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Aitor Galdos et Pablo Urtasun : Les blessures de Roubaix

mercredi 15 avril 2009

Pablo Urtasun parcours 66km en solitaire et arrive hors délais. Aitor Galdos avait des ampoules aux mains et ne pouvait plus tenir le guidon. Deux histoires de l’Enfer du Nord.


Aitor Galdos : "Tant qu’on n’est pas sur place, on ne sait pas"

"La course, je ne la connaissais pas, on m’avait raconté comment elle est, et que la dernière partie est très dure, mais bon... Je suis parti en cherchant à prendre les échappées pour me montrer un peu, dès le départ, je les ai toutes prises pour voir si l’une d’elles allait partir à l’avant. Et celle qui est partie pour de bon, au km 70, nous n’avons pas pu la prendre. Après, je me sentais de mieux en mieux, je récupérais du démarrage difficile, je m’habituais au pavé, surtout à Arenberg et au Carrefour de l’Arbre qui sont les secteurs les plus durs. Tant qu’on n’est pas sur place, on ne sait pas vraiment comment ils sont.

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Paris-Roubaix : Aitor Galdos
Photo : KxK Productions

Le premier secteur pavé commence au km 100 et les premiers secteurs ne sont pas trop décisifs, la route est large et les gens ne sont pas trop nerveux. Ce qu’il y a, c’est beaucoup de chutes... Dans le secteur avant Arenberg, c’est là que la tension commence, des chutes de folie, les coureurs ne freinent pas et tu te rends compte de l’importance d’entrer bien placé dans Arenberg. Je suis tombé, je suis sorti de là dans le second groupe, et nous avons réussi à rejoindre le premier. Ce qui se passe, c’est qu’après, dans la partie finale, la course devient dure, j’avais une ampoule à la main et je n’arrivais plus à bien saisir le guidon. J’avais les poignets bandés... c’est l’inexpérience, on a beau te raconter, tant que tu ne l’as pas couru, tu ne peux pas te faire une idée. On crois toujours que c’est exagéré, mais tu vois que tout ce qu’on t’a dit n’est rien quand tu es sur le vélo... Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle "l’Enfer du Nord".

Le point clé, c’est le secteur antérieur à Arenberg. Il y a eu une grosse chute, que moi j’ai passé en descendant du vélo dans l’herbe. Après Arenberg, il ne reste pas un trop grand groupe, et de là dépendent les forces qu’il reste au uns et aux autres. Les uns à cause de la chute, les autres qui manquent de forces et ils restent à l’arrière. Il faut avoir la chance de ne pas crever ou autre...

La méthode pour affronter les pavés, c’est par le milieu et par moment, on peut profiter des bords de route. La nuit avant il avait beaucoup plu et on allait sur le bord, on était freiné. Tu devais aller au milieu, mais des fois tu dois t’écarter parce que celui de devant va plus lentement. Quand c’est la première fois, des fois tu ne peux pas aller où tu voudrais et tu vas d’un côté à l’autre. Avec l’expérience on voit que les coureurs le prennent avec plus de sang froid. Le scénario au Tour des Flandres et à Roubaix est quasiment le même, quand on arrive au point décisif, tu dois être devant, parce que c’est là que se décide la course. Au Tour des Flandres, je suis tombé et la course s’en est allée sans moi. La clé, c’est le placement et si à 80 km de l’arrivée, tu crève ou tu tombe, la course s’en va sans toi."

Traduit d’un article en espagnol paru sur urtekaria.com

Pablo Urtasun : "Je me suis dit : je vais terminer pour l’honneur"

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Paris-Roubaix : Pablo Urtasun
Photo : KxK Productions

La gueule de bois de Paris-Roubaix ne peut être soignée que par le repos. Le lendemain, après avoir été cahoté pendant plus de six heures par les pavés, on commence à payer les efforts sur-humains. Douleurs articulaires, mains légèrement gonflées, sensation d’un organisme vide, une terrible fatigue.C’est dans cet état qu’était lundi Pablo Urtasun qui a participé dimanche à l’Enfer du Nord.

Mais le Paris-Roubaix de Pablo ne se limite pas à cela, c’est aussi une histoire qu’il raconte.

Pablo Urtasun a pris le départ de la course dans des conditions qui n’étaient pas les meilleures. La semaine précédente, il avait passé deux jours avec des troubles intestinaux et deux autres sans pouvoir s’alimenter correctement. "Jusqu’à jeudi je n’ai pas pu faire un entrainement correct. Au Tour des Flandres, j’ai fait 205 km et à Gent-Wevelgem j’ai pris le départ avec seulement un café dans le ventre et j’ai beaucoup souffert. Paris-Roubaix, jusqu’au premier secteur pavé, c’est une course qui va à fond, et il y a beaucoup de tension. Après..." relate Pablo.

Que se passe-t-il quand on se retrouve seul ? Pablo Urtasun a été décroché avant d’entrée dans Arenberg. Dans le bois mythique, il a navigué entre les voitures, et ensuite il a réussi à rejoindre un groupe de 12 coureurs. Jusqu’à là, parfait. Sa surprise fut qu’en arrivant au second ravitaillement, ses 11 compagnons de groupe ont posé pied à terre et sont montés dans les voitures. Urtasun s’est retrouvé seul avec 66 km à parcourir et encore 11 des 27 secteurs pavés devant lui. Tout un monde.

"J’ai pris la musette de ravitaillement et je me suis dit : je vais terminer pour l’honneur. Je voulais faire le parcours entier peu importe comment et arriver au vélodrome. Pour cette course, mais aussi en vue du futur. Le problème c’est que j’avais tout le vent contre moi, de face et à 40 km de la ligne, oui, j’ai eu un moment de crise, j’ai douté, je me demandais si j’allais arrêter ou pas. Mais avec tout le monde là-bas qui m’encourageait... il fallait continuer".

Finalement, Pablo Urtasun est arrivé jusqu’à Roubaix. Il est monté sur le vélodrome et a passé la ligne. Pour l’honneur. Juste pour l’honneur, car il était hors délais. Mais tous ces efforts n’auront pas servi à rien. "Ca, c’est une expérience qui te rend plus fort psychologiquement, ça t’affirme" conclut Pablo.

Traduit et adapté de passages d’un article en espagnol paru sur diariodenavarra.es


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