariodenavarra.es


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