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Mikel Astarloza interviewé à son retour de San Diego

vendredi 5 décembre 2008

"Ca ne me plait pas de centrer toute ma saison sur le Tour, mais l’équipe me le demande et j’assume le risque".


- Noticias de Guipuzkoa (NG) : Comment se sont passé les tests ?

- Mikel : Très bien. Nous avons passé près de 4h30 sur le vélo, et j’étais très bien. Samu est passé le matin et moi l’après-midi. L’idée était de tester différentes positions et différentes matériels, c’est pour ça que nous étions accompagné par l’ingénieur d’Orbea (Iñaki Agorte). Maintenant, il faut analyser les résultats et voir ce qui nous convient le mieux pour les contre la montre. Tout ce qui pourra améliorer sera bon.

- NG : Comment se passe l’hiver ?

- Mikel : Très bien. Après la Vuelta a España, j’ai passé 6 semaines sans toucher le vélo, je me suis reposé, j’ai pris 10 kg, comme tous les ans. Maintenant nous avons commencé l’opération bikini, ça fait 3 semaines que je m’entraine, en alternant le vélo, la course à pied, le gymnase, la piscine, le fronton...

- NG : La prise de poids vient de ce que tu as fait ce qui est interdit pendant la saison ou de l’inactivité ?

- Mikel : J’aime bien manger à table et aussi ne rien faire. Sur le vélo, c’est différent, mais en vacances j’aime être allongé au soleil dans un hamac. Je suis très extrémiste : quand je dois faire attention, je fais très attention, mais c’est inutile, je ne fais attention à rien.

- NG : Tu as terminé la saison saturé ?

- Mikel : C’est aussi une raison. C’est la même histoire tous les ans, mais cette année c’est plus accentué du fait que j’ai été toute l’année sur le vélo : j’ai commencé à m’entrainer le 1e octobre et j’ai arrêté le 30 septembre. Ca a fait 365 jours à vélo, neuf mois de courses, 35.000 km, plus de 80 jours de compétition. C’est très lourd et il faut savoir déconnecter et recharger les batteries.

- NG : Chez Ag2r aussi tu faisais beaucoup de compétitions, mais avec moins d’intensité. C’est l’année la plus chargée psychologiquement que tu ais du affronter ?

- Mikel : Oui. Chez Ag2r je faisais quasiment 100 jours de compétition. L’année dernière, avec Euskaltel Euskadi, j’ai dépassé les 70 jours, et ça demande beaucoup de qualité de vie. Cette année j’ai fait 84 jours, c’est la frontière entre beaucoup et peu, mais surtout c’est ce que tu dis, j’ai été en forme toute l’année, avec des pics de forme sur la Vuelta al Pais Vasco et au Tour. A part au Tour et à la Vuelta, où je n’en étais pas très loin, j’ai toujours terminé dans les 10 premiers et c’est très fatiguant, en commençant par la 4e place en Andalousie.

- NG : 2008 a été ta meilleure année ?

- Mikel : Sans aucun doute. Au classement UCI ProTour aussi j’ai été en tête toute l’année. Le seul regret c’est de ne pas avoir levé les bras, mais la régularité que j’ai eu m’a surpris moi-même. Ce qui m’ennuie c’est d’avoir été si près de gagner et de ne pas l’avoir fait.

- NG : J’ai l’impression qu’après ton grand Tour 2007 on n’a pas autant valorisé ta bonne année 2008. En plus, les exploits de Samuel t’ont fait de l’ombre.

- Mikel : Je ne sais pas... Je crois qu’on m’a toujours valorisé justement, c’est quelque chose qui n’arrive pas à d’autres coureurs malgré leurs bons résultats. Je n’ai jamais eu un palmarès extraordinaire, parce que j’ai du mal à gagner, mais mes places je les ai toujours senties valorisées par les équipes, la presse et les supporters, surtout ces deux dernières années. Je le vois aussi avec les attentes qu’il y a autour de moi pour 2009.

- NG : Avec Samuel centré sur le Tour, les JO et le Mondial et avec Anton blessé, tu t’es senti forcé de tirer les marrons du feu ?

- Mikel : Oui, surtout dans la première partie de la saison, là où une grande partie des résultats que pouvait obtenir l’équipe reposaient sur moi. Le plus gros objectif était la Pays Basque. J’ai fait 6e et l’équipe m’a que c’était bien, mais qu’il fallait faire plus. Alors oui, j’ai remarqué ce point de responsabilité où je devais gagner des courses.

- NG : Ca te motive ou ça t’irrite de voir que Samuel par exemple, s’exprime peu ?

- Mikel : Moi ça me plait, parce que si on te donne des responsabilités c’est parce on pense que tu es capable de les assumer. L’année qui vient j’assumerai le Tour de France, ça se passera bien ou mal, mais moi je ne fais du vélo pour personne, juste parce que ça me plait, et je suis le premier à vouloir obtenir des résultats et à me mettre la pression. Aussi, le fait que les autres me pressent aussi, ce n’est pas négatif.

- NG : En 2009 tu vas changer complètement de calendrier. Pourquoi ?

- Mikel : Ca va être la première fois dans toute ma carrière, depuis amateur, que je commencerai tranquille, sans pression, sans autre objectif que de m’entrainer, en tentant d’économiser mes forces pour arriver au Tour le plus frais possible. L’équipe va me donner toute la responsabilité sur le Dauphiné Libéré et le Tour de France et au lieu de me faire peur, ça me motive.

- NG : Tu sauras te contenir et aller sur les courses sans l’intention de les disputer ?

- Mikel : J’espère que oui, parce que je ne l’ai jamais fait. Je suis un compétiteur. J’ai assumé qu’au début je devrais faire les courses dans les wagons arrières. Le pari est risqué parce que, si comme au Tour j’ai une inflammation, l’année sera blanche et je n’aimerais pas du tout ça. J’ai bien intégré l’idée que pour obtenir un bon résultat sur le Tour il faut prendre des risques, et on verra ce qui se passe.

- NG : Ca te fait envie d’essayer un calendrier similaire à celui des plus grands candidats au Tour ?

- Mikel : Si je suis sincère, non. Je préfèrerais faire le même que toujours, tenter de briller au Pays Basque qui est la course à domicile et qui me motive beaucoup, et après faire le Tour qui m’a tout donné dans ma carrière. L’équipe m’a demandé de changer de calendrier et je l’assume. C’est risqué, mais aussi très beau.

- NG : Si tu terminais ton contrat, tu jouerais la carte du Tour ?

- Mikel : J’ai deux années de contrat, mais ce n’est pas pour ça que je vais prendre l’année tranquille. Je t’ai dit que j’aimerais refaire le calendrier des autres années, et faire mon année en avril. Je n’aimerais pas que l’interprétation de mon début d’année plus tranquille soit lié au fait que j’ai une autre année de contrat. La décision vient de l’équipe, et moi j’assume toutes les responsabilités.

- NG : En 2009, Igor Gonzalez de Galdeano sera directeur sportif de l’équipe. Comment vois-tu ce changement ?

- Mikel : Je le vois bien. Avec Igor j’ai une bonne relation, tant professionnelle que personnelle, et il me motive beaucoup. Quand il était sur la Vuelta al Pais Vasco ou sur le Tour, je crois les coureurs nous avions une motivation supplémentaire, parce que comme coureur il a eu une grande expérience et il a été dans le Top 10 du Tour et de la Vuelta. Il sait transmettre son expérience aux coureurs et c’est important.

- NG : Ce que pouvait apporter Jon Odriozola te manquera ?

- Mikel : Sincèrement, à moi, oui. Tous les coureurs nous avions une très bonne relation avec lui. La dernière course où il m’a dirigé, c’est la Vuelta a España et j’en garde un souvenir formidable. Même si moi je n’étais pas dans un grand moment de forme et je devais travailler pour les autres, j’y étais très très bien. Je n’avais jamais eu à travailler autant, que ce soit pour Egoi Martinez ou pour Igor Anton qui pouvait aspirer au podium, et l’expérience a été très enrichissante. Avec Jon au volant, c’était formidable.

- NG : Pendant la concentration de Derio, la conférence de presse semblait très centrée sur Samuel et Igor. Tu l’as ressenti comme ça ?

- Mikel : Je ne sais pas... Je ne veux pas paraitre con, mais je ne sais pas et je ne m’intéresse pas à ce que peuvent penser les gens. C’est la route qui met chacun à sa place et que tu t’appelles Samuel, Astarloza ou autre, ce que tu vaux il faut le montrer sur la route. Je ne m’occupe pas de savoir si dans cette équipe il y en a 2, 3 ou 5 qui tiennent les rênes.

- NG : Quand tu étais junior, tu as travaillé avec un psychologue du programme impulsé par la Fédération Guipuzkoanne avant le Mondial de Donostia (San Sebastian) en 1997, avec des cyclistes comme Haimar Zubeldia ou Andoni Aranaga. Maintenant, Euskaltel Euskadi recrute le psychologue Sergio Torres. Qu’apporte ce soutien à un cycliste ?

- Mikel : Tout ce qui permet de s’améliorer est un pas en avant. L’image du psychologue normalement est associé à un type de problèmes, mais dans le cas d’un sport, et encore plus dans un sport individuel comme le cyclisme, des aspects comme la motivation, le contrôle des ses nerfs en situation, sont très importants. En junior, j’ai eu la chance de travailler deux ans à travers la Fédération, ensuite comme amateur j’ai continué à mon compte 4 années. J’ai déjà une expérience et tout ce qu’il m’ont apporté m’a servi à apprendre et à m’améliorer.

- NG : Une question originale : que pense-tu de retour de coureurs aussi illustres qu’Armstrong ou Basso ?

- Mikel : Moi, je les attends avec les bras ouverts. Ils ont été beaucoup critiqués, surtout Armstrong, qui est peut-être, le prototype du héroe américain, mais moi je vois positivement son retour ou celui de coureurs qui ont purgé leur sanction. Pourquoi Armstrong ne reviendrait pas s’il souhaite le faire ? Je prends toujours l’exemple de Maradona : si au lieu d’être sélectionneur d’Argentine il avait décidé de revenir comme joueur du Boca Juniors, tu imagines la bombe que ça aurait été ? Personne ne le critiquerait et le cas d’Armstrong je le vois de la même manière. Je ne vois aucun problème, et ça va augmenter le spectacle, celui qui parle de cyclisme et pas de dopage.

- NG : Que pense tu du véto qu’imposent certains organisateurs à des coureurs qui ont purgé leur peine d’un ou deux ans pour dopage ?

- Mikel : Très mal. Si un coureur purge sa peine, il doit pouvoir revenir à la compétition s’il le veut et le peut. S’il a fait ce que dit le règlement, on peut dire qu’il est pardonné. Que la sanction soit juste, courte ou longue, c’est autre chose. Mais s’il a purgé sa peine, je ne vois aucun problème pour qu’il revienne à la compétition.

Traduit d’un article en espagnol paru sur noticiasdegipuzkoa.com


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