Fan-club officiel de l’équipe Euskaltel-Euskadi

Fan-club officiel de l’équipe Euskaltel-Euskadi

Partager...

Accueil du site > Les infos de l’équipe > Archives 2009 > Interviews et infos diverses > Mikel Astarloza : Double interview au retour du Tour de France

Mikel Astarloza : Double interview au retour du Tour de France

mardi 28 juillet 2009

"Je dis toujours que je suis le plus mauvais du premier groupe". "Mon plafond n’est pas loin, mais je continue de progresser".


"Je dis toujours que je suis le plus mauvais du premier groupe"

- Diario Vasco (DV) : Comment es-tu après avoir terminé le Tour ?

- Mikel : Fatigué, très fatigué, et en plus, nous avons dormi 4 heures. Nous sommes allés faire la fête, tous les coureurs de l’équipe, et nous nous sommes couchés à 2 heures. Je suis un peu éclaté.

- DV : De l’extérieur, on a l’impression que l’ambiance au sein de l’équipe, est très bonne. C’est vrai ?

- Mikel : Avec des personnes comme celles que nous avons dans l’équipe, ça donne envie. Je me sens bien avec eux partout où l’on va.

- DV : Tu as pu faire un bilan de ce que tu as fait sur le Tour ?

- Mikel : En rentrant à la maison, tu te rends compte de la répercussion que ça a eu, et c’est encore plus que ce que j’imaginais de là-bas. C’est impressionant. Ca faisait 5 ans qu’Euskaltel n’avait pas gagné une étape et en plus elle a été remportée dans les Alpes, c’est spécial.

- DV : Tu as pensé souvent à la victoire que tu as remportée ?

- Mikel : Oui, de nombreuses fois. J’ai revu à plein d’occasion les derniers kilomètres.

- DV : As-tu fait une erreur ?

- Mikel : Aucune, je crois. Tout c’est passé parfaitement. Ca n’aurait pas pu être mieux. Je pensais que j’aurais eu plus de temps pour en profiter, mais ça va très vite. Quand tu arrives avec 6 secondes d’avance, tu n’as pas le temps d’en profiter. C’est le désaventage d’arriver si juste. Tu ne penses qu’à savoir s’ils reviennent ou non. C’est un coup d’émotion jusqu’à la dernière ligne droite.

- DV : Tu changerais quelque chose de ce que tu as fait ?

- Mikel : Non, je ne changerais rien.

- DV : Tu t’es détendu quand tu as remporté la victoire ?

- Mikel : Non, j’ai fini à fond jusqu’au bout. J’ai tout oublié. Je n’ai commencé à répondre aux messages que j’avais qu’en rentrant à la maison.

- DV : Au final, tu n’as pas réussi à terminer dans le Top 10, comment le vis-tu ?

- Mikel : Quand je suis arrivé au Ventoux, c’est la première chose que j’ai demandé. Ca m’a mis en rogne. Descendre le dernier jour, dans le dernier col, quand on fait tout ce qu’on peut, ça fait mal. C’était une question personnelle, plus que pour la galerie. J’ai fait tout ce que je pouvais. Ca m’ennerve, mais c’est une broutille à côté de l’étape.

- DV : Tu vas faire quelque chose de spécial pour fêter ta victoire ?

- Mikel : J’ai dîné avec la famille lundi. Il y a un hommage à San Pedro, mardi à 19h30.

- DV :Rien d’autre. Tu n’as pas envie de t’acheter une voiture, de faire un voyage, quelque chose de plus matériel ?

- Mikel : Le plus grand caprice que je puisse m’offrir est d’être avec les miens, avec mes amis. Ni voiture, ni voyage, ni appartement, ni rien.

- DV : Où aura lieu cet hommage ?

- Mikel : Sur la place de San Pedro, là où ont lieu toutes les fêtes.

- DV : Il y a des équipes qui se sont intéressées à ta situation chez Euskaltel ?

- Mikel : Oui. Deux équipes m’ont appelé. J’ai encore un an de contrat, mais je suis dans une bonne équipe et je me sens très bien avec tout le monde, avec les co-équipiers, avec Igor (Gonzalez de Galdeano), avec Miguel Madariaga. Je ne suis pas en fin de contrat et je ne veux pas en finir.

- DV : Tu as un regret sur ce Tour ?

- Mikel : L’étape des Pyrénées, où j’ai terminé 3e et où Luis Leon Sanchez a gagné. C’était le jour où je me suis senti le mieux de tout le Tour. J’avais l’impression que j’allais gagner. Je n’ai pas eu de chance. Luis Leon est un très bon coureur.

- DV : Quand il a gagné, tu as revu l’histoire de ta vie ?

- Mikel : Dans l’équipe ils ont l’habitude de dire que je décroche du groupe de tête et que je souffre. C’est ça l’histoire de ma vie. Les souvenir que j’ai, sont de souffrance et de me faire décrocher. Quand j’arrêtrai le cyclisme, je garderai la souffrance et l’impossibilité de suivre le groupe de tête. Je dis toujours que je suis le moins bon du premier groupe.

- DV : Le fait que ton père t’ai empêché d’être rameur, ça compte ? Quelle est la vérité dans cette histoire ?

- Mikel : Il avait été opéré d’une hernie discale. Il m’a dit que j’étais trop jeune pour tirer sur les rames. Je me suis fâché et je me suis mis dans un sport plus dur, le cyclisme. C’était facile parce que du côté de ma mère il n’y avait que des cyclistes.

- DV : Quels sports aimes-tu ?

- Mikel : Je suis la pelote. Je vais, quand je peux, à Anoeta. Je suis plus de la Real Sociedad que de l’Atletico Bilbao. J’ai un beau-frère qui supporte l’Athletico avec ses deux enfants, de 8 et 6 ans, mes neveux, je les ai inscrits comme sociétaires de la Real pour qu’ils restent dans la bonne voie. (Il rit).

- DV : Tu vas en profiter pour manger quelque chose de particulier ?

- Mikel : On me dit que je fais tout en grand, l’entrainement, l’attaque et les repas. J’ai un bon coup de fourchette, mais moi je crois que je ne mange pas beaucoup.

- DV : Tu as des problèmes de poids ?

- Mikel : En octobre ou novembre, quand je me repose, je peux prendre jusqu’à 10 kg. Je sais que ce n’est pas bon. Pour Guillermo Cuesta, le médecin de l’équipe, cette question est primordiale.

- DV : Il vous contrôle beaucoup ?

- Mikel : Beacoup, non, il contrôle tout. Sur le Tour, il nous pesait tous les jours. Il entrait dans la chambre avec la balance à la main. Que tu pèses 100 gramme de plus ou 100 grammes de moi, il nous gronde. Avec moi, il a été servi. Il te donne le poids auquel il veut que tu sois dès le mois de novembre.

Traduit d’un article en espagnol paru sur diariovasco.com

"Mon plafond n’est pas loin, mais je continue de progresser"

- Deia : Tu ne peux pas attendre beaucoup plus de ta participation au Tour...

- Mikel Je suis très content. Avec la victoire, nous atteignons mon objectif et celui de l’équipe, et la dernière semaine, j’ai essayé de profiter, j’ai essayé d’être le haut possible au général, et dans le Mont Ventoux, je suis resté avec le regret de sortir du Top 10.

- Deia : Quel moment veux-tu garder comme souvenir ?

- Mikel : Avec le premier appel que j’ai reçu. Une radio m’a mis en contact avec ma mère. Au départ, ça m’a paru un peu voyeur, mais quand j’ai parlé avec elle, ça m’a ému et nous avons tous les deux fini en pleurant. C’est mon souvenir après la victoire, et cette émotion de sentir que beaucoup de gens se sont réjouis de ma victoire.

- Deia : Tu as fini 9e en 2007, 11e avec une victoire cette fois-ci. Tu crois pouvoir faire mieux ?

- Mikel : J’ai 29 ans et j’arrive à mon plafond sportif. Je ne sais pas de combien je pourrai m’améliorer, mais je n’ai plus beaucoup de marge. Je suis conscient du fait que je ne suis pas un coureur qui gagnera le Tour. Toujours, continuer à faire aussi bien et et remporter une victoire, serait formidable.

- Deia : Cette année, tu as parié sur le Tour. Ca aurait valu le coup aussi si tu n’avais pas remporté cette victoire ?

- Mikel : J’aurais eu de très bonnes sensations. A chaque fois que je donne à 100%, je rentre à la maison avec la conscience tranquille. C’est le cas avec la 11e place au général, c’est une place très difficile, mais quand il n’y a plus de forces et qu’on fait tout son possible, on ne peut rien se repprocher. Je serais resté avec toutes ces tentaives sans résultats, sachant qu’un jour arrivera la victoire, et avec le travail de l’équipe, qui a été impressionante. Jusqu’au dernier jour, ils donnaient tout ce qu’ils avaient pour moi.

- Deia : En 2010, tu vas reprendre le même shémas ?

- Mikel : Oui. Je suis très classique. Quand une chose se passe bien, je n’aime pas la changer. Les autres fois je démarrais bien l’année et ça m’allait, et cette année, j’ai douté en changeant de préparation, mais en voyant comment ça s’est passé, je n’ai aucun doute sur le fait que Mikel Astarloza reviendra au Tour avec le fusil chargé.

- Deia : A part la dernière semaine, pour le spectateur, le Tour a été ennuyeux, peut-être à cause du contrôle d’Astana.

- Mikel : Plus que le contrôle d’Astana, e parcours éait très concentré sur le final. Nous avions une première semaine peut-être presque trop facile, les Pyrénées n’ont fait aucun écart et tout le monde attendait les Alpes, qui je crois, ont été belles. Mais avant cela, ça a peut-être été long, et c’est peut-être la faute de l’organisation.

- Deia : Il n’y a pas eu non plus beaucoup d’attaques. Le fait d’avoir Contador, Armstrong, Klöden et Leipheimer dans la roue était dissuasif ?

- Mikel : Oui, nous pensions à voir comment faire pour les battre. Quand tu as des gens de ce niveau autour de toi, tu ne peux pas attendre la fin.

- Deia : Comment le peloton voyait-il la polémique en tre Contador et Armstrong ?

- Mikel : Totalement à la marge. Nous ne savions que ce que nous lisions dans la presse. Dans le peloton, on ne voyait rien de bizarre.

- Deia : Vous avez remarqué la présence de Lance...

- Mikel : Beaucoup. Médiatiquement ça a été un boum/ Dès qu’il a annoncé son retour on l’a remarqué, et sur le Tour, les supporters devenaient fous avec lui.

Traduit d’un article en espagnol paru sur deia.com


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | Site web réalisé par webmaster-peloton.com