Fan-club officiel de l’équipe Euskaltel-Euskadi

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Miguel Madariaga : "Je ne recommencerais pas, non !"

mercredi 6 janvier 2010

A 65 ans, Miguel Madariaga, le créateur de l’équipe Euskaltel-Euskadi, cède sa place de Manager général, pour se consacrer à l’accompagnement des jeunes, au cyclisme de base. Interview.


- Diario Vasco (DV) : Depuis 16 ans, c’est la première fois que tu n’es pas sur la photo officielle. Quel sentiment as-tu ?

- Miguel : Je m’y préparais depuis un moment.Je sais ce que j’ai à faire. Ce n’est pas un traumatisme pour moi, ni la fin de quoi que ce soit. J’ai préparé depuis longtemps mon chemin dans le cyclisme à sa base pour continuer à soutenir le cyclisme professionnel, ce qui me préoccupe beaucoup, tant pour Euskadi que pour l’Espagne. En plus, la Fondation est le second soutien de l’équipe et ça veut dire que nous devrons trouver au solution économique pour 2010.

- DV : Une solution économique pour 2010 ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

- Miguel : Nous devons parler avec Euskaltel, avec le Gouvernement Basque, entre autres. Et il faut aussi travailler en vue de 2011 et 2012.

- DV : C’est rentable une équipe comme Euskaltel Euskadi ?

- Miguel : En 2009, nous avons obtenu une répercussion publicitaire très comparable à celle de 2008, ce qui veut dire que le retour sur investissement a été très bon, excellent, je dirais même.

- DV : Tu as été embarqué dans le projet Euskadi pendant 16 ans. Le temps est passé très vite ?

- Miguel : Il est passé comme il devait passer, avec beaucoup de pénuries et de problèmes. Il y a eu de tout. La première année, l’équipe a coûté 126 millions de pesetas. Le dernier budget que nous avons bouclé a tourné autour de 7 millions d’euros (soit l’équivalent de 1.166 millions de pesetas). Pour moi, le temps n’est pas passé rapidement.

- DV : Aujourd’hui, il serait possible de créer un projet comme celui-là ?

- Miguel : Je crois impossible de refaire quelque chose d’identique. Ce n’est pas présomption ou pour me remettre des médailles, mais je ne vois personne qui soit capable d’entrer dans un projet comme j’y suis entré moi. J’ai eu des soutiens, c’est sûr, mais surtout de mes amis.

- DV : Il y a quelque chose qui a toujours attiré mon attention : ta capacité à t’entendre avec toutes sortes de gens, quel que soit tes positions politiques. D’où vient cette capacité ?

- Miguel : Je crois que c’est de mon honnêteté personnelle. Je suis comme je suis, en bien et en mal. J’ai toujours suivi le chemin de la simplicité, tentant de faire le mieux, avec clarté. Je ne peux pas me plaindre de la façon dont ça s’est passé.

- DV : Avec la perspective que donne le temps, on peut dire que le projet cycliste Euskadi a été parmi les meilleurs, si ce n’est le meilleur, du sport basque depuis de nombreuses années. Tu es d’accord ?

- Miguel : C’était le projet d’un pays qui a rassemblé tout Euskadi et qui est arrivé à un moment clé. Je ne connais personne qui ne se réjouisse pas des victoires d’un coureur d’Euskaltel sur n’importe quelle scène. Finalement, ce sont les exploits du cyclisme basque et ça appartient à tous. Chacun de vit à sa manière, mais tous s’en réjouissent. Je laisse tout ça en de bonnes mains. A mon sens, les meilleures qu’on puisse trouver pour continuer.

- DV : Très peu de gens croient que tu t’en vas, que tu abandonnes définitivement. J’en fais partie.

- Miguel : J’abandonne la première ligne, mais indirectement, je suis derrière pour les raisons que je t’ai données. La Fondation est le second sponsor. On a débuté un nouveau projet sportif, avec des gens qui viennent des équipes de formation et qui ont beaucoup de qualités. Mon travail est que ça continue à l’avenir.

- DV : Tu es conscient que beaucoup ont dit et disent encore que, avec le projet Euskadi, tu as gagné beaucoup d’argent. Que veux-tu dire à ce sujet ?

- Miguel : Ce projet n’a jamais compensé économiquement ce que j’ai investi. Il faut voir à quelle époque on a commencé, et ce que j’ai donné à ce moment là. Tu sais comment ces choses là évoluent. J’ai été le manager qui a le moins gagné du ProTour et des équipes de ce pays. Les directeurs sportifs ont toujours gagné plus que moi et je peux le prouver, j’ai les papiers. En dehors des dépenses, j’ai gagné plus ou moins ce que j’aurais gagné en étant fonctionnaire, avec la salle de massage que j’avais. J’ai du tout abandonner pour l’équipe. Il y a un dicton qui dit "le voleur croit que tout le monde est comme lui". Plus d’un pourraient se l’appliquer.

- DV : ???...

- Miguel : Tout le monde pense que je suis devenu millionnaire. Je pars avec une retraite, une pension normale de retraité de la Députation de Biscaye. Dans mon nouveau travail avec le cyclisme de base, la seule chose que je prendrai, c’est le remboursement des frais dus au travail. Je n’aurai aucun salaire. Je soutiendrai Igor Gonzalez de Galdeano, avec le cyclisme de base. Ce sera mon travail et c’est ma compensation.

- DV : Quand le projet est né en 1994, circuler dans de nombreux endroits avec le nom Euskadi sur les voitures et les maillots, ça ne générait pas une certaine inquiétude ? N’y a-t-il pas eu de problèmes ?

- Miguel : A la première course à laquelle nous avons participé, en Andalousie, on a sorti une photo avec un garde civil qui avait perdu une jambe dans un attentat d’ETA en Euskadi. Nous n’avons jamais eu de problèmes, ni en Espagne, ni en France, ni en Italie, ni avec la Garde Civile, ni avec les polices autonomes, ni avec la gendarmerie. Le comportement de tous avec l’équipe a été exceptionnel. C’est du sport. Nous avons eu, bien-sûr l’énergumène de service qui te tombe dessus n’importe où, mais ça nous est arrivé à nous, comme aux autres. Le nom d’Euskadi, grâce au cyclisme, est connu dans toute la planète. Je vais te raconter une anecdote...

- DV : Raconte, raconte...

- Miguel : La première année où nous courrions sur le Tour, quand nous sommes arrivés à Paris, j’ai demandé à Jean-Marie Leblanc, directeur de la course, si nous pouvions défiler avec l’Ikurriña lors du tour d’honneur final sur les Champs Elysées. Nous n’avons reçu que des applaudissements tout au long de ce tour d’honneur.

- DV : Tu recommencerais ?

- Miguel : Non. Un non catégorique. Ca ne valait pas la peine que ça m’a coûté au niveau personnel, même si oui, ça valait le coup au niveau du cyclisme. C’est gratifiant d’avoir une équipe dans le ProTour, au plus haut du cyclisme professionnel mondial, mais il a aussi fallu supporter tout ce qui s’est dit sur moi.

- DV : Etre à la tête d’un projet comme Euskaltel Euskadi génère de l’envie ?

- Miguel : Au démarrage, moins, mais au fur et à mesure que nous nous consolidions, de plus en plus. C’est un ingrédient qui existe toujours. Moi, je ne me suis affronté avec personne.

- DV : Quelles sont tes relations avec le cyclisme Guipuzcoan ?

- Miguel : Très bonnes, mais si ta question est de savoir si j’ai eu des détracteur, la réponse est oui. J’en ai toujours eu, et pas seulement en Guipuzcoa. Il y a une réalité, c’est que dans tout Euskadi, le cyclisme est vécu avec une grande intensité, mais ebn Guipuzcoa encore plus, ils connaissent le cyclisme.

- DV : C’est possible de créer une équipe de cyclisme professionnel en Euskadi, aujourd’hui ?

- Miguel : Le problème, c’est que beaucoup de gens veulent devenir riches en peu de temps, c’est au moins ce que je pense. Quand nous avons commencé avec Euskadi, et jusqu’en 1998 ou 1999, nous ne couvrions pas les dépenses que nous avions. Jusqu’à là, c’est moi qui ai tout payé. Le cyclisme est un sport faible en beaucoup de points. C’est pour ça que c’est difficile de créer une équipe.

- DV : Quelle relations as-tu avec le Tour de France ?

- Miguel : Fabuleuses, très bonnes. Nous parlons avec ses dirigeants sur le parcours de la Vuelta a España. Nous avons aussi parlé avec le président de l’UCI, Pat McQuaid, dont je me suis séparé avec une accolade.

- DV : Quelles sont vos relations, celles de l’équipe Euskaltel Euskadi, avec le Gouvernement Basque ?

- Miguel : Nous avons de très bonnes relations. Igor Gonzalez de Galdeano et moi nous étions avec le lehendakari, Patxi Lopez, et avec des représentants du gouvernement à la réception qu’ils ont donnée il y a quelques jours et ils nous ont dit que nous avions leur soutien. Ils nous ont aussi dit qu’il y a une baisse dans le budget qu’ils nous donnent, mais avoir leur soutien, c’est déjà important. Nous devons nous revoir pour parler avec eux de présent et de futur.

- DV : Qui a été le cycliste le plus spécial que tu ais eu depuis que tu as commencé dans le cyclisme ?

- Miguel : Celui pour lequel j’ai eu le plus d’affection, et qui a bien marché dans l’équipe de l’époque, c’est Joxe Nazabal que j’ai dirigé chez Olsa pendant 4 ans. Il est passé dans la meilleure équipe du monde qui existait à l’époque : l’équipe Kas. En tant que professionnel, il n’a pas réussi à atteindre le même niveau qu’en amateur, même s’il a été un bon coureur (il a gagné une étape du Tour notamment).

- DV : Tu as eu 3 directeurs chez Euskadi : Perurena, Julain Gorospe et Igor Galdeano. Que penses-tu d’eux ?

- Miguel : Ils sont tous très différents. J’ai un bon souvenir des trois. Si Igor est là où il est maintenant, c’est pour la préparation dont il fait preuve pour tout. Pas seulement pour le cyclisme.

Traduit de 2 articles en espagnol parus sur diariovasco.com et diariovasco.com


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