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Igor Gonzalez de Galdeano : "Je me suis demandé si ça valait le coup de passer toutes ces nuits sans dormir"

lundi 1er février 2010

Est-il prêt pour assumer les fonctions de manager ? Que peut-on attendre d’Euskaltel Euskadi en 2010 ? Interview du nouveau manager général de l’équipe.


- Deia : Tu te sens prêt ?

- Igor GG : Chaque jour un peu plus. A chaque coup que tu prends, tu apprends. J’ai Miguel à mes côté et il me prévient des mauvais coups. Mais ça n’empêche pas que des fois nous tombons tous les deux, Miguel et moi, dans un piège. Les choses t’arrivent et il faut les affronter, et même si j’apprends, j’ai encore besoin des conseils de Miguel.

- Deia : Des coups ? Tu en as reçu beaucoup ?

- Igor GG : Oui, j’en ai pris quelques uns. Pendant ces 4 ans, il y a eu de tout, de bonnes choses et des mauvaises. Aux premières, c’est facile de s’habituer. aux autres, les mauvaises, il faut s’y faire du mieux possible. Mais ça touche, crois moi.

- Deia : Depuis que tu es arrivé dans l’équipe, en 2006, tu étais secrétaire technique ? Ca change beaucoup avec ton poste de manager général actuel ?

- Igor : Oui, principalement parce que j’ai plus de responsabilités en tout. J’ai déjà dit que c’est le fait de Miguel. Il a eu confiance en moi, et du coup, mon premier devoir est de ne pas faillir par rapport à lui. Mais il y a beaucoup à faire, même s’il est vrai qu’il supervise encore tout.

- Igor GG : En tant que nouveau manager, tu as changé des choses dans la façon de gérer l’équipe ?

- Igor GG : Il y a eu des changements. Il va y avoir des nouveautés, parce qu’il est clair que quand il y a des problèmes (il se réfère aux 2 cas positifs enregistrés l’année dernière, même si celui de Mikel Astarloza est toujours en cours d’instruction), il faut trouver des solutions. Je crois que ça doit être ainsi. Cette équipe n’est pas seulement un groupe de coureurs qui fait de la compétition, elle vend l’image d’un pays.

- Deia : Tu parles de nouveautés...

- Igor GG : Oui, concernant le dopage, l’aide aux coureurs... Nous innovons en de nombreux points et en cela nous avons le soutien des sponsors. Ils sont contents de voir que l’équipe cherche à résoudre les problèmes. Ca les tranquillise.

- Deia : Le problème du dopage est ce qui te préoccupe le plus ?

- Igor GG : Il va y avoir un tournant violent dans l’équipe et il sera très rigoureux. Nous ne voulons pas aller à l’encontre du cyclisme, mais nous voulons garder le contrôle et disciper les doutes. Aujourd’hui, un cas positif peut entrainer la disparition d’une équipe. Mais nous voulons aussi investir dans les coureurs, améliorer leur rendement en influant sur leur préparation, en tenant compte des détails... C’est quelque chose que nous voulions mettre en place lors du dernier Tour de France, mais avec tout ce qui s’est passé, nous avons du le reporter.

- Deia : Tu te sens seul, en étant manager, seule référence de l’équipe ?

- Igor GG : Non. Miguel continue à être partout. C’est un changement de fonction lié à la retraite de Miguel, mais le travail reste le même.

- Deia : Mais maintenant, c’est toi qui dois faire face.

- Igor GG : Oui, mais je sais que Miguel est là pour m’épauler.

- Deia : Et tu n’as pas envie de l’envoyer courir ?

- Igor GG : J’en ai eu envie. Miguel le sait. Ce monde est très dur et il n’a rien à voir avec le fait d’être coureur. Il y a eu des moments où je ne savais pas si ça valait le coup de passer toutes ces nuits sans dormir. Est-ce parce qu’Euskaltel Euskadi est une équipe différente qu’elle est très exposée à l’opinion publique ? Oui, mais c’est aussi pour cela qu’elle est l’équipe qu’elle est.

- Deia : Quelle équipe est-elle ?

- Igor GG : Une équipe sans date de péremption, comme le dit tout le temps Miguel. Il faut s’y faire. Moi, je suis venu du cyclisme, mais de l’autre côté. On dit qu’il vaut mieux l’idiot d’ici que le dégourdi d’ailleurs et moi, quand je n’étais pas dans l’équipe, j’étais le dégourdi qui croyait que tout était si simple.

- Deia : L’arrivée de ton frère dans l’équipe première suppose pour toi un renfort qui t’apporte la tranquillité ?

- Igor GG : Il y a peut-être eu un mal-entendu dans l’arrivée d’Alvaro. Le niveau UCI Pro Tour n’a rien à voir avec tout le reste et il s’en rend compte maintenant. Alvaro est chez Euskaltel Euskadi parce que pendant les années que j’ai passées avec lui, il a toujours su m’aider et j’ai une totale confiance en lui. Mais aujourd’hui, j’ai plus de choses en commun avec Gerri (Gorka Gerrikagoitia) qu’avec mon frère. Alvaro ne connait pas encore tout ça, parce qu’il était chez Orbea, qui est le dixième de ce qu’est Euskaltel, et il doit apprendre.

- Deia : C’est une année critique pour Euskaltel ?

- Igor GG : Non, comme tous les ans. La réalité que nous vivons fait que toutes les équipes doivent lutter pour trouver des sponsors.

- Deia : La sponsor, du moins le principal, est en attente ?

- Igor : Oui, mais je vois Euskaltel très proche de l’équipe. Lors de la présentation seront présents la moitié de l’entreprise, le Gouvernement Basque, le Lehendakari... le soutien est total.

- Deia : Ce côté là reste dans les mains de Miguel Madariaga ?

- Igor GG : L’autre jour il m’a dit : "Igor, tu ne seras pas capable d’obtenir ce qu’a obtenu un petit villageois". Et c’est vrai. Miguel a réussi à faire d’une équipe qui a beaucoup souffert, un bloc de ce calibre. C’est quelque chose qui est souvent sous-évalué en Euskadi.

- Deia : Sous-évalué en Euskadi ?

- Igor GG : Je crois qu’on apprécie plus l’équipe à l’extérieur que chez nous. Mais c’est pareil avec l’Athletic. Ici, on croit qu’il est normal qu’une équipe de football constituée seulement de joueurs d’ici soit dans l’élite d ce sport, mais si tu vas à Cordoba par exemple, ils hallucinent et ils te disent qu’ils aimeraient bien pouvoir avoir une équipe avec des joueurs andalous. Euskaltel aussi est plus valorisée à l’extérieur parce qu’elle transmet des choses positives.

- Deia : Ne pas avoir de sponsor fixe pour la saison prochaine peut être un poids ?

- Igor GG : Hummmmm (il réfléchit). C’est sûr que ça peut créer une certaine nervosité, mais ce n’est pas la sensation que j’ai parce que je sens que les sponsors sont proches de nous, je sens leur confiance. De toute façon, il faudra bien faire les choses, parce que les nerfs peuvent nous manquer.

- Deia : Euskaltel attend des résultats ?

- Igor GG : Non, parce que nous ne sommes pas une équipe qui apporte de grands résultats. Sachant cela, nous devons continuer sur le chemin qui nous différencie. Ce qui doit vraiment nous occuper, c’est notre image. Nous voulons êtres lutteurs.

- Deia : Ca ne te préoccupe pas de voir que seuls Samuel, Anton et Koldo peuvent gagner au plus haut niveau ?

- Igor GG : Je continue à penser que le coureur ne doit pas s’adapter. Parfois ils le font et ils répètent la même façon de faire année après année. Si un coureur veut changer, s’il veut s’améliorer, il doit introduire des modifications dans sa façon de faire les choses.

- Deia : L’équipe Euskaltel a-t-elle un avenir ?

- Igor GG : Nous avons de très bons coureurs. Et cette année, sont arrivés des coureurs jeunes qui auraient pu aller dans d’autres équipes mais qui ont choisi la notre. Je parle d’Intxausti, Castroviejo, Sicard... Ce sont des coureurs qui ont déjà gagné des courses et que méritent d’être chez Euskaltel Euskadi.

- Deia : L’année dernière, vous avez renoncé au Giro parce que vous avez considéré que l’équipe ne pouvait pas être partout tout au long de la saison. Ca a été positif ?

- Igor GG : Nous avons été plus solides. Nous avons les coureurs que nous avons. Ne pas faire le Giro, ne voulait pas dire que nous aurions de meilleurs résultats dans les autres courses, mais que ça nous assurait une fraicheur qui nous assurait une certaine présence. Au Giro, l’équipe se diluait parce que nous devions y envoyer des coureurs jeunes qui, en plus, ne récupéraient pas de toute la saison. La décision de ne pas participer au Giro a été bonne, et la preuve en est qu’aujourd’hui, il y a des équipes comme Radio Shack qui pense à faire la même chose. Nous avons été très critiqués pour cela, mais finallement, le temps nous a donné raison. Si une équipe comme celle d’Armstrong pense ne pas pouvoir affronter tout le calendrier, imagines nous, qui avons une équipe plus limitée.

- Deia : Dans le cyclisme d’Armstrong et Contador, quelle est la place d’Euskaltel Euskadi ?

- Igor GG : Armstrong et Contador se livrent une guerre extrême. C’est dommage que la vraie rivalité ne soit pas celle de Contador avec quelqu’un de plus jeune. Andy Schleck par exemple. Armstrong doit tourner la page maintenant, mais il a tant d’expérience, il amène tant de médias... Mais c’est sûr que tout ça donne de la vie au cyclisme et nous devons en profiter, chercher nos solutions. Samuel, par exemple, je crois qu’il va leur donner quelques soucis cette année. Peut-être pas dans le Tour, mais dans une course avant... Contador est un coureur qui marche très bien au printemps, mais Samuel aussi. Et ce Samuel est un autre Samuel. Plus fort mentalement, plus accompli...

Traduit d’un article en espagnol paru sur deia.com


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