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Quand personne ne connaissait Samuel Sanchez

lundi 26 décembre 2011

Des éléments que certains ignorent ou que d’autres ont oubliés, retour sur les débuts de Samuel Sanchez. Excellent article pour nous rafraichir la mémoire !


Devenu leader d’une équipe 100 % basque alors que lui-même est Asturien, et champion olympique au sein d’une sélection espagnole où l’on misait plutôt sur Alejandro Valverde, Samuel Sanchez a passé sa vie à se jouer des embûches. Quand il n’avait pas encore accompli tout ça, il s’était déjà révélé loin de son terrain favori : sur les ribinou du Tro Bro Léon.

L’entorse d’Euskaltel

La carrière de Samuel Sanchez n’est pas encore terminée mais elle est déjà bien remplie. Performant depuis une décennie, il répond sans cesse à la confiance accordée en 1996 par Miguel Madariaga, président de la Fondation Euskadi. Le pari était risqué : la formation basque a pour règle de n’accueillir que des représentants de sa province. Samuel Sanchez est Asturien, mais il a du talent. Le dirigeant est sur le Tour de Biscaye quand il repère ce jeune grimpeur. C’est son fils, Mikel, habitué à courir et à perdre face à celui-ci sur les compétitions régionales juniors, qui souffle le mot à son père : c’est un crack. Il est proposé à ce garçon de 18 ans de quitter Oviedo, mettre de côté l’école, et rejoindre le Pays basque, avec des perspectives alléchantes. S’il est performant, il deviendra professionnel. Tope là, le deal est accepté. Il rejoint Olarra Erkoreka, antichambre de l’équipe fanion, où il doit passer trois ans pour respecter les desideratas régionalistes [NDLR : En réalité, pour respecter les statuts de la Fondacion Cycliste Euskadi].

Le staff va vite se rendre compte des talents de Samuel Sanchez, qui s’adjugera 19 courses jusqu’au franchissement du Rubicon. « Il avait déjà les mêmes caractéristiques qu’aujourd’hui, se souvenait Madariaga en 2008. Travailleur, battant. » Dans une interview à El Pais, l’Espagnol parlera d’autres valeurs. Il vient d’être sacré champion olympique à Pékin et au pays, sa réputation est celle d’un rebelle. De sa bouche sortent des mots-clés : « L’entêtement, l’amour propre, l’ambition. (…) Sans mon obstination, mon désir d’être meilleur chaque jour, parfois sans vraiment savoir comment s’y prendre, je n’aurais pas gagné ce titre. J’ai bossé toute ma vie. Et notamment depuis ce jour où j’ai travaillé dans l’Alpe d’Huez, pour la victoire d’étape d’Iban Mayo. » C’était en 2003, sa deuxième participation à la grande boucle, et sur une épreuve de format trois semaines, il répétait ses performances réalisées sur des courses d’une semaine comme Paris-Nice ou le Tour du Pays basque. Un grimpeur en devenir.

Révélé sur le Tro Bro Léon !

Ce qui l’a aussi endurci, c’est le décès de sa mère, en août 2000. Quatre mois plus tôt, Samuel Sanchez obtenait son premier résultat significatif depuis son passage pro. Loin de la montagne. La presse espagnole en fait discrètement l’écho : « L’Asturien de l’équipe Euskaltel, Samuel Sanchez, a terminé à la deuxième position du Tro Bro Léon, une course disputée autour de la ville française de Brest. » Oui, vous avez bien lu. Pour la seule et unique fois de l’histoire de la course bretonne, aucun Français ne monte sur le podium de cette semi-classique. Jo Planckaert s’impose et retient l’essentiel de l’attention des médias : trois ans plus tôt, il avait raté de peu la victoire sur Paris-Roubaix, face à Frédéric Guesdon, et s’offre une pseudo-compensation en s’adjugeant le « Paris-Roubaix breton »

Un autre Belge, Ludovic Capelle, est troisième. Entre eux-deux, il y a ce petit homme, paré de son maillot orange. Un invité surprise. « Culotté en diable », écrit Guy Roger dans L’Équipe. Sa performance est il est vrai plaisante. En premier lieu, il est passé au travers des chutes, incessantes, et qui ont entre autres décimé la Française des Jeux d’Yvon Madiot. Et au cours de la deuxième partie de course, il a réussi à s’immiscer dans l’échappée du jour, lancée à la poursuite d’un homme seul, Bert Roesems, à qui il doit 21 centimètres. Les portions empierrées provoquent la fin du raid du Belge, et l’amaigrissement du groupe intercalé. A l’approche du final, pointent en tête Jo Planckaert, Ludovic Cappelle, Samuel Sanchez et Franck Renier.

Le quatuor arrive au sprint. Samuel Sanchez a pourtant tout fait pour que ce ne soit pas le cas : il n’a cessé d’attaquer dans le final. L’arrivée est en bosse et il lui reste du jus. Conscient de ses capacités de puncheur, le néo-pro a le culot de prendre la roue de Ludovic Cappelle. Mais ce n’est pas la meilleure place. Les deux compatriotes forment une vague qui tasse le « diable » contre les barrières. Il se met debout sur les pédales, garde l’équilibre, relance, se rapproche, et échoue d’une longueur face à Jo Planckaert. Il traverse la ligne très énervé. Sa réaction d’après-course témoigne de son outrecuidance : « L’an passé, chez les amateurs, j’ai gagné treize fois. Planckaert, je savais qui il était. Mais en côte, je suis meilleur. »

Article paru sur velochrono.fr


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