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Mikel Astarloza et Gorka Verdugo : interviews

mardi 21 juillet 2009

Interview de Mikel Astarloza et de Gorka Verdugo suite à la 16e étape du Tour de France brillamment remportée en solitaire par Mikel.


Mikel Astarloza : "C’est le plus beau jour de ma vie"

- Vélo 101 :Mikel, racontez-nous votre journée...

- Mikel : Je suis parti dans le col du Grand Saint-Bernard. Je suis parti devant et j’avais des coéquipiers dans l’échappée à mes côtés, lesquels ont travaillé très fort pour moi. Puis dans le col du Petit Saint-Bernard, je suis reparti avec trois-quatre coureurs. Dans le final, à 2 kilomètres de l’arrivée, je suis parti tout seul sans regarder derrière. J’ai tout donné pour gagner.

- Vélo 101 :Vous sentiez-vous supérieur à vos adversaires ?

- Mikel : J’aime bien les mathématiques, je fais toujours des calculs. Nous étions quatre devant, je savais que j’avais 25 % de chance de l’emporter. Je ne crois pas beaucoup en la chance, il faut essayer et quand tu essaies tu arrives à gagner. Si ce n’est pas un jour, c’est l’autre. J’ai fait beaucoup de places dans ma carrière, obtenu peu de victoires. Je savais cette fois que j’avais une chance sur quatre de l’emporter et je l’ai exploitée à fond, c’est le plus beau jour de ma vie.

- Vélo 101 :Comment êtes-vous arrivé au cyclisme ?

- Mikel : Quand j’étais petit, je voulais faire comme mon père, mais lui disait que c’était trop dur. Alors j’ai pris la tradition de la famille de ma mère. Mon grand-père pratiquait du cyclisme, j’en ai fait aussi et j’ai pris la bonne décision parce que le sport pour lequel j’ai opté est super.

- Vélo 101 :Courir pour une équipe basque, c’est important ?

- Mikel : Oui bien sûr. Je suis Basque, l’équipe est basque aussi, alors pour nous c’est important. Nous représentons l’équipe de chez nous, nous avons un groupe de supporters au quotidien. Il y avait des drapeaux basques dans les Alpes, nous représentons notre pays, c’est important. Le cyclisme est très suivi dans le Pays Basque.

- Vélo 101 :Il y a deux ans, vous aviez terminé dans le Top 10 du Tour...

- Mikel : Il y a deux ans, j’avais terminé 9ème au classement général. Pour moi, c’était un rêve d’être si bien placé à Paris. Cette année, mon objectif était surtout de gagner une étape, c’est fait mais pour moi le Tour n’est pas fini. Je vais essayer de gagner une autre étape et surtout d’être le plus devant possible car c’est très important de courir devant également.

- Vélo 101 : Qu’est-ce qui a changé entre vos débuts chez Ag2r et votre arrivée chez Euskaltel ?

- Mikel : J’ai fait cinq ans chez Ag2r, ça a été une super expérience. Ils m’ont donné la possibilité d’être pro, j’ai pris beaucoup d’expérience, j’ai fait quatre Tours de France. J’avais 27 ans en arrivant chez Euskaltel, en pleine maturité sportive. Je me suis un petit peu amélioré. Avant je faisais déjà de bons classements, j’y suis davantage arrivé avec Euskaltel. Jusqu’à hier, ma meilleure performance demeurait ma 9ème place finale dans le Tour. Désormais, c’est ma victoire d’étape à Bourg-Saint-Maurice.

Article paru sur velo101.com

Mikel Astarloza : "Je dis toujours à l’équipe que je suis un leader pathétique"

- As : Félicitations !

- Mikel : Merci. Nous y avons laissé la peau toute la journée et nous le méritions tous. L’équipe, les supporters, moi-même, parce qu’il n’y avait pas un jour sans qu’Euskaltel Euskadi ne soit protagoniste de cette course.

- As : Tu as essayé dès la première semaine.

- Mikel : Je fait le compte et je crois que j’ai fait 3 ou 4 échappées où on pouvait aller jusqu’au bout. Je me souviens de toutes celles de ma carrière sportive. Je suis un coureur à qui on ne peut rien repprocher. J’essaie une fois, une autre et une autre.

- As : Avant la victoire, c’était comment ?

- Mikel : Je savais que j’étais le plus lent. Je suis très lent au sprint et je perds toujours. Aussi, la seule façon de gagner était de m’échapper seul. Je ne crois pas ceux qui disaient que j’avais de la malchance ? Non, ça non. J’ai essayé et j’y suis arrivé.

- As : Tu pensais en particulier à cette étape des Alpes ?

- Mikel : Les Alpes m’ont toujours bien réussi. Comme tous les jours, l’objectif du jour était de gagner l’étape. Je savais que ça finirait pas arriver un jour, mais comme ça, de cette manière, ça a dépassé mes voeux. Le travail d’Euskaltel Euskadi est incroyable. Je suis content pour eux, pour le pays pour lequel nous courons et aussi pour les sponsors.

- As : Tu as pu en profiter avant de passer la ligne ?

- Mikel : Pas beaucoup en fait. J’aurais aimé en profiter plus. Je ne voulais pas arrêter de pédaler. Après le dernier virage, j’ai regardé derrière et j’ai vu qu’il n’y avait personne. Je n’arrivais pas à le croire. J’ai tout donné pour arriver jusqu’à la ligne. Mon attaque a eu lieu au moment idéal. Les 4 de derrière étaient sur le point de revenir et il y avait un peu de mésentente à ce moment là. L’étape a été très dure mais il me restait un peu de forces pour essayer.

- As : Une chance que ton père t’ait éloigné des rames.

- Mikel : Oui. Lui a été rameur et je voulais être rameur comme lui parce qu’en Guipuzkoa il y a une grande tradition. Un jour, il m’a dit que j’étais trop jeune pour faire un sport si dur. Alors j’ai décidé de me dédier au sport qui se pratiquait dans la famille de ma mère : le cyclisme. Mon grand-père, ma mère, mes cousins (l’ex-cycliste Iñigo Chaureau), tous faisaient du vélo. Alors, je rêvais de courir le Tour de France et de gagner une étape. A 31 ans, j’ai fait un Top 10 au général (neuvième lors du Tour 2007, justement celui qu’a gagné Alberto Contador) et la victoire d’aujourd’hui. Maintenant, je peux partir content, parce que ces deux résultats sont très grands pour n’importe quel cycliste du peloton.

- As : Pour qui est cette victoire ?

- Mikel : Pour l’équipe essentiellement. J’ai toujours dit à mes co-équipiers que je suis un leader pathétique, parce qu’ils travaillent pour moi tous les jours et je ne gagne jamais. Enfin, aujourd’hui, je peux leur dédier ce jour si joyeux pour nous tous. La sensation que j’ai en ce moment est merveilleuse et je ne l’échangerais pour rien au monde. C’est que nous le méritions !

Traduit d’un article en espagnol paru sur as.com

Gorka Verdugo : "Quand Egoi et moi avons appris la victoire, ça a été émouvant"

- Diario de Noticias de Navarra (DNV) : Enfin, la victoire est arrivée...

- Gorka : Oui, enfin. Nous avons eu une dure journée, avec beaucoup de travail et de sacrifices, mais au final, l’objectif a été atteint. La victoire d’étape nous rend très heureux.

- DNV : Ca a été difficile d’entrer dans la fugue ? Avoir 4 coureurs dans l’échappée a été un plus, non ?

- Gorka : Les échappées sont très chères tous les jours. Mais, comme dans toutes les étapes de montagne, l’équipe était très motivée. Il fallait mettre plusieurs coureurs dans l’échappée et ça s’est bien passé. Au départ, nous étions Igor Anton, Egoi Martinez et moi, et ensuite, Mikel Astarloza a été fantastique en revenant du peloton.

- DNV : Comment as-tu vécu la victoire de ton co-équipier ?

- Gorka : J’ai travaillé toute la vallée, depuis le Grand Saint Bernard et jusqu’au début de la montée du Petit Saint Bernard. Là, je me suis laissé distancer parce que j’avais fini mon travail. Un peu avant l’arrivée, Egoi et moi avons appris dans l’oreillette que Mikel avait remporté l’étape. Ca a été un moment réellement émouvant. C’est une victoire méritée parce que nous l’avons cherchée avec acharnement à chaque fois que nous le pouvions.

- DNV : Et malgré tout, il vous reste l’envie et des forces pour remporter une autre étape ?

- Gorka : Bien-sûr que oui. Il reste encore des étapes pour essayer. La victoire de Mikel nous a enlevé beaucoup de tension, parce qu’on a eu du mal à l’obtenir. Mais maintenant que nous sommes bien, que beaucoup d’entre nous arrivent à leur forme idéale, il faut continuer à essayer. Il faudra que ce soit avant le Mont Ventoux, parce que sur cette étape c’est sûr que les premiers vont lutter pour la victoire d’étape. Demain (mercredi) et vendredi sont des journée propices pour prendre les échappées.

- DNV : Comment juges-tu le Tour que réalise Euskaltel Euskadi ?

- Gorka : L’équipe fait une très bonne course. Nous sommes vaillants et, si nous continuons comme ça, les choses iront bien.

- DNV : Personnellement, comment t’es-tu vu en course ?

- Gorka : J’ai très bien commencé le Tour, en forme et sans problème. Après j’ai baissé un peu le rythme, mais cette semaine, je me suis senti franchement bien.

Traduit d’un article en espagnol paru sur noticiasdenavarra.com

Mikel Astarloza : "Jusqu’à cette victoire, j’étais un leader pathétique qui ne gagnait rien"

- El Correo Digital (ECD) : A ton palmarès, figurent le Tour Down Under (2003) et mille échappées.

- Mikel : Moi, on ne peut pas me reprocher de ne pas essayer. Je suis très lent. Je ne peux pas arriver au sprint parce qu’on me bat toujours. Soit j’arrive seul, soit rien. Et aujourd’hui, enfin, j’y suis arrivé.

- ECD : Tu commençais à penser au mauvais sort ?

- Mikel : Je ne crois pas au mauvais sort. C’est le prix pour la constance. Je savais qu’un jour j’obtiendrais une grande récompense. Mon rêve.

- ECD : Tu l’as savouré dans les derniers mètres ?

- Mikel : J’aurais voulu le savourer encore plus. Mais je n’ai pas pu arrêter de pédaler à aucun moment. Juste quand j’ai vu la ligne, j’ai regardé derrière. Il n’arrivait personne. Je n’y croyais pas.

- ECD : Au final, c’est une récompense pour l’insistance de l’équipe.

- Mikel : Euskaltel Euskadi le méritait plus que jamais. Eux et les supporters. Je dis toujours à mes co-équipiers que je suis un leader pathétique, parce qu’il travaillent beaucoup pour moi et je n’arrive jamais à leur dédier une victoire. Maintenant je vais pouvoir le faire. Cette victoire est pour eux tous.

- ECD : Ton père, rameur à Pasajes de San Pedro, te disait toujours que le cyclisme est moins dur que la rame.

- Mikel : Bon, moi je voulais être rameur. Lui l’a été. Mais il m’a empêché parce que j’étais très jeune. Je me suis disputé avec lui et j’ai suivi la tradition de ma mère, où ils étaient cyclistes.

- ECD : C’est aussi un travail difficile.

- Mikel : Nous cyclistes, nous vivons bien. Je l’ai toujours dit. Pour moi c’est un hobby et en plus ils me payent. Je sais que c’est un travail, mais je le vois avec les yeux d’un junior. Moi, je ne pense pas au contrat, mais seulement à marcher toujours mieux.

- ECD : L’espoir d’un débutant.

- Mikel : Oui. Je n’apprécie pas le simple fait de monter sur le vélo. J’apprécie quand je m’améliore, quand je roule de mieux en mieux en course. Je m’entraine pour m’améliorer. Je ne serais pas un bon cyclotouriste. Mon truc c’est de me vider pour progresser.

- ECD : Tu ferais quoi si tu n’avais pas été cycliste ?

- Mikel : Je ne le saurai jamais. Depuis tout petit j’ai rêvé d’être cycliste. Je ne sais pas non plus ce que je ferai quand j’arrêterai le vélo. J’étais un bon étudiant en sciences, mais j’aimais les lettres où je ne réussissais pas bien. C’était un dilemme.

- ECD : Ca te tentait, l’université ?

- Mikel : Non, parce que je savais que j’allais être cycliste. Si ça s’était mal passé à vélo, j’aurais repris les études. Mais à 18 ans, mon choix était le cyclisme.

- ECD : Quelle carrière t’attendait ?

- Mikel : Plusieurs. Journalisme, éducation physique... Et je réussissais bien en mathématiques et en physique, et pourtant ça ne me plaisait pas. Je ne sais pas ce que j’aurais choisi. J’étais perdu.

- ECD : Tu dis que tu as aimé le cyclisme dès ton plus jeune âge. Tu te souviens de la découverte ?

- Mikel : Oui. Jusqu’à 11 ans, je jouais au football et à la pelote. Et puis, j’ai dit à mon père que je voulais être rameur. C’est le sport de mon village (Pasajes de San Pedro). C’est une grande tradition. Mon père avait ramé à la régate de La Concha et il m’a dit non. Il avait eu des problèmes avec de nombreuses hernies discales. Il me l’a interdit. Il m’a dit qu’avant 16 ans, il ne me laisserait pas monter dans un bateau. La famille de mon père était de tradition marine, celle de ma mère, cyclistes. Et comme je me suis beaucoup fâché de l’interdiction, j’ai répondu que je serais cycliste. Ca a commencé comme ça.

- ECD : C’était l’autre sport familial.

- Mikel : Nous étions 6 cousins à courir, tous du côté de ma mère. Il y avait Iñigo Chaurreau (ex-professionnel). J’ai vu que ça se passait bien et en plus je passais les week-end à aller voir les courses. Celle d’un cousin ou d’un autre.

- ECD : Les "Chaurreau".

- Mikel : Quatre garçons séparés de 2 en 2 ans. Et il y avait 2 filles. Nous avions des courses de toutes les catégories.

- ECD : Tellement de cousins que vous auriez pu organiser une course familiale.

- Mikel : Nous la faisions en fin d’année. De Hernani à Goizueta, en passant par la montée d’Arano. Là se terminait la course. Nous partions tous avec l’un de nos oncles. Et en avant la bagarre. Iñigo (Chaurreau) qui était le plus grand, nous laissait gagner.

- ECD : Chaurreau, c’est aussi ton nom, d’origine française. Tu étais destiné à devenir cycliste en France.

- Mikel : Bon, oui. J’ai des cousins qui se sont installés à St Etienne. Je vis près de la frontière. On a proposé à mon cousin Iñigo de courir dans une équipe française... C’est comme ça que j’ai fini là-bas, chez Ag2r. Et je ne connaissais pas un seul mot de français. Mais en 3 mois, j’ai beaucoup appris. Presque autant que pendant les 10 ans où j’ai appris l’anglais à l’Ikastola (école en langue basque). C’est une langue facile. Je me sens très identifié à la France.

- ECD : Dans le cyclisme espagnol il y a un certain sentiment anti-français.

- Mikel : Et là-bas, anti-espagnol. C’est mutuel. Moi, j’ai vécu ça des deux côtés. Là-bas j’étais un cycliste espagnol dans une équipe française et ici un cycliste qui vient de France.

- ECD : En France tu étais un grégario de Paco Mancebo, de Moreau. Euskaltel Euskadi t’a recruté pour être leader.

- Mikel : C’est un très beau défi. Je me sens mis en valeur. En France j’étais une seconde épée. J’aimais travailler pour les autres, mais je voulais rentrer à la maison. J’ai passé 5 ans en France. Euskaltel Euskadi m’a proposé un bon projet. Et le temps a montré qu’on avait raison. Ici, j’ai obtenu les plus belles choses. J’aime avoir cette pression. Je suis meilleur quand on est exigeant.

Traduit d’un article en espagnol paru sur elcorreodigital.com


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