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Tour de France : le bilan d’Egoi Martinez

mardi 29 juillet 2008

"J’avais le rêve de ma vie à portée de main".


- Diario de Noticias (DN) : Et maintenant un peu de repos.

- Egoi : Oui. Le Tour est différent des autres courses en tout et en cela aussi. La sensation de fatigue extrême qu’on ressent en finissant le Tour ne peut se comparer à rien d’autre. Tu veux faire mille choses, mais au final tu es si fatigué que tu ne profites de rien.

- DN : La joie d’arriver à Paris fait oublier le goût aigre-doux que tu as eu ?

- Egoi : Non. C’est la 5e fois que j’arrive à Paris. C’est très bon, mais ça ne m’enlève pas les autres pensées. Je garde beaucoup de souvenirs du Tour, certains très positifs et d’autres très tristes.

- DN : Le plus récurent est celui de ta seconde position à Prato Nevoso ?

- Egoi : Sans doute.

- DN : Combien de fois y as-tu repensé ?

- Egoi : Beaucoup. J’avais le rêve de ma vie à portée de main, en plus dans les Alpes du Tour. Par dessus tout, je suis convaincu que j’étais le meilleur de l’échappée. Quand en plus il y a ton frère qui t’encourage dans le col précédent, un de tes meilleurs amis à l’arrivée et tu vas être papa quelques jours après le Tour... ça fait un tas de facteurs qui font que Prato Nevoso me tourne beaucoup dans la tête.

- DN : Tu la voyais presque acquise cette victoire.

- Egoi : En course, tu ne penses pas comme à froid. Tu vas fort et la capacité de penser après une échappée si longue et une étape si dure est minime. Maintenant je comprends que Gerrans était convaincu qu’il n’arriverait pas à nous suivre et s’est désolidarisé, travaillant moins. Moi, du coup, je ne lui ai pas demandé de prendre des relais et je l’ai un peu oublié. Ensuite je n’ai pas compris qu’il ait sprinté, parce que moi j’ai vécu des situations comparables et je me suis désintéressé de la course disant aux autres que je ne sprinterais pas. Toutefois, maintenant je comprends qu’il ait vu la ligne d’une étape du Tour, qui allait changer sa vie comme la mienne et que malgré ce qu’il avait dit, il ait sprinté. C’est normal qu’il sprinte, c’est normal qu’il gagne et il remporte la gloire et moi la seconde place.

- DN : Et la leçon est apprise.

- Egoi : Tout est une expérience et celui qui est habitué à lutter avec ces situations s’améliore. Moi j’ai tenté de le lâcher avant, je crois que j’y suis arrivé, même si je n’arrivais pas à lâcher l’américain. J’ai tout donné et le fait qu’il reste dans ma roue m’a déstabilisé, j’ai commencé à avoir des doutes parce que je ne le connaissais pas et je ne savais pas s’il était rapide. En plus, le col n’avait pas une grande pente et ça lui était plus facile de s’accrocher. Ces doutes que j’ai eu ont permis à Gerrans de revenir, et moi je savais qu’il était plus rapide que moi, parce que s’il a 20 victoire en tant professionnel, ce n’est pas pour rien. Quand il arrive, il gagne. Ca c’est la différence entre lui et d’autres comme moi qui n’ai pas cette pointe de vitesse ce qui fait que je reste près de gagner très souvent.

- DN : En regardant le côté positif, peu de coureurs ont la possibilité de gagner dans une étape alpine.

- Egoi : Exactement, c’est le positif. Moi je sais ce que c’est que courir dans un Tour comme celui de l’année dernière, incapable de prendre les échappées, sans la moindre illusion, extrêmement fatigué, partant à chaque étape que le mieux serait de passer le jour parce qu’on n’est capable de ne rien... Ca je l’ai vécu et oui, c’est dur. Dans ce Tour, je partais chaque jour en pensant que je pourrais prendre l’échappée. Je l’ai prise, et j’arrive second en étant le plus fort. J’ai aussi été dans une autre échappée avant des gens très forts comme Schumacher ou Ballan... Dans beaucoup de moments j’ai été à un très bon niveau et je suis très satisfait parce que je me suis montré à moi-même et à l’équipe que, même s’il y a des jours où je suis loin des meilleurs, il y en a aussi d’autres où je peux disputer une victoire d’étape du Tour.

- DN : A ton équipe comme à toi, on ne peux pas nier la combattivité, mais il a manqué une victoire.

- Egoi : Nous avons été deux fois seconds et nous avons été 4e par équipe, Samuel Sanchez est 7e au général et a toujours été avec les meilleurs... Ce sont beaucoup de choses qui font que beaucoup de monde reconnait que ça a été un bon Tour, mais il manqué cette note d’euphorie que donne une victoire. Nous passons à côté de pouvoir dire que ça été un très grand Tour.

- DN : Il y a 2 ans, tu as gagné le maillot de la montagne à la Vuelta a España. En te voyant 3e après Prato Nevoso, tu as pensé à lutter pour ce maillot ?

- Egoi : Oui, j’y ai pensé, jusqu’à ce que je vois l’attitude de Kohl. Quand nous montions le Galibier, il a sprinté pour prendre les points et il le faisait par rapport à moi, alors j’ai compris qu’il n’y avait rien à faire. Il allait gagner et je n’ai pas insisté parce que c’est pareil de faire 2e ou 7e à la montagne.

- DN : Miguel Madariaga se lamentait que son équipe ait eu un ennemi si grand : la Caisse d’Epargne.

- Egoi : Je ne veux pas entrer là dedans. Oui, l’attitude de l’avant-dernier jour m’a touchée, quand j’étais dans l’échappée. Je n’ai pas compris pourquoi ils roulaient, il n’y avait pas de raison de le faire à ce moment et ensuite ne pas rouler quand les deux français sont partis. Moi, ça me blesse, parce que c’est très dur de prendre une échappée dans le Tour, et celle là pouvait arriver. C’était une autre occasion pour me faire voir et que ce soit un Tour réussi pour moi, mais ils ont décidé de rouler à bloc. Ils devaient avoir leurs raisons et probablement que si nous la connaissions, nous la comprendrions, parce qu’ici personne ne gâche des forces sans motif, mais en tant que navarrais, ça me fait mal parce que c’est une équipe quasiment de chez moi, parce que même si je n’ai jamais couru chez eux, pour moi c’est comme Osasuna.

- DN : Sastre a été le meilleur ?

- Egoi : C’est difficile qu’un coureur qui ne le mérite pas gagne le Tour, même s’il peut y en avoir plusieurs qui le méritent. Je suis convaincu que la forte chute qu’a subit Evans, en même temps que Verdugo, l’a beaucoup affecté, parce que j’ai vu un Evans différent après la chute, dans sa façon de pédaler et en course. Sans cette chute je crois qu’il aurait gagné, mais dans le Tour beaucoup de facteurs influent, dont la chance. Dans ce cas, celui qui a terminé le Tour au mieux, c’est Carlos Sastre.

- DN : Menchov non plus n’a pas eu de chance.

- Egoi : Sans la chute et s’il n’avait pas été lâché dans une descente, il serait sur le podium. Il l’a perdu pour deux raisons. Mais le Tour, c’est le Tour et c’est 21 jours de concentration maximum dans lesquels on ne peut pas se relâcher une seule seconde, même pas dans les étapes qui ne paraissent pas importantes.

- DN : Le Tour, avec le spectacle offert, a permis qu’on parle de cyclisme, malgré les convulsions initiées.

- Egoi : Ce Tour n’a rien eu à voir avec les autres dans ce sens. L’attitude a été totalement différente, parce qu’il n’y avait aucune tolérance. Quand quelqu’un fait une erreur, on le prend, on le publie et il le paie très cher, y compris avec la détention. On a parlé de cyclisme, les bords de routes étaient pleins de monde, les journalistes ont recommencé à voir un cyclisme où le vrai protagoniste est le sport..., c’est sur ce chemin que nous devons tous continuer.

- DN : Tu courras la Vuelta, même si tu ne veux pas y penser pour le moment.

- Egoi : Pas du tout. C’est la semaine de repos, je déconnecte du vélo et je fais les choses que je n’ai pas pu faire, comme manger une glace et boire une bière. Ce qui est difficile, c’est de reconnecter ensuite, mais ce qui est impossible c’est de repartir à peine rentré. Cette semaine, je m’entraîne 3 jours et je me repose 4 et lundi, je retournerai au boulot. Si tout va bien, en une semaine le corps récupère de la fatigue.

- DN : Tu vas être père dans quelques jours. Ce ne sera pas plus dur d’aller s’entrainer ?

- Egoi : Quelqu’un me disait que je m’entrainerai plus pour déconnecter de l’enfant (rires) ou qu’ensuite j’irai dans les courses pour me reposer.

- DN : Au moins tu ne l’as pas raté.

- Egoi : C’est ce qui me faisait peur, mais par chance, ce ne sera pas le cas.

Traduit d’un article paru sur diariodenoticias.com


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