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Vuelta, Igor Anton : "Je suis resté avec le doute"

lundi 15 septembre 2008

Interview d’Igor Anton, suite à sa chute dans la 13e étape de la Vuelta a España. Dernière minute : Igor Anton opéré.


Dernière minute : finalement Igor Anton a été opéré

Igor Antón (Euskaltel-Euskadi), opéré avec succès sera absent pour 2 mois.

Finalement, Igor Anton (Euskaltel Euskadi) est passé par le bloc opératoire suite à sa chute de samedi en route vers l’Angliru. L’opération s’est passée normalement et a consisté à placer une plaque à la clavicule gauche fracturée et une vis à la hanche. Malgré tout, une absence de deux mois a été prévue, ce qui, comme on s’y attendait, met un terme à la saison du coureur basque.

Traduit d’un article en espagnol paru sur biciciclismo.com

L’interview :

- Deia : Le voyage retour vers chez toi a du être le plus triste de ta vie.

- Igor : Oh, pas tant que ça. Je l’ai fait avec mes parents, plutôt que prévu, mais j’ai eu le temps de me remettre, de penser que ce sont des choses qui arrivent et qu’il ne faut pas les ressasser sans fin. Pendant le trajet je pensais qu’en 4 ans je n’ai pas fait une seule chute grave et qu’il fallait bien que ça arrive un jour. Du coup, je me suis encouragé et je pensais : "Regarde, malgré tout, ça arrive au bon moment parce que maintenant j’ai tout l’hiver pour me remettre".

- Deia : Ca, tu le pensais en rentrant chez toi. Tu t’es réveillé avec la même idée ?

- Igor : Quand je me suis levé je ne me souvenais plus de ce qui s’était passé, je ne savais pas où j’étais, jusqu’à ce que je me rende compte de tout et je me suis dit : "Merde, je suis ici dans le lit". Après j’ai lu tous les messages que j’avais sur mon mobile et j’ai été surpris, parce qu’on est habitué à ce que les gens soient chez proches quand ça va, mais ça fait d’autant plus plaisir qu’on te soutienne dans les mauvais moments comme ceux-là.

- Deia : Tu as pu dormir un peu ?

- Igor : 5 heures.

- Deia : C’est peu.

- Igor : Non, crois moi, c’est plus que ce que je croyais. Quand je me suis mis au lit, j’étais sûr que ça serait très difficile de m’endormir, mais je me suis endormi tout de suite et je ne me suis pas réveillé avant 7h30.

- Deia : Tu as rêvé à quelque chose ?

- Igor : Non, je ne m’en souviens pas.

- Deia : Ce matin tu as subit plus d’examens.

- Igor : Oui. Nous n’écartons pas de passer par le bloc opératoire, mais il n’y a pas non plus la nécessité urgente parce que ma saison est terminée et nous avons du temps pour récupérer. Le problème c’est la jambe, ce n’est pas très sérieux, mais le fait d’attendre que ça se soigne tout seul peut couter cher au moment de reprendre le vélo. Pour l’instant ce n’est pas préoccupant parce que selon ce qu’on m’a dit aucune articulation n’a été touchée. La clavicule ? Ce n’est pas une mauvaise fracture, mais bon, si on t’opère tu es soigné en deux semaines ou moins, et sinon, j’en ai pour 2 mois.

- Deia : Mais ça te fait mal la fracture à la hanche ?

- Igor : Bien-sûr. Actuellement je ne peux pas marcher. Figure toi qu’à la maison je vais d’un côté à l’autre avec le fauteuil à roulettes de l’ordinateur. Je ne me lève pas beaucoup et je me rends compte combien la vie est difficile pour les personnes handicapées.

- Deia : Tu te souviens de ce qui s’est passé dans la descente ?

- Igor : L’intention était d’être bien placé. Nous en avions parlé avant parce que la fin de la descente du Cordal et le début de l’Angliru sont très proches. Je me souviens que Rubiera roulait devant, il connait très bien le coin, et nous allions très vite. Moi j’avais décidé de passer Leipheimer qui n’avait pas l’air très sûr, et donc je suis arrivé sur cette courbe. En fait, je ne sais pas ce qui s’est passé. Je ne sais pas si j’ai pris un trou ou une pierre... Parfois, on se sais pas ce qui provoque la chute.

- Deia : Mais tu ne prenais pas de risques, c’est vrai ?

- Igor : Je ne pense pas. Je me rappelle de courses où j’ai vécu des moments plus compliqués que dans le Cordal, comme l’étape de Suances de l’autre jour. Je crois qu’avant de tomber, j’avais tout sous contrôle, je ne prenais pas de risques, ce n’étais pas nécessaire. Je ne trouve pas d’explication.

- Deia : La seule certitude c’est que de cette manière triste, c’est terminé ton trajet dans la Vuelta de ta confirmation.

- Igor : Oui, oui, c’est clair et je reste avec le grand doute de ne pas savoir jusqu’où j’aurais pu aller.

- Deia : Et jusqu’où crois-tu que tu serais allé ?

- Igor : Maintenant les gens spéculent sur la possibilité que je gagne Contador dans l’Angliru. Je ne sais pas, mais à Pla de Beret, qui n’était pas un col pour moi, j’ai pu le suivre et dans l’Angliru, une montée pour grimpeurs purs, j’avais l’espoir peut-être de suivre, et au moins d’être avec Valverde et Purito. Je ne sais pas si j’aurais pu, j’aurais voulu que la chute se produise au moins un jour plus tard pour pouvoir avoir été dans l’Angliru.

- Deia : Avant la chute les sensations étaient bonnes ?

- Igor : Oui. Dans le Cordal le rythme qu’a mis Paulinho s’est senti. Il y a eu des coureurs qui souffraient. Je me fiais à Valverde et Mosquera et je crois qu’ils allaient presque à 100%. Moi aussi j’avais la sensation d’être fatigué, parce que l’étape était longue, mais je savais que j’avais encore de la marge. Dans l’Angliru je ne sais pas si j’aurais pu sortir ce point de plus, mais...

- Deia : Tu termine une saison étrange.

- Igor : Oui, ça a été une année de contrastes. Jamais avant je n’avais eu de si bonnes sensations qu’en cette année 2008. Je crois que j’ai atteint mon meilleur niveau. Et pourtant les problèmes (la lésion au talon d’Achille après Paris-Nice ou la chute dans le Cordal) ne m’ont pas lâché.

- Deia : On dit aussi que tu as beaucoup muri.

- Igor : Murir ? Je ne sais pas, mais ce qui est sûr c’est que je me sens plus sûr de moi. Des expériences comme celle du Tour de Suisse (il a gagné une étape, a été leader plusieurs jours et a terminé sur le podium) m’ont aidé à progresser.

- Deia : C’est encore prématuré, mais tu as tiré une leçon de la chute ?

- Igor : Oui, que certaines choses sont imprévisibles, qu’à un moment tout peut s’écrouler et que le cyclisme, comme la vie, est ainsi et c’est tout. En un instant, tu passes de phénoménal à rien, à zéro. Pour ça, il faut profiter de l’instant. Je suis tombé, d’accord, et j’ai perdu une bonne occasion d’avancer dans ma carrière, mais je ne peux pas m’arrêter d’apprécier ce que j’ai réussi au cours de ces 4 années. Je ne peux pas me plaindre de la façon dont se sont passées les choses pour moi.

- Deia : Mais tu as sûrement un peu de rage d’être tombé à ce moment précis.

- Igor : J’ai la rage de ne pas avoir pu savoir jusqu’où j’aurais été dans l’Angliru. Maintenant j’ai cette épine plantée.

- Deia : A l’arrivée, ton équipe était l’image même de la désolation.

- Igor : Et je le ressens pour eux. Quand j’étais au sol, je me suis souvenu du nombre fois où j’ai vu d’autres cyclistes au sol, de quand je pensais combien ça doit être dur de monter dans l’ambulance.

- Deia : Et ça l’est ?

- Igor : Pas tant. Quand j’étais là-bas en train d’y monter, je pensais : "Bon, je suis tombé, qu’est-ce que je vais faire". Après, avec le temps, j’ai commencé à voir ce que j’avais perdu, et je me suis dit : "Quelle merde !".

Traduit d’un article en espagnol paru sur deia.com

Portfolio

Igor Anton, rentré chez lui, a fini sa saison

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