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Mikel Astarloza : "Je préfère être sanctionné deux ans que d’avouer quelque chose que je n’ai pas fait"

jeudi 10 septembre 2009

Double interview de Mikel Astarloza qui fait le point sur sa situation et envisage le combat qu’il va devoir mener.


- Diario Vasco (DV) : Comment vas le moral en ces moments difficiles ?

- Mikel : Personnellement, j’ai été mieux. Ca a été le pire coup qui me soit porté de toute ma vie, le coup le plus dur que j’ai jamais reçu. C’est pour ça que j’ai donné la conférence de presse. Ca a été comme une libération, j’ai pu dire ce que je voulais. A partir de là, j’ai commencé à remonter la pente, à assumer la situation. Je vais défendre mon innocence.

- DV : Beaucoup de gens pourraient ne pas te croire...

- Mikel : Je sais que ma position va à l’encontre du résultat du laboratoire, je le sais. Avec l’ouverture du recours, j’ai des raisons d’être optimiste. Si j’avais pris quelque chose, j’aurais le cran de le reconnaître. Ce que je ne reconnais pas c’est ce que je n’ai pas fait.

- DV : Tu sais que si tu collabores avec les autorités sportives, ta sanction pourrait être réduite à un an.

- Mikel : Je sais que je risque d’être sanctionné et que si je reconnaissais que je me suis dopé, la sanction serait moindre. Mais c’est que je ne me suis pas dopé ! Même s’ils m’enlevaient les deux ans, je ne le ferais pas. Je préfère être sanctionné deux ans. Il y a des arguments de poids pour dire ce que je dis, il y a des gens à qui j’accorde de la crédibilité. Je ne vais pas assumer quelque chose que je n’ai pas fait.

- DV : Quelle vie as-tu depuis que tu as appris le contrôle positif ?

- Mikel : Les deux premiers jours, quand j’ai appris la nouvelle, je ne me suis pas entrainé. C’était un samedi et un dimanche. Le lundi, je suis sorti m’entrainer.

- DV : Tu as beaucoup pensé à la situation dans laquelle tu es ?

- Mikel : Comment ne pas y penser !!? Je l’ai retourné dans tous les sens dans ma tête. Je sais dans quelle situation je me trouve et je l’assume.

- DV : Que te disent les gens dans la rue ? Tu as reçu beaucoup de soutien ?

- Mikel : S’il y a quelque chose que j’ai reçu, c’est du soutien, des gens, de la famille, des amis. Il y a eu beaucoup de gens qui ont eu foi en ma parole. Je suis conscient que c’est difficile de croire un cycliste dans le cas d’un contrôle positif, parce qu’il y a des cas très souvent. Je n’ai pas menti, je n’ai pris aucun produit interdit. Je n’ai pas menti. Je vais continuer à dire la même chose. C’est très clair.

- DV : Tu dis que tu n’as rien pris, mais l’échantillon A et l’échantillon B ont été positifs. Que s’est-il passé, alors ?

- Mikel : Moi, je ne peux accuser personne sans avoir de preuves. J’ai 17.000 théories sur ce qui aurait pu se passer, mais je ne sais pas ce qui s’est passé, je n’ai pas de preuves. La seule chose que je peux dire, c’est la vérité, je n’ai rien pris.

- DV : Pourquoi dois-je te croire ? Pourquoi les gens doivent te croire ?

- Mikel : Parce que c’est vrai. Je te redis la même chose. J’aurais le cran de dire que c’est vrai, que j’ai pris quelque chose. Je rentrerais à la maison et je ferais autre chose, mais ce n’est pas vrai.

- DV : Tu as pleuré ?

- Mikel : Oui, de rage, d’impuissance, de ne pas savoir pourquoi je me retrouve dans cette merde, pourquoi c’est à moi que ça arrive. Je suis un gars entier, j’ai du mal à extérioriser mes sentiments, mais oui, j’ai pleuré énormément, de rage.

- DV : On m’a dit que tu as reçu beaucoup de soutiens ?

- Mikel : Beaucoup de gens m’ont appelé. J’ai reçu plus d’appels et de messages que quand j’ai gagné l’étape du Tour. S’il y a des gens qui se sont manifestés, c’est bien la famille et les amis. J’ai une vie professionnelle et une autre personnelle. Que les gens se souviennent de toi dans ces moments, me touche beaucoup. J’ai une dette envers beaucoup de gens et si quelqu’un réclame mon aide, il l’aura.

- DV : Il y a quelque chose qui m’a surpris : la conférence de presse que tu as donné à l’Hôtel Amara Plaza.

- Mikel : Pourquoi ça t’a surpris ? Je me sentais redevable envers beaucoup de gens et j’avais besoin de dire ce que je pensais. Au cours du pire mois de ma vie, c’est la meilleure décision que j’ai prise. Je voulais dire mes sentiments avec mon coeur. C’est difficile de croire un cycliste qui a été contrôlé positif. Pourquoi a-t-il pu se produire une erreur ?

- DV : Où gardes-tu l’étape que tu as gagnée sur la Tour ?

- Mikel : Dans mes souvenirs, en photos et en coupures de presse à la maison. Il s’est passé ce qui s’est passé, personne ne m’enlèvera ce souvenir.

- DV : Comment vois-tu ton avenir professionnel ?

- Mikel : Je suis convaincu que ma carrière professionnelle n’est pas terminée. Je veux démontrer que ma parole est fiable, que ça peut être un "faux positif", sortir toute la rage que j’ai en moi. Il s’est passé ce qui s’est passé, je reviendrai en course. Ma carrière ne peut pas se terminer ainsi, pas de cette manière, pour un papier.

- DV : Ton équipe t’a soutenu depuis le premier instant ?

- Mikel : Combien d’équipe ont soutenu un cycliste ? Il me défendent. Ca veut dire quelque chose. Ce sont eux qui ont le plus de données de mes analyses, de mes contrôles.

- DV : Pour qui ça a été le plus dur, pour toi ou pour ta famille ?

- Mikel : Le coup le plus dur a été pour eux. Le mal qui a été fait à ma famille est impardonnable. Je l’ai mal vécu, mais eux, encore plus.

- DV : C’est vrai que tu as utilisé le tente hyperbare pour t’entrainer ?

- Mikel : Oui. Je l’utilise depuis 4 ans. Je ne l’ai jamais dit parce que c’est personnel, c’est ma préparation physique. C’est totalement légal. Il y a d’autres choses que je fais, mais toujours totalement légal.

- Diario de Noticias de Gipuzkoa (DNG) : Ca a été une libération entre guillemets, que l’attente se termine ?

- Mikel : Oui, pour moi, le pire, sans aucun doute, a été le courrier m’annonçant le contrôle positif, il y a un mois. A partir de là, j’ai tenté de m’encourager. Par chance, je n’ai pas manqué de soutien de la famille, des amis et de tout mon entourage. Un autre coup très dur a été il y a une semaine, quand deux médias ont inventé ou appris la nouvelle selon laquelle la contre-expertise avait donné le même résultat que l’échantillon A. C’est le coureur qui est averti en premier, et j’ai attendu une semaine de plus pour recevoir l’information. Cette information ne m’a pas plu, et peu importe que cela ait été un fuite ou une invention, même si a posteriori ça s’est confirmé. Dans ces choses, on joue avec les sentiments d’une personne et de son entourage, et on n’en a pas tenu compte.

- DNG : Tu avais l’espoir que la contre-expertise soit négative ?

- Mikel : Oui, oui, oui, oui. C’est difficile, parce que finalement, c’est l’analyse de la même urine, dans le même laboratoire, aussi la normalité est que le résultat soit le même. Mais j’avais espoir parce que lors de la contre-expertise allaient être présents mes avocats et mes médecins, ce qui me faisait avoir plus confiance dans le fait que l’analyse aurait lieu dans mes conditions optimales. Mais je m’étais aussi préparé à l’idée de ce qui s’est finalement passé.

- DNG : Combien de contrôles as-tu passé pendant le Tour ?

- Mikel : Quatre ou cinq. Je crois qu’ils les ont analysés. Je n’ai pas de problème.

- DNG : Comment as-tu su pour la contre-expertise ?

- Mikel : Ils m’avaient dit qu’ils m’enverraient un e-mail, aussi je regardais mes messages 4 ou 5 fois par jour. Enfin, c’est arrivé, parce que je le vivais mal, vu que je me suis toujours considéré innocent et je voulais savoir le résultat pour ne pas me cacher et faire face. C’est pour ça que j’avais fait la conférence de presse. Je voulais à tout instant avoir la vérité face à moi. Maintenant, j’ai choisi d’envoyer un communiqué de presse et d’attendre qu’on m’appelle. Je veux être transparent. Je le dois.

- DNG : Le recours que tu vas déposer pourrait rechercher une erreur de procédure ?

- Mikel : Je ne contrôle pas beaucoup ce qu’ils font parce que ce sont les avocats qui s’en occupent et les spécialistes. Il y a des choses techniques qui m’échappent. Ils travaillent. Quand je saurai, je le dirai.

- DNG : De deux choses l’une, ou tu es un menteur compulsif, ou la sincérité te sort des trippes. Cette véhémence avec laquelle tu te défends, ça déstabilise.

- Mikel : Ce commentaire me fait plaisir, ce n’est pas le premier. On avait étudié la conférence de presse : quoi dire et ne pas dire, mais tout est venu du coeur. C’était des sentiments que j’avais en moi, et je voulais les transmettre à mes amis, à la presse et aux supporters.

- DNG : Après cette conférence de presse, on a critiqué aussi la mise en scène. Tu as lu ou écouté las médias ?

- Mikel : J’ai toujours été passionné par la presse. J’aime être au courant, mais à ce moment-là, j’ai tenté de d’éviter pour mon propre bien-être. Il y a des commentaires et des opinions qui font mal, qui sont respectables, mais certains étaient soit intéressés, soit mal informés. Je voulais surtout m’abstraire des commentaires anonymes. Dans la rue, personne ne m’a traité de menteur ou quelque chose du genre. Ca me fait plaisir qu’une partie des gens, je ne sais pas combien, m’ait cru, c’est quelque chose de difficile quand c’est seulement ma parole contre la décision d’un laboratoire. Ceux qui me connaissent savent comment je suis et je suis content qu’ils m’aient cru.

- DNG : Dans le cyclisme, tu as reçu le même soutien ?

- Mikel : Surtout au sein de l’équipe. J’ai de très bonnes relations avec mes co-équipiers. Il m’ont appelé très souvent, parce qu’en plus de collègues de travail, ce sont des amis.

- DNG : On m’a demandé plusieurs fois si un laboratoire peut se tromper. Si un test de grossesse est positif, il n’y a pas de doute...

- Mikel : A ce sujet, un ami m’a dit qu’un de ses amis avait reçu une note médicale d’une analyse qui disait qu’il était enceinte, alors que c’est un mec. Je pense que si un hôpital se trompe ainsi... Je ne veux accuser personne parce que je n’ai pas de preuves, et je ne veux pas être attaqué pour ça. La seule chose que je peux dire, c’est qu’on m’accuse d’un délit que je n’ai pas commis.

- DNG : Ca veut dire que pour ta défense, tu amènera quelque chose de plus que ta parole, non ?

- Mikel : J’aimerais pouvoir le faire dès maintenant, mais le travail que réalisent les avocats et les spécialistes n’est pas encore terminé. Il faut préparer cela minutieusement, parce que c’est une question compliquée dans un monde que je ne connais pas. Ce que je veux, c’est montrer le plus tôt possible que Mikel Astarloza a été victime d’un "faux positif". Je veux que mon nom soit sali le moins possible, parce qu’il est évidant qu’il ne sortira jamais sans aucune trace.

- DNG : Tu crois à une manipulation dans tout ça ?

- Mikel : J’ai des tas d’idées et d’hypothèses différentes, mais quand tu n’as rien fait et qu’on t’accuse, c’est clair qu’il se passe quelque chose, qu’il y a quelque chose qui ne va pas, et je vais tenter de le démontrer.

- DNG : Ta perception du dopage et de son système à changé, maintenant ?

- Mikel : Non. J’ai toujours pensé qu’il y a des lacunes dans tout système, y compris dans l’anti-dopage, la justice ou le social. Partout il se commet des injustices, et malheureusement, c’est moi qui le subis. Je n’ai pas perdu confiance en le système, parce que je n’en avais pas beaucoup avant.

- DNG : Un secteur précis de la presse assure que ton contrôle positif entrainera la fin de l’équipe Euskaltel Euskadi...

- Mikel : Heureusement, mes informations ne disent pas cela. L’équipe est en pleine santé, grâce aux sponsors d’abord et aussi grâce aux supporters. L’équipe m’a cru, elle a des preuves qui leur montre que je ne les ai pas trahis et que je ne cherche pas à les piéger, et savoir que l’équipe est avec moi me rend optimiste et plsu tranquille.

- DNG : Tu as été déçu par quelqu’un ?

- Mikel : Non. Vu que pour l’instant, je n’ai rien découvert et je n’ai pas démontré la vérité, au lieu d’être déçu, je remercie ceux qui m’ont aidé.

Traduit de 2 articles en espagnol parus sur diariovasco.com et sur noticiasdegipuzkoa.com

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