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Samuel Sanchez : "Nous avons un sixième sens"

mardi 26 août 2008

Interview de Samuel Sanchez, Champion Olympique.


Le coureur d’Euskaltel Euskadi, Samuel Sánchez, et son Orbea Orca sont montés sur la plus haute marche du podium des Jeux Olympiques de Beijing et ont regardé avec orgueil la Muraille de Chine. Après avoir entrepris sept fois l’ascension du mur mythique asiatique, l’asturien et son vélo ont réalisé un véritable exploit pour Orbea, pour Euskaltel-Euskadi et aussi pour le cyclisme espagnol. La première médaille de ces Jeux Olympiques a été obtenue par un nom familier pour Orbea, un homme qui connaît parfaitement la marque car il a travaillé avec elle tout le long de sa vie professionnelle. C’est la raison pour laquelle, chez Orbea, nous considérons son triomphe comme celui d’un membre de notre famille, un homme qui est parvenu à la plus haute marche, celui qui a été le plus rapide, et le plus fort. Telles sont les sensations que nous a transmises Samuel le 21 août lors de sa visite au siège de la marque, lors de laquelle il a remercié tout le monde, travailleurs et directeurs, pour leur « travail sans relâche » dans la conception de vélos pendant toutes ces années.

- Orbea : Félicitations Samuel, vous êtes désormais médaille d’or de Jeux Olympiques et ce faisant, vous avez fait qu’Orbea fasse partie intégrante de cette victoire. Comment avez-vous vécu les moments précédant le départ du circuit ?

- Samu : Merci beaucoup. Le rendez-vous olympique, plus qu’une course, est un évènement international. Il implique de dépasser les limites propres au sport que vous pratiquez. L’expérience même de participer à une olympiade est quelque chose d’inoubliable pour tout sportif. Je me souviens que quand on s’est levés, il y avait une forte humidité ambiante, il faisait chaud. On sortait du centre de Pékin et on transpirait déjà. Mais je pense que ça a été une belle course. On est passés par la place de Tian’anmen, par la Muraille de Chine… Mais elle a aussi été très difficile, avec une chaleur constante de 41ºC et pratiquement 100% d’humidité, 250 kilomètres et 7 ascensions de la Muraille… seulement les plus forts sont allés jusqu’au bout.

- Orbea : Pourriez-vous nous décrire de comment vous avez appréhendé ce sprint qui est jusqu’à ce jour le plus important de votre vie ?

- Samu : Dans la dernière côte j’ai essayé de jouer sur les forces. J’avais eu une journée sans entrave et j’avais l’opportunité de ma vie d’entrer dans l’ « olympe » du cyclisme et du sport. J’ai essayé de réserver des forces pour un probable sprint final entre trois coureurs, avec Rebellin ou Schleck. La dernière partie fut très stratégique, sans abuser de la progression et en contrôlant les rivaux, leur progression. Pour savoir quand ils allaient commencer à sprinter. Je ne pouvais pas utiliser le maximum dont on disposait à cette occasion (52-11), je devais sprinter en 17-18, descendre à 14-15 et passer à un pignon plus petit à mesure qu’approchait la ligne d’arrivée.

- Orbea : Est-ce qu’il y a eu un moment où, avant de franchir la ligne d’arrivée, vous avez su que la victoire vous appartenait ?

- Samu : Il arrive qu’un cycliste sache quand c’est le moment, parce que nous avons un sixième sens. Au moment où j’ai commencé à accélérer, j’ai constaté que mes jambes avaient de la force, que je pouvais descendre trois pignons et avoir de la force pour les déplacer. Au même moment, j’ai eu le temps de regarder sur ma droite et de voir que Rebellin ne me dépassait pas, là j’ai pensé « c’est chose faite » et j’ai commencé à sourire malgré moi.

- Orbea : Changeriez-vous le jaune de l’or olympique pour le jaune du maillot du Tour de France ?

- Samu : Je pense que la médaille d’or est la meilleure des récompenses pour un sportif. Vous pouvez être Champion du Monde, gagner un Tour de France, un Giro… et vous allez être mondialement reconnu dans le monde du cyclisme, toucher le ciel. Mais gagner une médaille olympique c’est aller au-delà de cela, vous le faites pour la société et pour le sport mondial.

- Orbea : L’obtention de la médaille modifie de quelque façon que ce soit vos priorités ou vos objectifs ?

- Samu : Elle ne marque ni un début, ni une fin, c’est quelque chose de plus que j’ai obtenu dans ma carrière professionnelle et, je ne vais pas le nier, dans ma vie personnelle. C’est clair qu’on se souviendra de moi comme d’un champion olympique en cyclisme de route à Pékin. Je crois que mes ambitions sur un vélo vont être les mêmes, mais je les prendrais avec plus de calme, plus de tête et un peu plus de maturité conférée par les années qui passent mais aussi par cette grande victoire.

- Orbea : Qu’est-ce qui vous est passé par la tête lorsque, avec une vive émotion, vous receviez la médaille ?

- Samu : C’est une revendication pour tous les êtres chers qui n’étaient pas avec moi ce jour-là, car ce sont eux qui m’ont vu lutter dans les moments difficiles ; et aussi pour le cyclisme, pour moi, pour le nombre d’heures passés sur mon Orbea par monts et par vaux dans la Péninsule. C’était une façon de me dire à moi-même que tout ce travail et tous ces sacrifices étaient récompensés, et je l’ai eu le meilleur jour pour un sportif.

- Orbea : Tu es passé professionnel sur un Orbea, ce n’est pas en vain que tu as grandi dans les files d’Euskaltel-Euskadi. Quelle confiance t’apporte la marque ?

- Samu : Je vois que l’évolution chez Orbea est constante : ils sortent un cadre et ils le font évoluer. J’ai de nombreuses opinions ou verdicts sur les vélos Orbea. Depuis que je suis entré chez les amateurs, nous sommes passés à l’aluminium, ils sont devenus plus légers, plus petits. A l’époque j’utilisais une 60, et aujourd’hui ce serait impensable… ensuite le carbone a fait son apparition… Je pense que j’ai grandi avec Orbea et Orbea a grandi avec moi, nous avons mené une vie parallèle. L’évolution du vélo, on peut la voir d’une année à l’autre, et elle doit avoir deux objectifs principaux : la rigidité et la légèreté. Orbea a atteint un équilibre idéal. Nous avons des vélos ultra légers et d’une extrême rigidité, qui ne nous déçoivent pas et qui nous apportent une grande sécurité sur la route parce que nous savons qu’ils ne nous laisseront pas tomber. Ils sont fiables dans les descentes, les côtes…

- Orbea : Tu as mentionné les côtes, pourrais-tu nous décrire de quelle façon l’Orca les négocie ?

- Samu : L’Orca est tout spécialement agréable du fait de sa rigidité. Dans les côtes et lors des démarrages, le cycliste essaye de faire arriver une puissance maximale des jambes à l’asphalte et on y arrive en faisant que le vélo de fléchisse pas. En ce sens il faut souligner les années de travail de la part des techniciens d’Orbea sur le carbone, un matériau en constante évolution dans lequel ils mettent la touche finale pour qu’il soit le plus performant possible. Orbea a fait un pas en avant, nous avons l’un des meilleurs vélos du marché et, d’ailleurs, il est maintenant champion olympique.

- Orbea : Vous avez dit aux employés d’Orbea que vous, les cyclistes, vous êtes le dernier maillon de la chaîne et que ce sont eux qui vous fournissent l’outil de travail qui vous permet d’entrer dans l’histoire, quelle est la part de triomphe d’Orbea ?

- Samu : Je pense que ce jour-là nous avons tous triomphé : hommes et machine. Le cycliste est le moteur et le vélo c’est le transmetteur de vos sensations à la route. A Pékin nous sommes entrés dans l’histoire, nous avons gagné avec un Orbea et cela sera toujours présent dans nos esprits. La marque a parié sur l’avenir, elle a toujours été là, elle nous a écoutés et ensemble, nous sommes parvenus à fabriquer un cadre très compétitif. Orbea est championne olympique, cela démontre que le vélo va bien, qu’il fonctionne et que le cycliste est satisfait du résultat.

- Orbea : Pour ce qui est d’Orbea en tant que marque, quels atouts mettriez-vous en avant ?

- Samu : Elle transmet beaucoup de sécurité et de fiabilité, quelque chose que d’autres marques ne font pas. Vous savez que si vous avez un cadre Orbea, il ne vous laissera pas tomber du jour au lendemain.

- Orbea : Sentez-vous que vous faites partie de la famille Orbea ?

- Samu : Oui, avant d’être champion olympique, j’allais souvent à l’usine et j’ai une très bonne relation avec tout le monde là-bas. Ils cru en moi alors que je n’étais personne et maintenant, nous sommes au sommet. Oui, je sens que je fais partie de la famille parce que comme nous apportons beaucoup d’idées, nous sommes en contact permanent. Le champ professionnel est le meilleur banc d’essai pour les produits et si nous ramons tous dans la même direction, on avance plus vite et mieux.

- Orbea : Vous avez obtenu un excellent classement lors de l’épreuve chronométrée du 13 août dernier à Beijing. Quelles sensations avez-vous eues avec l’Ordu, le vélo spécial contre la montre d’Orbea ?

- Samu : (Il sourit) Je crois que le pire que vous ayez pu faire cela a été de me montrer tous les moyens que mous avons ici, en bas ? (en production, R&D -Recherche et Développement-). Il y a beaucoup de technologie, il faut que le cycliste en tire profit à 100% pour les chronos.

- Orbea : Pensez-vous que votre vie a changé depuis la médaille d’or ?

- Samu : Depuis le 9 août, ma vie a totalement changé, depuis qu’on m’a mis l’or au cou, ma vie sportive et personnelle a changé. Maintenant que commence à réaliser ce que cela représente d’être médaillé olympique dans un sport aussi suivi que le cyclisme. Mes objectifs resteront les mêmes, mais je sais bien que dans les courses je serai attendu au tournant, les gens diront « le champion olympique sera là ». C’est compliqué de savoir que vous allez être le centre d’attention, et je me rends compte que maintenant que je suis rentré à la maison, je ne cesse de recevoir des félicitations, de signer des autographes et d’être pris en photo. C’est l’importance du titre et son impact sur le sport et sur la société.

Article paru sur orbea.com


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