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Samuel Sanchez : "Comme à Pékin, le coeur me dit que je peux gagner"

jeudi 3 septembre 2009

Double interview de Samu qui revient sur les 18 secondes perdues lors de la 2e étape, et envisage ses possibilités au cours de cette Vuelta : "Je sors de Hollande en ayant perdu 18 secondes, mais entier".


- Diario Vasco (DV) : Comment vas-tu après la chute qu’il y a eu à l’arrivée à Liège, mardi ?

- Samu : Moi, je ne suis pas tombé. Et même plus, si c’était arrivé à 4 km de l’arrivée, ça m’aurait bénéficié, vu que j’étais en 12e position quand la chute s’est produite, et j’ai réussi à l’éviter. Celui qui était 7e est tombé. Je suis arrivé à l’hôtel, j’ai enlevé l’oreillette et je suis entré dans la douche avec le maillot et le cuissard. J’ai du jeter une partie des vêtements que je portais. Nous passions dans une zone minière et avec la pluie, une poussière se collait qui noircit tout.

- DV : Et au niveau sportif, comment qualifierais-tu ta position au général ?

- Samu : Je suis sorti du périple en Hollande et Belgique avec 18" perdues, mais entier. J’aurais aimé n’avoir que le retard du chrono, mais ces trois jour on se serait crus sur le Tour, pas à la Vuelta. La mentalité des équipes et des coureurs était celle du Tour, avec des pavés, la nervosité, la pluie, le vent, le danger. Ca sentait le Tour.

- Diario de Noticias de Gipuzkoa (DNG) : Ces 18 secondes...

- Samu : Sur ces 18" perdues, j’y ai pensé ce qu’il fallait y penser. Il est arrivé ce qui est arrivé et il n’y a rien d’autre à dire. C’était une situation malchanceuse à 3200 mètres de l’arrivée, une chute dans un virage où j’ai du mettre pied à terre, je suis allé sur le bas-côté et tout le monde m’a doublé par la droite. Après il y a eu une cassure dans le peloton et je n’ai rien pu faire.

- DNG : Ca peut avoir une importance à la fin de la Vuelta ?

- Samu : Nous le verrons, mais je ne le crois pas. Personne n’aime offrir des secondes, mais ce jour là ça m’est arrivé à moi, une autre fois la chance manquera à un autre. Malgré la révolution technologique, malgré tous les gadgets, le cyclisme est un sport où ce qui importe avant tout, ce sont les sensations.

- DV : En marge de la perte de temps, comment te vois-tu ?

- Samu : J’ai de bonnes sensations. Les jambes de transmettent de bonnes sensations.

- DV : Quelles différences y a-t-il entre le Samuel Sanchez de 2007 qui a gagné 3 étapes et qui a été 3e au général, et celui de 2009 ?

- Samu : J’étais deux ans plus jeune. On courrait différemment de ce qu’on fait maintenant. Il y avait plus de kilomètres contre la montre, le premier jour de montagne était à la 5e étape, à Los Lagos. Ici, après le chrono de Valencia, on entre en plein dans la montagne, avec des étapes qui se suivent. Il ne faut pas de défaillance. Celui qui en aura une perdra plus de 18 secondes.

- DV : Après avoir vu les 4 premières étapes, tu as changé quelque chose dans ta liste de favoris au triomphe final à Madrid ?

- Samu : Je continue à en voir beaucoup. De Valverde à Basso en passant par Gesink, Evans, Tondo, Mosquera et les frères Schleck. On les voit tous avec envie et avec un bon coup de pédale.

- DNG : Les Schleck aussi ? On les a vu travailler pour le leader Cancellara.

- Samu : Non. Ils sont devant, mais ils roulent pas. Ils disent qu’ils ne pensent pas à la Vuelta, qu’ils préparent le Mondial, mais... S’ils se voient devant et avec de bonnes jambes, je ne crois pas laisseront passer cette chance. La Vuelta est une grande course. Et Andy a déjà été sur le podium du Giro et du Tour.

- DV : La pression qui retombe sur Valverde peut influer sur le résultat de la Vuelta ?

- Samu : C’est logique qu’il ait la pression. Jusqu’à il y a peu, il était n°1 de l’UCI et il a gagné le Dauphiné cette saison. On ne lui a pas laissé courir le Tour et il est furieux. Il a une équipe très forte derrière lui, qui a gagné beaucoup de grandes courses. C’est logique qu’il se sente sous pression. Chacun se met la pression qu’il se met. Moi, je ne lis rien de ce qui se dit sur la Vuelta. Et sur internet, je ne regarde que des vidéos.

- DV : Tu te vois, toi, comme vainqueur de la course ? Que dit ta raison et que dit ton coeur ?

- Samu : Le coeur te dit que tu peux gagner. Quand je suis allé à Pékin, aux Jeux Olympiques, je pensais que je pouvais gagner, tu te fais à cette idée. Je ne me voyais pas en vainqueur, mais je savais que j’étais capable de le faire. Ici, c’est pareil. Je sais que je peux gagner, même si je ne me vois pas en tant que vainqueur. Je savais que je pouvais terminer parmi les 10 premiers du Tour et j’ai terminé 6e. Des coureurs comme Cunego, Basso ou Evans ont fait des podium sur des grands tours ou les ont gagnés.

- DNG : En 2006 tu as gagné une étape de la Vuelta et le Grand Prix de Zurich. Tu étais un coureur de classiques. Comment as-tu évolué ?

- Samu : C’est un mélange de tout, physique et mental. Comme disait ma mère, ont est un homme avec la tête haute. Moi, j’admire deux coureurs, Contador et Armstrong. Avec Alberto, j’ai une bonne amitié. Ils ont passé des situations très critiques. Moi, je me considère comme un cycliste têtu, méthodique. Je ne veux pas lancer en l’air que je vais gagner le Tour de France. Je préfère avancer pas à pas, d’un pas assuré. J’ai été 3e de la Vuelta, j’ai lutté pour être parmi les meilleurs au Tour et j’y suis arrivé. Peut-être que la prochaine marche est de courir pour gagner un grand tour. J’ai 31 ans dont 10 ans de professionnalisme. J’ai mûri, j’ai de l’expérience. On approche du moment de gagner une grande course. Si ça vient, parfait, mais sinon, ça ne voudra pas dire que j’en suis incapable. Je continuerai à penser que je peux espérer gagner un grand tour un jour.

- DV : Qu’est-ce que tu aimes chez Contador ?

- Samu : Je le vois comme un ami. Il me surprend parce qu’il fait facilement les choses difficiles. Quand tout était contre lui au Tour, il a sorti le meilleur de lui-même. J’admire aussi Valverde. Il est capable de gagner à n’importe quel moment de l’année, sans être à 100%. Armstrong est un autre coureur que j’admire. Ici, nous avons un sentiment anti-Armstrong parce que nous avons Alberto. Ce qu’il a fait cette année est très méritoire. Il a été sur le podium du Tour après 3 ans sans courir. Son retour dans le cyclisme a été très positif.

- DNG : RadioShack t’a appelé ?

- Samu : Non. Pour l’instant j’ai un contrat avec Euskaltel. Et ce qui est sûr, c’est que l’équipe qui me voudra devra payer la clause de résiliation (rires).

- DV : Tu voudrais travailler pour un coureur comme Armstrong ou Contador ?

- Samu : Comme je disais, j’ai encore un an de contrat avec Euskaltel. Si je devais travailler pour un coureur du niveau de Contador, je le ferais. Pour Armstrong, je ne le ferais pas. La vie de sportif est courte et il faut en profiter.

- DV : Quelle est la clé pour pouvoir gagner la Vuelta ?

- Samu : Le moins de défaillance possible, être le plus régulier en tout. Au dernier Tour, Alberto a été le plus régulier partout. La clé est de défaillir le moins possible. C’est pour ça que je dis que j’espère que mon mauvais jour sur la Vuelta était celui où j’ai perdu 18"". Contador a perdu du temps dans les coups de bordure du Tour et il a fini par gagner l’épreuve. Ca me donne espoir.

Traduit de deux articles en espagnol parus sur diariovasco.com et sur noticiasdegipuzkoa.com


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