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Samuel Sánchez : "La pression, c’est le coureur lui-même qui se la met"

lundi 10 août 2009

Interview du Champion Olympique qui se souvient un an après de la médaille d’or remportée aux JO de Pékin et évoque la toute prochaine Vuelta a España.


- ECD : De l’eau a coulé sous les ponts, mais quel grand souvenir que celui de la victoire à Pékin.

- Samu : Depuis ce jour et jusqu’à la fin de ma vie, tous les 8 août seront spéciaux pour beaucoup de raisons. Parce que ce jour, où ont été inaugurés les JO, c’est aussi le jour de la mort de ma mère, je courais avec le dossard 8 qui est le numéro de la chance pour les chinois, c’était les JO de 2008, et le lendemain j’ai remporté la médaille d’or.

- ECD : Jusqu’à quel point ce jour a-t-il changé ta vie, tant sportivement que personnellement ?

- Samu : Les Jeux Olympiques sont le rendez-vous sportif le plus suivit au monde, c’est la compétition par excellence. Le fait d’avoir réussi cet exploit apporte un bonheur immense, parce que c’est un rêve qui devient réalité et très peu y arrivent. Et vu que ça n’a lieu que tous les 4 ans, comme beaucoup, tu n’as que 2 occasions d’y parvenir. Ca a fait qu’on m’a considéré comme le favori dans beaucoup de course, mais j’ai toujours pensé que le fait de remporter l’or olympique ne change rien dans le peloton. C’est un grand exploit pour ma carrière professionnelle, mais moi, je continue à courir avec la même envie et le même espoir que le premier jour.

- ECD : Ce que tu n’as pas pu éviter, c’est la pression environnante qui était moins forte avant ce jour là.

- Samu : La pression, c’est le coureur lui-même qui se la met. J’ai toujours été un coureur très exigent, qui se met plus de pression, et même plus que celle que lui met l’équipe, qui n’aime pas échouer dans ses objectifs. Mais c’est une arme à double tranchant. Des fois, quand tu échoues, ça te fait très mal. Je travaille tous les jours pour que ça n’arrive pas.

- ECD : Gagner aux JO a du aussi avoir une influence au niveau personnel. Maintenant, tu sais qu’il y a peu de défis que tu ne pourras pas atteindre.

- Samu : Je suis un coureur qui avance pas à pas, qui se marque des objectifs que je juge réalisables. J’ai parié que je monterais sur le podium d’un grand Tour, chose que certains considéraient compliquée parce que j’étais plutôt un coureur de courses d’une semaine. Mais j’ai réussi à être 3e de la Vuelta a España. Après j’ai accepté le défis d’être le leader de l’équipe sur le Tour et j’ai fini 6e avec de bonnes sensations. J’ai gagné le Grand Prix de Zurich, j’ai disputé le Mondial, après je suis allé à Pékin. Je suis un coureur assez régulier qui travaille au niveau professionnel et qui, peu à peu, rattrape ses objectifs.

- ECD : C’est l’image que tu as transmise au monde du cyclisme, celle d’un coureur de fond, issu d’une progression constante.

- Samu : Au final, avec du travail, tout est possible, même si tous n’atteignent pas les objectifs qu’ils se fixent. J’essaie de garder l’espoir et d’arriver aux rendez-vous de mon calendrier dans les meilleures conditions possibles. Cette année, nous nous sommes fixé comme premier objectif, la Vuelta al Pais Vasco et nous avons eu un podium et remporté une étape, derrière celui qui est le meilleur coureur du monde : Alberto Contador. Maintenant, nous avons la fin de saison, concentrés sur la Vuelta a España, qui est déjà toute proche.

- ECD : La Vuelta a Burgos est une bonne pierre de touche pour calibrer la préparation de la Vuelta.

- Samu : Il s’agit d’accumuler des jours de course, de préparer le corps pour que les jambes prennent le rythme et que la tête commence à se motiver. Avant la dernière Vuelta a España que j’ai courue, j’étais venu à Burgos et j’avais gardé une bonne impression. A cette occasion, les tests que nous avons réalisés sont même meilleurs que ceux d’il y a deux ans. Nous sommes en bonne voie.

- ECD : C’est, sans aucun doute, le grand objectif.

- Samu : C’est sûr. Toute l’équipe est concentrée dessus, nous avons beaucoup d’espoir. Qu’après les choses ne se passent pas comme nous le voudrions ? Le sport est ainsi. On n’obtient pas toujours ce qu’on veut, mais on continue à travailler dessus.

- ECD : Bizarre. Euskaltel Euskadi repart avec des victoires à chaque fois qu’elle reçoit une baffe. On a le contrôle positif d’Astarloza et trois victoire suivent avant la fin du mois.

- Samu : La meilleure façon de relever la tête est de gagner. Ce sont les victoires qui te font continuer à aller de l’avant. Le cyclisme continue, nous aussi, et ce que nous devons faire, c’est attendre les prochains événements. Mais surtout aller de l’avant en travaillant et en nous battant.

- ECD : Un jour, tu es venu à dire que tu voudrais "mourir", au niveau professionnel, en orange. Tu le maintiens ?

- Samu : Aujourd’hui, j’ai un contrat d’un an. Ca fait 10 ans que je suis chez Euskaltel Euskadi et si un jour je devais changer d’équipe et de couleur de maillot, ça me ferait très mal. Je ne peux pas dire que ça n’arrivera pas, parce que la carrière d’un coureur cycliste est très courte et chacun doit voir midi à sa porte. Mais je me sens très bien dans l’équipe, comme une partie d’elle.

- ECD : Pas seulement membre de l’équipe, mais aussi son meilleur représentant.

- Samu : Au final, tous se juge sur les résultats. Le palmarès, avec tout ce que j’ai apporté à l’équipe, et tout ce que l’équipe m’apporté à moi, c’est ce qui a réellement de la valeur. J’ai grandi avec Euskaltel et je suis ravi que nous ayons grandis ensemble.

- ECD : Sans réfléchir. De retour de Chine, en 2008, quand on te parle de l’or olympique, quelle image te vient en tête, comme un flash, sans pouvoir l’éviter ?

- Samu : L’accolade avec Alberto Contador, juste après avoir passé la ligne d’arrivée. Voir comment tous les deux, nous nous comportions comme des enfants. Comment lui, étant un grand champion, il m’embrasse. Comment nous rions et nous pleurons en même temps. Comment nous passons bien ces quelques jours, en nous promenant dans la ville olympique. C’est inoubliable.

Traduit d’un article en espagnol paru sur elcorreodigital.com

A voir aussi...

Une interview vidéo (en espagnol) de Samuel Sanchez, de la série "A solas con...", parue sur ciclismoafondo.es.

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A solas con Samuel Sanchez
Photo : www.ciclismoafondo.es

Portfolio

Carricature : Samuel Sanchez champion olympique

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