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Samuel Sanchez : "Une bonne occasion de gagner la Vuelta m’a échappé"

lundi 21 septembre 2009

Triple interview du Champion Olympique, qui tire le bilan de ses 3 semaines de course sur la Vuelta a España, dont il sort 2e au classement général. Et maintenant, les Championnats du Monde se profilent...


- Diario Vasco (DV) : Lors de la Vuelta 2007, tu a terminé 3e et tu as gagné 3 étapes. Maintenant tu finis 2e. Avec quelles impressions repars-tu de la course ?

- Samu : J’ai des impressions contrastées. J’ai bien terminé l’épreuve, j’ai tenté de gagner, mais je n’ai pas pu. Si tu me demandes de quelle Vuelta je garde le meilleur souvenir, c’est de celle de 2007. Gagner est toujours ce qui satisfait le plus un sportif. Cette Vuelta a été très disputée jusqu’à la fin et j’ai été dans la bataille. Tous les sacrifices, toutes les souffrances me font penser que j’ai suivi une bonne ligne de travail.

- DV : On voit que tu t’améliore saison après saison. Où sont tes limites ?

- Samu : J’ai remarqué des améliorations par rapport à l’année dernière. Tu t’endurcis, mais la saison prochaine, j’airais 32 ans. Evoluer est difficile. Ce qui est possible c’est de jouer sur des détails. En 2007 j’ai terminé au général à 3.46 de Menchov et là, j’ai été second, à 55" de Valverde, en comptant les 32" de bonification. Moi, je n’ai pris que 8" de bonifications.

- DV : Quelles erreurs as-tu commises ?

- Samu : Erreurs, erreurs... Les 18" que j’ai perdu en Hollande. Ce sont les circonstances de course. C’était à 3,2 km de l’arrivée et pour 200 mètres ils m’ont décompté du temps. Il y avait un virage à gauche et je suis tombé. C’est aussi vrai que si la chute de Liège avait eu lieu quelques mètres avant, j’en aurais bénéficié. Je n’aime pas regarder en arrière.

- DV : On dit que tu récupères vite des mauvais moments, tant en course qu’à l’extérieur. C’est vrai ?

- Samu : Il faut toujours aller de l’avant. C’est pareil pour les chutes que pour la vie en général qui m’a donné de sacrés coups, et chaque chose t’apprend à apprécier les autres choses.

- DV : Avant de venir à cette interview, tu es allé voir le contre la montre de la Vuelta à la télévision. Tu as vu beaucoup d’étapes ?

- Samu : C’est la première que je vois. Toujours, tu observes des choses, tu tires des conclusions, tu apprends, tu analyses la posture sur le vélo, tu vois comment roulaient Evans, Valverde, Basso...

- DV : Tu aurais pu gagner le contre la montre ?

- Samu : 5" on peut les sortir de n’importe où. Des virages, du nombre de fois que tu bois, du changement de position... Millar sortait de 4 jours tranquilles pour faire le contre la montre à fond et ça lui a réussi.

- Diario de Noticias de Gipuzkoa (DNG) : Avant ce chrono de Toledo, tu as lu la presse, parce qu’à l’arrivée tu parlais avec rancoeur du peu de confiance que certains avaient en tes possibilités.

- Samu : Oui, parce qu’on disait que Evans ceci, Evans cela. Evans, je l’ai battu à la Vuelta al Pais Vasco, au chrono de Valencia, je lui ai pris la 3e place en 2007. Et encore on met en doute ma capacité à garder ma seconde place.

- DNG : Tu veux dire que ça t’a blessé ce peu de confiance qu’on a en toi ?

- Samu : Non, ce n’est pas ça. Au final, la confiance, c’est moins qui dois l’avoir. Ce que disent les autres ne m’affecte pas. Je pense à moi. Je dis toujours que le mouvement se montre en marchant.

- DV : Igor Gonzalez de Galdeano dit que le grand pas qu’a fait l’équipe Euskaltel, c’est que pour la première fois, elle a couru pour gagner la Vuelta. Tu es d’accord ?

- Samu : Oui. Il faut voir l’équipe que nous sommes, très inférieurs à d’autres en matière de budget, comme par exemple la Caisse d’Epargne, qui a des coureurs de très haut niveau. On le remarque. Nous sommes une petite équipe coriace. Et nous finissons devant Evans, devant Basso...

- DV : Tu as l’air très tranquille.

- Samu : J’ai la santé, des enfants, une famille. Il faut donner aux choses l’importance qu’elles méritent.

- DV : Tu es conscient que tu as écrit l’histoire avec Euskaltel ?

- Samu : Oui, je suis conscient de ça. Est-ce qu’Euskaltel est conscient de ce que nous avons fait en tenant compte de ce que nous avions face à nous ? Je crois que oui, il l’apprécient. Ca semble facile d’être second, mais c’est dur d’être à fond pendant 21 jours, avec le stress, sans s’arrêter.

- DV : On a l’impression que tu as raté une bonne occasion de gagner la Vuelta. C’est aussi ton sentiment ?

- Samu : J’ai perdu une belle occasion de gagner. C’est une Vuelta où il ne fallait pas défaillir du premier au dernier jour. Celui qui a eu le moins de défaillances, a été Valverde. Dans les deux contre la montre, je lui reprends quasiment 50". Il y a eu deux jours clés, celui de Xorret del Cati et celui des 18" que j’ai perdu en Hollande.

- DV : Cette chute a eu tant d’influence ?

- Samu : Après être tombé, ton corps est modifié. Je n’étais jamais tombé et j’ai remarqué que le corps ne fonctionnait pas de la même manière. Le jour suivant une chute, tu es plus lourd. Moi, je pesais un kilo et demi plus lourd que la veille. Je n’ai pas bien dormi, mon pouls était déréglé. C’est là que la Vuelta s’est envolée, dans ces 50" que j’ai perdues. Le problème des chutes, c’est que si tu glisses, il n’y a rien, mais moi, j’ai frappé le sol, j’ai cassé mon casque, je suis tombé sèchement.

- DV : Ces chutes ont pu influer sur le fait que tu n’attaques pas dans la descente de Navacerrada ?

- Samu : Dans la dernière descente de Navacerrada, j’ai écouté la raison plus que mon coeur. Vu comment était la route, il fallait descendre avec précautions pour ne pas tout perdre. Sur du sec, on peut faire la descente, sur du mouillé c’était très risqué. De toute façon, ce n’est pas une descente où on peut reprendre du temps. La descente du Gallo, à Murcia, par exemple, était meilleure. Les virages comme ceux de Navacerrada, tout le monde les passe.

- DV : Cadel Evans a été second à deux reprises au Tour de France et tu as terminé devant lui à la Vuelta. Qu’est-ce que tu en penses ?

- Samu : Chaque grande course et chaque année sont différentes. Evans n’était pas bien sur le Tour et ici il a terminé 3e. Le cyclisme est imprévisible. C’est comme ça et on ne peut rien y changer.

- DV : Aucun des 8 premiers du général n’a gagné une étape. Pourquoi ?

- Samu : Nous étions tous très égaux. Chacun roulait avec la calculatrice, personne ne voulait dépenser plus de forces que nécessaire. Une Vuelta des plus dures dont se souvienne s’est jouée pour 55". Que ce serait-il passé passé si je n’étais pas tombé à Aitana ? Comment serait-on arrivés au final ?

- DV : Valverde n’a jamais attaqué, tu crois que s’il en avait eu besoin, il l’aurait fait ?

- Samu : Oui. S’il avait fallu attaquer, je ne doute pas du fait qu’il l’aurait fait. C’est pour ça que je dis que j’ai perdu une très bonne occasion.

- DNG : Tu termines ton contrat avec Euskaltel en 2010. Fernando Alonso dit qu’il veut créer une équipe et tu es très ami avec le pilote de Formule 1.

- Samu : La clé de ce projet, c’est Alberto (Contador). Moi, je parle avec Fernando, on fait du vélo ensemble, je vais chez lui, mais on ne parle pas de l’équipe.

- DEIA : Tu vas fêter cette seconde place à la Vuelta ?

- Samu : Non, pas pour le moment. Le Mondial est presque là.

- DV : Les Championnats du Monde, c’est un objectif pour toi ?

- Samu : Oui. A la vuelta a Burgos, je n’étais pas bien et à San Sebastian non plus. Je voulais être bien à partir de la première étape de la Vuelta et jusqu’au Tour de Lombardie. Ca fait deux mois au maximum. L’idée est d’arriver le mieux possible au Mondial et je vais y parvenir. Je peux être un des candidats à la victoire aux Championnats du Monde. Je ne suis pas Champion Olympique sans raison. L’expérience doit servir à quelque chose. Le Mondial ressemble beaucoup à l’épreuve des Jeux Olympiques.

Traduit de 3 articles en espagnol parus sur diariovasco.com, sur noticiasdegipuzkoa.com et sur deia.com


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