Fan-club officiel de l’équipe Euskaltel-Euskadi

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Miguel Madariaga : "Si les choses continuent comme ça dans le cyclisme, nous ne pourrons pas continuer"

lundi 22 décembre 2008

16 ans après la mise en route de l’équipe Euskadi, la formation basque, avec le sponsor Euskaltel et l’aide du gouvernement Basque et des provinces de Gipuzkoa et de Biscaye, continue en première ligne du cyclisme mondial. Miguel Madariaga donne sa vision des choses.


- Diario Vasco (DV) : Tu vas débuter la 16e saison à la tête du projet Euskadi. En quoi le monde du cyclisme a-t-il changé ?

- Miguel Madariaga : Le cyclisme a changé et j’ai changé moi aussi. Je te dirais qu’il a trop changé. J’ai plus d’expérience. Quand je suis arrivé dans ce projet, ça faisait 25 ans que j’étais dans le cyclisme. Je croyais tout savoir et je me suis rendu compte que c’était comme tout recommencer au début. Le cyclisme s’est beaucoup modernisé. Je crois qu’on arrive au bout d’un cycle. Il y aura 2 équipes avec un très gros budget. Les autres, nous devrons serrer la ceinture. 3 ou 4 équipes auront un budget comparable au notre.

- DV : Et quels sont ces chiffres ?

- Miguel M : Il y a 16 ans, nous avions un budget de 127 millions de pesetas (763.285 euros). En 2009 nous aurons 6,8 millions d’euros, c’est à dire 800.000 euros de plus que cette année.

- DV : A quoi est dépensé cet argent ?

- Miguel M : 75% sert à payer les coureurs et l’équipe technique. Avec plus de coureurs, plus de techniciens. Nous n’irons pas au Giro et on nous a critiqué. Si nous voulons faire tout le calendrier, nous devons avoir 30 coureurs, 7 mécaniciens, 8 masseurs et tout comme ça. D’où sortons-nous l’argent ?

- DV : Pourtant ça semble être beaucoup d’argent.

- Miguel M : Il n’y a pas que les salaires, que nous avons du augmenter à beaucoup de coureurs pour ne pas qu’ils partent. Il y a les assurances de toutes les personnes, du parc de voitures, les contrôles médicaux. Il y a des équipes avec 15 millions d’euros de budget. Ca réduit le chiffre.

- DV : Avec cet argent, une équipe de haut niveau est rentable ?

- DV : Nous avons une entreprise qui assure notre suivi publicitaire. Elle a estimé le retour publicitaire que nous avons donné à l’équipe à 78,5 millions d’euros, soit 3 millions de moins qu’en 2007. La baisse est liée au fait que dans le Tour, on ne nous a pas vu autant que l’année dernière. Bien que cette publicité soit importante, celle que nous faisons au niveau social l’est encore plus. Ce n’est pas facile à mesure, mais nous savons que c’est important.

- DV : Euskaltel et Euskadi sont contents du rendement publicitaire de l’équipe ?

- Miguel M : Tant Euskaltel que les institutions et les entreprises qui nous soutiennent m’ont dit qu’elles sont contentes de ce que nous faisons.

- DV : L’équipe est assurée de continuer jusqu’en 2010. Que se passera-t-il ensuite ?

- Miguel M : Sincèrement, si les choses continuent comme elles sont en train d’aller dans le cyclisme, nous ne pourrons pas continuer. J’espère qu’il y aura un changement. Nous ne pouvons pas continuer avec 2 calendriers, celui des 3 grands tours et celui de l’UCI. Le Tour la Vuelta et le Giro nous obligent à courir 70% de leur calendrier, nous autorisant à être absents sur 30%. Le ProTour, nous devons le faire en entier. Je dois féliciter Cervélo qui va courir où elle veut sans être dans le ProTour. Nous, nous voulons couvrir un calendrier plus adapté à nos nécessités.

- DV : C’est vrai, mais ils ont le vainqueur du Tour, Carlos Sastre.

- Miguel M : C’est sûr, mais si tu sorts aujourd’hui une nouvelle équipe, tu ne pourras peut-être pas faire le même calendrier qu’eux.

- DV : Sur le plan sportif, comment va l’équipe pour 2009 ?

- Miguel M : Je vais te le dire très clairement. Nous avons renouvelé ce que nous avons pu, en essayant de garder la colonne vertébrale de l’équipe. Le départ d’Haimar Zubeldia nous a permis de garder Astarloza.

- DV : Pourquoi dis-tu ça ?

- Miguel M : Parce que s’il avait fallu monter le contrat des deux, nous n’aurions pas pu.

- DV : Pourquoi il est parti Haimar Zubeldia ?

- Miguel M : Il était en fin de contrat, il nous a dit qu’il préférait partir dans une autre équipe et il ne nous a pas laissé le choix.

- DV : Comment vois-tu la saison que vous avez faite ?

- Miguel M : De mon point de vue, elle a été très bonne.

- DV : Vous n’avez gagné qu’une seule épreuve du ProTour, une étape du Tour de Suisse ?

- Miguel M : La philosophie que nous avons implantée est de fonctionner en équipe et cela nous l’avons fait. Nous avons terminé 7e au classement par équipe du ProTour. Nous avons été 4e au Tour et 3e à la Vuelta dans ce classement. Nous gagnons le Dauphiné par équipe. Nous avons le champion olympique, Samuel Sanchez. La philosophie de l’équipe a changé. Nous, nous ne pouvons pas lutter d’égal à égal avec les autres équipes à cause de la philosophie que nous avons et des budgets gérés au niveau mondial.

- DV : Le travail que réalise Igor Gonzalez de Galdeano, tu l’estime positif ?

- Miguel M : Il me semble bien. Il a du caractère. Il a mis les choses à leur place. Je dois reconnaitre publiquement que si Igor n’était pas venu, aujourd’hui, il n’y aurait pas d’équipe. Il y a avait des coureurs qui faisaient ce qu’ils voulaient. Tu as écrit que nous ressemblions à l’armée de Pancho Villa et ça nous a fait beaucoup de mal au final.

- DV : Pourquoi Jon Odriozola n’a pas continué ? Je ne crois pas que ce soit un problème économique ?

- Miguel M : Il a demandé plus d’argent et nous ne pouvions pas augmenter son salaire à lui seul. Quand il nous a dit qu’il s’en allait, je pensais qu’il avait trouvé autre chose. Quand j’ai compris qu’il n’avait rien d’autre, je ne le croyais pas. Je le lui ai demandé et il m’a dit que c’était vrai. Nous lui avons dit à nouveau que nous voulions qu’il reste. Il a été un bon directeur sportif et les coureurs le voulaient.

- DV : Combien de contrôles avez-vous réalisé tout au long de l’année ?

- Miguel M : Près de 250 contrôles sanguins et urinaires, en plus des 816 contrôles internes que nous avons réalisés en interne. Dans ces derniers entrent ceux d’Orbea et de Naturgas.

- DV : Quel a été le prix de ces contrôles ?

- Miguel M : 42.000 euros. De toute façon les contrôles continuent en hiver. Cette semaine, plusieurs coureurs ont été contrôlés. Avec le Passeport Biologique, les contrôles ne s’arrêtent pas toute l’année. Ils sont même allé chez un coureur qui a arrêté le cyclisme.

- DV : Dans le cyclisme à sa base, vous allez continuer avec la même politique ou vous allez changer ?

- Miguel M : Nous appellerons ceux qui nous intéressent quelle que soit leur équipe. Et puis, ils devront passer les tests d’effort, quatre, et les analyses que nous ferons.

Traduit d’un article en espagnol paru sur diariovasco.com


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