Fan-club officiel de l’équipe Euskaltel-Euskadi

Fan-club officiel de l’équipe Euskaltel-Euskadi

Partager...

Accueil du site > Les infos de l’équipe > Archives 2008 > Interviews et infos diverses > Tour de France (J-2) : Interview de Mikel Astarloza

Tour de France (J-2) : Interview de Mikel Astarloza

jeudi 3 juillet 2008

Mikel parle de ses souvenir, du Tour à venir et de son avenir.


- NoticiasDeGipuzkoa (NG) : Après le Tour 2007 et ton bon Dauphiné, je suppose que tu ira au Tour pour être devant...

- Mikel : On espère (rire). L’année dernière ça a été très bien. Cette année les choses sont très bien parties dès le début de la saison. L’objectif premier de toute l’année était d’être au Tour, et je n’ai eu aucun problème en chemin, la santé allait, l’état physique est très bon et on espère que les choses continueront bien. Je ne vois aucune raison pour que ça ne soit pas le cas.

- NG : Tu es un des 3 leaders d’Euskaltel Euskadi. Comment vois-tu Haimar et Samuel ?

- Mikel : Je crois qu’ils sont bien. Au Dauphiné Libéré nous avons démontré, surtout en gagnant le classement par équipe, qu’il n’y a pas qu’un seul homme fort, mais que tout le bloc marchait très bien et nous arrivons avec cette idée : être un bloc fort, ne pas nous centrer sur des individualités et essayer de profiter du travail d’équipe.

- NG : Comment peut agir le trident que forment Haimar, Samuel et Mikel ?

- Mikel : Nous devons malins et tirer le bénéfice du fait qu’il y a 3 leaders. Cette année, le Tour est plus ouvert que jamais, il n’y a pas de favori clair, et nous nous devons être les dégourdis de service qui profitent de la situation d’être 3 pour à certains moments, prendre notre part du gâteau.

- NG : Cadel Evans est l’adversaire à battre ?

- Mikel : Peut-être est-il le favori le plus clair, mais je crois que c’est un Tour qui est très, très ouvert et ça va être dur de deviner le classement final. Il y a plusieurs cyclistes qui peuvent être devant, comme Valverde, Sastre, Frank Schleck, Cunego, Moreau... Mais vu qu’il n’y a pas un favori clair, il pourrait y avoir beaucoup de désordre et nous allons essayer d’en profiter. Nous verrons si nous sommes nous ceux qui créent la surprise.

- NG : Haimar disait hier qu’au Tour il faut avancer jour après jour, pour ensuite se fixer des objectifs plus précis.

- Mikel : C’est comme ça qu’il faut que ça soit. Il faut aller jour après jour, surtout en faisant attention aux chutes, au vent, au pertes de temps la première semaine... Le massif Central aussi est un endroit où il faut faire très attention. Si tu parts en pensant déjà aux Alpes, c’est sûr qu’un jour ou l’autre tu seras perdu. Nous devons être ceux qui prennent les adversaires à contre-pied.

- NG : Comment est ce Tour de France ?

- Mikel : Ca va être mon 6e Tour de France. C’est difficile de comparer l’un avec l’autre, tous sont durs. Cette année il y aura moins de km de contre la montre, ce qui avantage les grimpeurs et pas des coureurs comme moi. Les Pyrénées et les Alpes seront les étapes qui décident.

- NG : Surtout les Alpes...

- Mikel : Les Pyrénées vont être moins dures que les Alpes. Il va y avoir seulement 2 étapes pyrénéennes, pas très dures et, dans ce sens, celles qui seront réellement décisives seront les Alpes, 3 étapes d’une dureté extrême. Nous avons étudié les étapes après le Dauphiné, et ça valait la peine de les voir, parce que ça va être décisif.

- NG : Tu as souligné une étape en particulier ?

- Mikel : La seconde des Alpes, qui est courte (157km) a seulement 2 cols, mais ils sont longs et durs. Le premier, nous l’avons monté en voiture et le second monte à 2800m d’altitude et en vélo nous avons mis 2 heures, ce qui est un temps où beaucoup de choses peuvent se passer. Si tu n’es pas dans un bon jour, tu peux perdre beaucoup de temps. Le jour suivant, qui arrive à l’Alpe d’Huez, c’est l’étape reine. Tout se décidera dans la dernière semaine.

- NG : Comment es-tu au départ ?

- Mikel : Très bien. En début de saison j’ai eu de bons résultats, puis je me suis reposé en pensant au Tour de France, au Dauphiné j’étais mieux que ce que je pensais. J’arrive au Tour avec beaucoup d’envies, je sais que c’est ce que j’ai attendu toute l’année et je sais que je dois améliorer ce que j’ai fait l’année dernière.

- NG : Ce serait quoi améliorer ce que tu as fait l’année dernière ? Parce que ça ne va pas être facile...

- Mikel : Améliorer quant au rendement. Après le résultat peut être secondaire. J’aimerais être mieux physiquement, avec plus de force ou rester plus facilement dans le groupe de tête, ce qui pourrait aboutir à améliorer la 9e place au général et surtout gagner une étape.

- NG : Et ne pas avoir à faire la poursuite dans les descentes...

- Mikel : Aussi, aussi (rire). L’année dernière j’ai du faire les descentes à plusieurs endroits, parce que je perdais des secondes en montée que je devais ensuite récupérer dans les descentes. Si je peux être avec ceux de devant en montée et les attaquer en descendant, c’est mieux que mieux (rire).

- NG : A Ag2r aussi vous accumuliez beaucoup de jours de compétition, mais ça t’inquiète d’avoir couru tant de courses de bon niveau et que le Tour soit si long ?

- Mikel : Le plan a été ressemblant à celui de 2007 qui ne m’a pas posé de problèmes. De fait, ensuite, j’ai couru la Clasica (San Sebastian) et j’étais bien, même si, logiquement, au final, je sentais la fatigue.

- NG : Ca va être ton 3e Tour. Ton meilleur souvenir est celui de 2007 ?

- Mikel : Non. Mon meilleur souvenir c’est mon premier Tour, en 2003, c’était celui du centenaire. Pour moi c’était très spécial, en dehors du fait que j’ai bien marché. Je me souviens qu’en entrant sur les Champs-Elysées, j’avais des larmes en me souvenant de tout ce que j’avais souffert. J’étais dans les 30 premier du général et je crois que c’était un bon début.

- NG : En plus, tu étais main dans la main avec ton cousin, Iñigo Chaurreau.

- Mikel : Je ne sais plus qui était devant ou derrière, mais nous étions le 29e et le 30e au général.

- NG : C’est Iñigo qui a fini derrière.

- Mikel : C’était très beau, parce qu’il a été mon professeur et c’est un Tour où nous étions bien tous les deux. Peut-être on attendais un peu plus de lui, mais ce n’était pas mal. Je me souviens de l’étape de l’Alpe d’Huez, l’étape reine du Tour, et j’étais en tête de course. C’est quelque chose que je voudrais revivre. Le dernier jour j’ai pris l’échappée sur les Champs-Elysées. Nous étions 8 ou 10 coureurs et je savais que nous n’arriverions pas, mais c’était beau. Quand tu es débutant, ces souvenirs sont inoubliables.

- NG : Et le pire moment ? Ou tu es de ceux qui les oublient vite ?

- Mikel : Malheureusement, les mauvais moments je ne les oublie pas. Le pire c’est il y a 2 ans. Dessel était leader, et je crois que nous allions à Andorre (c’était à Pla de Beret). J’avais passé toute la nuit à vomir, j’avais à peine dormi, et je pesais 3kg de moins que la veille. C’était l’étape reine avec 5 cols et mois je suis resté dans le premier, le Tourmalet. La famille et les amis étaient à l’arrivée et moi, je ne pouvais pas, je ne pouvais pas suivre Boonen. Je me disais que ça devait être un cauchemar, que ça ne pouvait pas m’arriver à moi. Je suis arrivé en pleurant (à 40 minutes de Menchov, après Pozzato).

- NG : Après la grande saison que tu as faite, en étant dans les premiers du ProTour, le véritable examen arrive maintenant ?

- Mikel : Je l’ai toujours dit, pour moi, il arrivera ce qui arrive, l’année sera bonne. 2008 a été une très bonne année pour moi sportivement, mais c’est clair que dans le Tour, je dois réussir pour de bon à mettre la cerise sur le gâteau de cette saison. Quelle meilleure cerise qu’une victoire d’étape, qui est peut-être ce qui me manque. Parce que j’ai montré que je suis très régulier en étant dans les 10 premiers de beaucoup de courses (Andalucía, País Vasco, Romandía, Dauphiné...), mais il me manque une victoire. Et quel serait un meilleur endroit que le Tour ?

- NG : Tu es plus surveillé cette année ?

- Mikel : Oui ? On rêve toujours d’être dans une échappée qui prendra 1/2 heure qu’on deviendra le leader. Maintenant, je suis conscient qu’on ne me laissera pas prendre 1/2 heure. A moment précis, je pourrai prendre une échappée et du temps, mais je sais que mes adversaires me connaissent et ne me laisseront à aucun moment 1/2 heure d’avance, parce qu’ils savent que ce sera dur de récupérer ce retard.

- NG : C’est ta meilleure saison depuis que tu es professionnel ?

- Mikel : Oui, sans aucun doute.

- NG : Tu as atteint ta maturité ?

- Mikel : Je crois que oui. Les gens pensent que j’ai changé mes entrainements ou que je suis plus en forme. Mais non. Je continue à m’entrainer comme toujours, je prends soin de moi de la même manière, j’ai le même poids que l’année passée (72kg)... Dans ce sens, tout est pareil que toujours, ce qui se passe c’est que les résultats arrivent. Je veux penser que je suis à maturité, j’ai 28 ans, et c’est normal que physiquement le corps donne plus de lui-même.

- NG : Tu finis ton contrat cette année. Ca t’inquiète ?

- Mikel : Non, parce que les choses ont été bien, et je sais que les équipes ne vont pas me manquer et les offres non plus. Ca ne m’inquiète pas et de fait, nous allons attendre de voir ce qui se passe au Tour de France pour décider de ce qu’il faut faire dans le futur.

- NG : Tu penses à reconduire le contrat ?

- Mikel : Dans cette équipe, j’ai passé 2 années très à mon goût. Et ils m’ont déjà dit qu’ils veulent parler, mais moi je ne veux pas être obseder par ces choses là. J’essaie de faire mon travail le mieux possible, et en ce moment je pense plus au Tour de France qu’à mon futur.

Traduit de 2 articles en espagnol parus sur noticiasdegipuzkoa.com :
- Article 1
- Article 2


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | Site web réalisé par webmaster-peloton.com