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Samuel Sanchez : "Je crois que je ne vais pas courir le Tour de France"

dimanche 16 novembre 2008

Interview de Samuel Sanchez qui, entre autres choses, revient sur sa saison 2008 et annonce son programme pour 2009.


- La Opinion (LO) : 3 mois après, ça change la vie l’Or Olympique ?

- Samu : Oui, putain..., substantiellement. Au niveau sportif, ça change, même si mes objectifs de cycliste restent les mêmes, continuer chaque année avec le même espoir et grandir un peu plus en tant que professionnel. Au niveau social, médiatique et sur le fait que les gens me reconnaissent, oui c’est très notable. Dans le cyclisme, il faut quelque chose de très remarquable comme a fait Contador, pour que ton visage soit connu dans toutes les villes d’Espagne, mais en revenant, en voyant toutes les couvertures des périodiques, c’est là que je me suis rendu compte que la médaille d’or avait été un événement incroyable qui peut-être dépasse les barrières de ton propre sport.

- LO : Tu as eu l’honneur d’être la première médaille d’or olympique espagnole dans une épreuve de cyclisme sur route. As-tu réfléchi à l’importance de ce que tu as réalisé ?

- Samu : Oui, mais aussi, c’est vrai qu’il y a eu des circonstances très favorables. Les Jeux Olympiques sont le plus grand spectacle sportif et le plus suivi et ils s’ouvraient le 08/08/2008 à 8h et le lendemain, le matin en Espagne, tac, gagner la médaille d’or sans plus attendre... La répercussion fut double. C’était incroyable.

- LO : Il y a un an, on t’interrogeait par rapport au Tour de France et ti répondais que ton obsession c’était plutôt les JO. Tu es un peu voyant ?

- Samu : Je ne sais pas... Sur le Tour j’ai fait 6e, le second espagnol, j’ai fait de bonnes étapes, mais logiquement ça a été éclipsé par la victoire de Carlos Sastre. J’ai tenté de focaliser mon année sur le Tour et mettre à profit la forme que j’aurais là-bas pour arriver au top à Pékin, et ça s’est bien passé. C’est un rêve réalisé, même si on me l’avait dit il y a un an je ne l’aurais pas cru.

- LO : Mais avec Valverde, Contador, Freire et Sastre, tu n’étais pas favori...

- Samu : Le sélectionneur et moi, nous savions que j’étais bien et a priori mon objectif était de suivre les italiens. La dernière partie de la course a été très dure et au final nous sommes les plus forts. Mais il y a eu des circonstances favorables, parce que dans les arrivée avec une petite montée je suis très fort, j’ai eu confiance en moi et regarde...

- LO : Et maintenant, en pleine crise, tu dis que tu veux partager les 94.000 euros avec tes co-équipiers...

- Samu : C’est quelque chose d’habituel sur les courses. A Pékin, le cyclisme n’est pas considéré comme un sport d’équipe et la médaille ils me l’ont remise à titre individuel. Mais même si cet argent me revient à moi, je pense qu’il faut suivre la tradition et le partager entre tous. Et comme je ne peux pas partager la médaille, j’ai opté pour cette solution. Et aussi parce que c’est une fois pour toi une fois pour moi. Il y a les JO, le mondial... et on ne sait jamais quand nous devrons nous aider les uns les autres. Ca crée une bonne ambiance dans le groupe, c’est une des choses caractéristiques d’une sélection qui a apporté beaucoup de titres à l’Espagne.

- LO : Un geste qui peut te rapporter un autre prix...

- Samu : Oui, pour moi c’est un honneur que Jaime Lissavetzky m’ai proposé pour le Prix National du Sport Infanta doña Elena, qui distingue le Jeu Propre.

- LO : Contador, Sastre, toi... Une année inégalable...

- Samu : Oui. C’est un concours de circonstances pour que ça soit ainsi. Tour, Giro, Vuelta, JO, Dauphiné, Liège, San Sebastian, Pais Vasco... Incroyable. La seule chose qui nous a manqué, c’est le Mondial, et si ça se trouve, l’année prochaine, avec les mêmes coureurs, nous ne gagnerons rien.

- LO : Tous les regards du dopage pointent vers l’Espagne et vous, vous répondez avec des victoires et plus de victoires...

- Samu : C’est sûr que pratiquement on ne regardait que vers ici et nous avons quasiment tout gagné sans le moindre problème. Mais au niveau personnel, je crois que le cyclisme est un sport plus propre que n’importe quel autre. Je n’accuse personne, mais nous nous pouvons nous prévaloir de passer énormément de contrôles. Nous avons un programme spécial anti-dopage, un passeport biologique. Ils peuvent nous faire des contrôles sanguins et urinaires à n’importe quel moment, c’est quelque chose que les autres sports ne peuvent pas dire. L’UCI sait où je suis à tout moment et pourrait venir ici à cet instant même et me faire un contrôle. La seule chose que demande le cycliste, c’est qu’il y ait des contrôles humains, pas qu’ils t’assaillent un dimanche chez toi à 7h30 du matin. Nous avons une famille et des enfants et c’est désagréable que ton fils voit comment ils te prennent le sang. Personne ne remet en cause les contrôles surprise, mais il faut les faire d’une façon plus humaine et flexible. Moi, à Pékin, par exemple, ils m’ont prélevé 8 tubes de sang et j’ai passé 3 contrôles urinaires. Je crois que c’est suffisant.

- LO : Parlons du futur. L’année prochaine, il n’y a pas de JO, mais il y aura une épreuve qui a été ton dernier objectif, le Mondial...

- Samu : A priori, je crois que je ne vais pas courir le Tour de France, mais je vais me centrer sur la Vuelta al Pais Vasco, la Vuelta a España et le Mondial. Ca m’ennuie de ne pas aller au Tour, mais j’essaie de trouver le meilleur pour moi et pour l’équipe. L’année dernière j’étais parmi les 6 meilleurs et si je n’avais pas eu une mauvaise journée dans le Tourmalet, j’aurais pu me battre pour le podium, c’est quelque chose que je n’aurais pas cru il y a 4 ans. J’ai déjà été 3e de la Vuelta et mon prochain objectif est de la gagner. Espérons que je pourrai arriver au Mondial comme je suis arrivé aux JO cette année, mais ce sera une épreuve très dure à Mendrisio (Suisse).

- LO : Armstrong revient. Qu’en dis-tu ?

- Samu : C’est bien. Son retour attirera des supporters, des sponsors, ça remplira les bords de routes... Au final, tout ce qui fait parler du cyclisme, que ce soit pour le retour d’Armstrong, de Basso ou de n’importe qui, c’est positif.

- LO : Et si tu étais dans la peau de Contador ?

- Samu : Alberto et moi, nous sommes amis. Je crois que le retour d’Armstrong lui fera du bien parce que ça le déchargera de beaucoup de pression qui parfois est excessive et, comme il le dit lui-même, la route mettra chacun à sa place. Lui, il est tranquille et il a envie de courir avec Armstrong parce qu’il sera un bon maître dont il apprendra beaucoup de choses. Après, la route décidera.

- LO : On dit que la maturité d’un cycliste arrive à partir de 27 ans. Toi, tu as commencé à l’exploiter à 30 ans. Tu te vois courir jusqu’à 37 ans comme Lance ?

- Samu : Je ne sais pas, je ne sais pas. Je pense que sur le vélo, il faut en profiter et avoir envie de sortir s’entrainer et courir. Je n’aimerais pas courir en me dévalorisant comme coureur, je préfèrerais partir au plus haut. Et on verra si c’est à 37 ou à 33 ans. Il faut savoir s’arrêter à temps et laisser la place aux jeunes générations.

Traduit d’un article en espagnol paru sur laopinion.es


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