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Pierre Cazaux, l’orange amère

jeudi 25 octobre 2012

Pierre Cazaux a décliné cet été des offres de Cofidis et FDJ notamment, et a appris dans la presse qu’il ne serait finalement pas retenu dans l’équipe Euskaltel 2013.


Pierre Cazaux, qui venait de terminer son contrat de deux ans avec l’équipe Euskaltel, se retrouve aujourd’hui sans employeur. Il fait partie des cinq coureurs écartés de la formation orange en cette fin de saison. Est-il victime de la nouvelle politique mise en place par la direction de l’équipe ? Rien n’est moins sûr. Toujours est-il que durant 19 années, Euskaltel a privilégié le recrutement de coureurs nés ou formés au Pays basque.

Mais comme l’a précisé lundi le manager général Igor Gonzalez de Galdeano, huit coureurs étrangers vont renforcer l’équipe orange en 2013. Des coureurs portugais, grecs, allemands, slovènes, russe et même un Marocain. Un changement radical dans la philosophie de la formation, contrainte d’aller chercher à l’étranger des points UCI pour espérer garder son rang au niveau du circuit mondial Pro tour.

Il l’a appris par la presse

Pierre Cazaux doit aujourd’hui se mordre les ongles : il avait décliné cet été des propositions, notamment de Cofidis et de la FDJ. À cette époque, il n’avait pas d’inquiétudes à nourrir sur son avenir avec Euskaltel. Il tenait parfaitement son rôle d’équipier. « Je me plais dans cette équipe où règne un bon état d’esprit. J’aide mes leaders et parfois, on me laisse carte blanche pour attaquer sur certaines étapes », avouait-il à la sortie du tour d’Italie en juin, où il s’était illustré sur une longue échappée.

Le professionnel d’Ustaritz pensait tenir la confiance de ses employeurs, et n’avait pas mesuré les impacts de la nouvelle politique préparée par ses dirigeants. Dès lors, quelle ne fut pas sa surprise d’apprendre par la presse qu’il figurait sur la liste des coureurs écartés de l’effectif 2013…

La raison ? Ne pas avoir marqué de points UCI. Des points qui ne tiennent compte que des classements aux arrivées. De quoi faire rager l’équipier modèle qui s’est dépensé sans compter dans les pelotons pour ses leaders… Ce qui explique en partie son palmarès vierge de succès significatifs en quatre années passées chez les pros.

De l’équipe Roubaix (2008/2009) à Euskaltel en passant par la Française des jeux (2010), Pierre Cazaux n’a collectionné que de belles échappées et récolté que quelques places d’honneur, dont une 4e au tour du Doubs et à la classique Loire-Atlantique. Aujourd’hui, il se retrouve à 28 ans en situation de chômeur, sans avoir préparé sa reconversion.

Son copain bayonnais Thierry Elissalde, premier coureur d’Iparralde à rejoindre la formation professionnelle basque en 1994, ne cache pas son désarroi. « Une page se tourne mais c’est aussi un livre qui se referme, car cette équipe d’Euskaltel représentait pour les coureurs d’ici le rêve d’être pro. Ce fut le cas pour Romain Sicard et Pierre Cazaux. Romain reste, mais Pierre ne méritait pas d’être évincé comme cela a été fait. »

Article paru le 25 octobre 2012 sur sudouest.fr

"La situation avec Euskaltel est scandaleuse"

Après deux saisons passées chez Euskaltel-Euskadi, Pierre Cazaux a été invité mi-octobre à faire ses valises. Très apprécié dans l’équipe, il lui manquait visiblement des points UCI pour qualifier son équipe au World Tour. Le coureur basque, 28 ans, est contraint de retourner chez les amateurs du GSC Blagnac en 2013. Blessé, mais pas abattu, il se confie à Directvelo.

- DirectVélo (DV) : Tu t’apprêtes à retourner chez les amateurs avec le GSC Blagnac. Comment le vis-tu ?

- Pierre Cazaux : Dans un premier temps, comme je ne parvenais pas à retrouver un contrat chez les pros, je pensais vraiment arrêter. Je m’étais toujours promis de ne jamais retourner chez les amateurs quoi qu’il arrive. Finalement, Damien Branaa, qui est un vrai ami et qui vient lui aussi de quitter les pros [l’équipe Burgos BH-Castilla y Leon, NDLR], m’a convaincu de faire une année au GSC Blagnac avec lui. Je suis encore jeune. Alors pourquoi ne pas tenter une saison ?

- DV : Comment vas-tu aborder une saison amateur alors que tu as passé cinq ans chez les pros ?

- Pierre Cazaux : C’est un peu l’inconnu. Je ne m’attends pas à tout exploser. Loin de là. Je sais que ça roule vite. Beaucoup de choses ont changé depuis que j’ai quitté les rangs amateurs, les courses sont par exemple devenues beaucoup plus décousues. Comme je suis un diesel, ça ne va pas toujours être évident. Je vais prendre le vélo au jour le jour. Et avant tout, je vais essayer de retrouver du plaisir.

- DV : A quel moment as-tu compris que tu allais te retrouver chez les amateurs ?

- Pierre Cazaux : Très tard. J’ai souvent essayé d’appeler Alvaro Gonzalez De Galdeano [le manager de l’équipe Euskaltel-Euskadi, NDLR], il n’a jamais répondu à un seul de mes coups de fil. Puis un jour j’ai appris qu’Amets Txurruka et Ivan Velasco n’allaient pas poursuivre l’aventure avec nous. On a tous été très surpris de cette nouvelle. J’ai trouvé cela déjà énorme mais je n’ai pas envisagé une seule seconde qu’on allait me faire le même coup. Tout s’était tellement bien passé avec l’équipe que je n’avais pas à m’inquiéter. Finalement, j’ai appris, mi-octobre, que je n’étais pas conservé. Nouvelle que j’ai apprise... par la presse ! Je n’ai jamais eu d’explication.

- DV : Est-ce que ton départ s’explique par ton absence de points UCI, nécessaires pour qu’Euskaltel se maintienne dans le World Tour ?

- Pierre Cazaux : Certainement. Les leaders et les dirigeants de l’équipe ont toujours été contents de mon travail, c’est pour ça que mon éviction est rageante. J’ai trouvé gratifiant d’être aligné sur le Tour d’Italie puis encore sur le Tour d’Espagne en 2011, dans une équipe espagnole, et avec Igor Anton qui visait la victoire finale. Mais, c’est vrai, je n’avais sans doute pas marqué assez de points UCI. Seuls les leaders en marquent, pas les équipiers qui font le travail pendant 150 kilomètres. Pourquoi donc ? Le système est à revoir.

- DV : Que veux-tu dire ?

- Pierre Cazaux : Certains coureurs recrutés par Euskaltel en 2013, qui sont des inconnus, possèdent autant de points qu’un gars comme Mikel Nieve. Est-ce normal ? Nieve a terminé 10e de la Vuelta l’an passé, 10e du Giro et 5e du Tour de Suisse cette année. Et il n’a pas plus de points qu’un mec qui va gagner des petites courses en Asie... Si je me retrouvais à la rue pour des gars qui ont vraiment le niveau, je ne dirais rien. Mais là, la situation est scandaleuse. Pour autant, je ne jette pas la pierre à ces coureurs : après tout, ils ne font que profiter du système et ils auraient tort de s’en priver. En revanche, les différents choix des dirigeants de l’équipe sont plus que limites. J’espère que les prises de décisions de l’équipe Euskaltel vont faire bouger le système en général.

- DV : Avec ces transferts, l’équipe a également perdu son identité basque...

- Pierre Cazaux : C’est encore pire que de régresser sur le plan sportif. Honnêtement, en tant que Basque, cela fait vraiment mal au cœur de voir ça. Tous les coureurs de l’équipe partagent ce sentiment, comme les supporters. Euskaltel-Euskadi a perdu son âme, c’est certain.

- DV : Aurais-tu préféré voir l’équipe descendre en Continental Pro pour conserver son identité ?

- Pierre Cazaux : Oui, sans hésiter. De toute façon, nous aurions quand même été invités sur beaucoup de courses World Tour. Il valait mieux descendre en Continental Pro et conserver notre identité.

- DV : Que retiendras-tu de tes deux saisons passées sous le maillot d’Euskaltel ?

- Pierre Cazaux : De très bons souvenirs. Tout s’est toujours parfaitement bien passé, avec tout le monde. Les coureurs ne sont pas de simples équipiers mais de vrais amis. Et je m’en suis rendu compte bien plus encore au moment de cette période délicate pour moi. Ils m’ont tous appelé pour me faire part de leur tristesse et de leur soutien.

- DV : Parlons maintenant de l’avenir. Tu as désormais 28 ans. Espères-tu retrouver ta place dans le peloton professionnel ?

- Pierre Cazaux : Je ne veux pas encore penser à 2014. J’ai pris un gros coup sur la tête avec cette histoire. Désormais, je veux reconstruire quelque chose étape par étape. Je peux très bien continuer le vélo, rebondir chez les pros, ou bien tout arrêter en fin d’année prochaine. Je sais que la question des points UCI va encore me compliquer la tâche. Il vaudrait mieux que j’en possède quelques-uns pour convaincre une équipe de m’embaucher. Mais comment en marquer avec le GSC Blagnac ? On en revient toujours au même problème.

- DV : Tu sembles prisonnier du système des points. N’y a-t-il vraiment aucune solution pour s’en sortir ?

- Pierre Cazaux : Si, il y en a une. Il faudrait être prêt à tout lâcher, partir un an dans une équipe asiatique ou africaine et puis marquer un maximum de points pour revenir comme une fleur l’année suivante chez les pros en Europe. Sauf que je n’ai plus 20 ans. Aujourd’hui j’ai une maison, une famille. Je ne peux pas me permettre ce genre d’aventure.

- DV : Tu es quand même motivé pour ton défi l’an prochain ?

- Pierre Cazaux : Bien sûr. Je ne vais pas arriver sur les courses amateurs pour bâcher après 50 kilomètres. D’ailleurs je l’ai bien dit aux dirigeants du GSC Blagnac : J’ai une fierté et j’ai à cœur de montrer à tout le monde ce que je peux faire. Je ne suis pas abattu. Et on me verra à la bagarre l’an prochain.

Article paru le 19 novembre 2012 sur directvelo.com


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