Fan-club officiel de l’équipe Euskaltel-Euskadi

Fan-club officiel de l’équipe Euskaltel-Euskadi

Partager...

Accueil du site > Les infos de l’équipe > Archives 2009 > Interviews et infos diverses > Samuel Sánchez : "La race cycliste s’est améliorée"

Samuel Sánchez : "La race cycliste s’est améliorée"

dimanche 1er février 2009

Interview de Samuel Sanchez. Sa vie avant et après avoir été champion olympique...


- Deia : Un exercice de voyance : juillet prochain, tu reviens de l’entrainement, tu t’installe dans le canapé avec la télécommande de la télé, et en même temps, il y a le Mondial de motocyclisme, celui de formule 1 et l’étape du Tour de France. Qu’est-ce que tu choisis ?

- Samu : (rires) Il y aurait du zapping. J’essaierais de ne rien perdre. Je mettrais la télé dans la pièce où je peux suivre deux chaînes à la fois et aussi dans la cuisine. J’aurais trois chaînes. Ou je mettrais la radio. J’inventerais quelque chose pour voir les trois.

- Deia : Tu te mettrais sur le Tour pour voir Armstrong ?

- Samu : Non, pour voir du cyclisme.

- Deia : Le mondial de motocyclisme parce tu es un amoureux de motos et la Formule 1 pour Alonso.

- Samu : Oui, plus que tout voir Fernando, mais aussi pour le spectacle. C’est sûr qu’il y a des courses de voiture, comme de moto GP, qui sont abrutissantes parce que ce sont des monologues de quelques grands pilotes, comme Rossi, Stoner, ou Pedrosa, mais il y en a d’autres très spectaculaires. La question est d’aimer ce sport.

- Deia : On dit qu’avec Alonso tu as une grande relation d’amitié.

- Samu : Oui, un jour nous sommes allés nous entrainer ensemble et un autre nous nous sommes croisés, on a discuté un peu, mais lui rentrait chez lui.

- Deia : Comment vous êtes-vous contacté ?

- Samu : Par téléphone, mais nous étions déjà sortis. Il m’a réellement surpris.

- Deia : En quel sens ?

- Samu : Il a une condition physique impressionnante.

- Deia : De toute façon, c’est difficile d’imaginer Alonso avec toi, collé à la télé, vibrants devant une étape du Tour.

- Samu : Et bien tu te trompes. Aux Jeux par exemple, il m’a dit qu’il a suivi l’épreuve contre la montre et l’épreuve en ligne sans en perdre les détails.

- Deia : Qu’est-ce que tu admire toi chez les pilotes de vitesse ?

- Samu : Tant que tu n’es pas monté dans une voiture ou une moto de course, tu ne te rends pas compte de la condition physique qu’il faut avoir pour supporter une course, mais c’est la capacité qu’ils ont à tout réaliser au millimètre, freiner, tourner, ou accélérer, c’est ce qui me fascine le plus. Piloter est un véritable art.

- Deia : Le cyclisme, par contre, plus que l’art, c’est la souffrance extrême. Le cyclisme est un sport de héros. Le public aujourd’hui préfère les génies aux héros ?

- Samu : Ca a peut-être été le cas pendant un temps, mais je crois que le cyclisme revient. Avec ce que nous avons fait l’année dernière, nous revenons où nous devons être. Je crois que les gens admirent à nouveau les cyclistes.

- Deia : Des épreuves biomécaniques, aérodynamiques, de puissance, de résistance... Le cycliste s’est changé en une machine ?

- Samu : Non, c’est une question d’évolution. Le cyclisme avance comme le fait la technologie en formule 1. On cherche à utiliser les qualité d’un cycliste au maximum et il s’agit de mettre à son service le matériel le plus révolutionnaire. Il faut profiter des chances qu’offre la technologie en sachant toujours que le moteur est l’homme. Le sacrifice et l’effort restent la base de ce sport.

- Deia : Armstrong serait le paradigme de l’excellence technologique et physique ?

- Samu : Peut-être, mais il n’a pas été le pionnier, parce qu’il y a eu une révolution avant son apparition. Manolo Saiz a été un des premiers. Il innovait en permanence. A près sont arrivés Riis et, plus tard, Armstrong. Dès lors, nous avons tous suivi la même ligne. Il s’agissait d’un méthodologie de travail qui nous approchait peu à peu de la perfection physique. Et c’est curieux, parce que cela a provoqué parfois des critiques assurant qu’il n’y avait plus de coureurs comme avant, qui préparaient plusieurs objectifs et qui couraient de début à la fin de saison. Ca a disparu. Dans le cyclisme moderne, on se fixe un objectif et on tente de l’atteindre.

- Deia : Combien de fois on t’a parlé d’Armstrong cet hiver ?

- Samu : A chaque fois, dans toutes les interviews, dans toutes les conversations.

- Deia : Ca te gêne ?

- Samu : C’est normal que les gens s’intéressent à lui, on se demande comment il sera ou comment ça se passera avec Contador dans Astana. C’est du voyeurisme, de la polémique. Ca plait. Nous, ça nous décharge de pression, mais le protagonisme reste à celui qui le mérite à chaque moment.

- Deia : Si on imagine qu’Armstrong gagne le Tour et décide de se retirer, le cyclisme serait touchait, comme choqué ?

- Samu : Il est trop tôt pour parler de ça. Il faut encore attendre de voir ce qui se passe en juillet, mais je ne crois pas que ce sera facile pour lui. Armstrong va découvrir un cyclisme très différent à celui qu’il a vécu.

- Deia : Ca a tant changé en 4 ans ?

- Samu : Oui. Les rivaux ont changé, la façon de courir, la façon de se préparer... Le cyclisme a évolué. Les nouvelles tendances ou les méthodes de préparation ont fait que l’espèce, la race cycliste s’est améliorée.

- Deia : Toi oui, tu as changé.

- Samu : En quoi ?

- Deia : A cause des anneaux olympiques que tu as partout.

- Samu : Ah, bon. J’ai deux pendentifs que m’a offert ma femme pour mon anniversaire et ceux que je me suis tatoués sur l’épaule suite à ce pari que j’ai fait avec Llaneras. Après il y a le vélo, le casque, les lunette, les chaussures, le maillots...

- Samu : Tout ça, c’est de la vanité ?

- Samu : Je ne saurais pas expliquer ce sentiment. C’est une tradition dans le cyclisme que le vainqueur de quelque chose de spécial soit différencié d’une certaine manière. Je ne sais pas, c’est comme une célébration, et c’est l’occasion de vraiment le mériter.

- Deia : L’or olympique t’a ouvert des portes que tu ne connaissais même pas ?

- Samu : Malheureux, je ne comprenais même pas ce que disaient les gens qui parlais d’un or olympique comme une maximum. Je suis plus connus aujourd’hui que jamais j’aurais pu imaginer. Ca oblige à relativiser, à garder les pieds sur terre. Il faut rester humble parce que tu sais que ça va t’apporter beaucoup plus dans ta vie que l’orgueil.

- Deia : Tu étais dans la revue Man, dans une publicité pour Skoda, et on te voit dans des cérémonies où on ne cesse de te remettre des prix...

- Samu : La vie te change. Maintenant tout est différent. L’autre jour nous étions à Aitana et les militaires qui étaient là-bas m’ont reconnu. Les gens m’encouragent quand je vais m’entrainer. Je n’aurais jamais imaginé quelque chose de semblable aurait pu m’arriver.

- Deia : Igor Astarloa se souvient toujours qu’après avoir été champion du monde en 2003, il l’a payé. L’exploit l’a surpassé. Toi, tu as gardé la discipline cycliste ?

- Samu : Je l’ai compris. Comment ? En posant une limite et en ne la passant passant pas. Pour ça l’homme clé a été Jesus Aizkorbe (responsable relations presse d’Euskaltel Euskadi). Il faut savoir dire non à certaines choses, et encore plus maintenant que commence la saison., parce que le cyclisme ne comprend pas les événements, ni les prix, ni la publicité. Il n’a aucune pitié.

- Deia : Tu n’as pas eu une vie tranquille. On apprécie plus une victoire quand derrière il y a tant de sentiments, tant de souffrance ?

- Samu : Tout le monde a une histoire plus ou moins dramatique. Je ne suis pas un cas unique. Ca s’est mal passé pour moi, c’est sûr, mais il y a d’autres cyclistes qui ont perdu des gens de leur famille, ça se passe mal, mais ils ont capables de le dépasser et d’atteindre leurs objectifs. Moi, simplement je ressens mon histoire, je sais ce que ça m’a coûté d’en arriver là et je l’apprécie.

- Deia : Tu es marié et père. Un champion olympique peut avoir une vie de famille ?

- Samu : C’est le côté négatif. Mon fils (Unai, âgé de 10 mois) grandit et moi je le vois à chaque fois que je rentre à la maison, de plus en plus grand. C’est ce qui me coûte le plus maintenant. Souvent, je rentre d’un voyage et il fait une nouvelle pitrerie... (soupir). Si je pouvais je les prendrais sur les courses, mais parfois c’est impossible.

- Deia : Le plus important c’est qu’ils soient conscient que leur père est champion olympique ?

- Samu : Quoi ? Les enfant se moquent de ça. Ils veulent juste taper dans un ballon, courir, jouer et que tout aille bien.

- Deia : Un champion olympique perçoit la crise ?

- Samu : Oui, bien sûr. Mais surtout à travers la famille et les amis que j’ai autour de moi. Beaucoup ne savent pas s’ils vont garder leur travail... C’est inquiétant. La crise affecte aussi le cyclisme. On le voit dans les sponsors, qui apportent moins d’argent. Dans une époque de récession, la publicité est la première touchée. Ca nous touche directement.

- Deia : Un groupe de tennisman s’est opposé à des contrôles 365 jours par an. Ils disent que ça va à l’encontre du droit à l’intimité. Que pense un cycliste quand il lit cela ?

- Samu : On ne sait pas quoi penser. On pense à la question de l’égalité. Si Adams (le sysème de localisation) s’implante dans le sport, il devrait s’imposer à tous les sportifs de la même manière. Mais aussi, d’une certaine manière, j’ai envie d’une certaine manière qu’il y ait cette camaraderie dans le tennis pour s’opposer en bloc à quelque chose qu’ils estiment injuste.

Traduit d’un article en espagnol paru sur deia.com


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | Site web réalisé par webmaster-peloton.com