Fan-club officiel de l’équipe Euskaltel-Euskadi

Fan-club officiel de l’équipe Euskaltel-Euskadi

Partager...

Accueil du site > Les infos de l’équipe > Archives 2011 > Interviews et infos diverses > Miguel Madariaga : "L’entreprise Euskaltel a les moyens de reprendre (...)

Miguel Madariaga : "L’entreprise Euskaltel a les moyens de reprendre l’équipe"

dimanche 6 novembre 2011

La continuité de l’équipe en 2013 n’est pas assurée, mais son fondateur pense que le sponsor Euskaltel a les moyens de reprendre les rênes, en dehors de la Fondation Euskadi. Interview.


- Noticias de Gipuzkoa (NG) : Avant de terminer l’année, vous savourez les réussites de 2011 ?

- Miguel Madariaga : Dans le monde sportif, tout va très vite. Ce que tu as fait hier ne compte pas pour aujourd’hui. Mais j’ai besoin de savourer ce qu’Euskaltel-Euskadi a fait cette année, vu l’incertitude du futur de l’équipe et l’incertitude du futur du cyclisme.

- NG : Deux étapes du Giro, les première dans l’histoire de l’équipe, celle du Tour, avec le maillot de la montagne à Paris, l’après-midi d’Anton à Bilbao... Ce n’est pas mal pour une équipe locale.

- Miguel Madariaga : Je demande depuis longtemps aux gens d’apprécier ce que fait cette équipe à son juste niveau. Une des choses dont on a le moins parlé et qui me rend fier, c’est le maillot de la montagne sur le Tour. Jean-François Pescheux me disait que ce maillot vaut plus que n’importe quelle étape. Pescheux m’a toujours demandé que l’équipe se batte pour gagner le classement de la montagne, mais jusqu’à cette année, pour diverses raisons, nous n’avions pas pu le faire.

- NG : Depuis l’arrivée d’Igor Gonzalez de Galdeano en 2006, l’équipe n’a pas cessé de grandir année après année. Vous avez toujours dit que le responsable de ce succès est Galdeano, qui quitte l’équipe.

- Miguel Madariaga : C’est la fin d’une époque. Un pourcentage très élevé de ce que nous avons obtenu ces dernières années est le fruit de la façon de travailler et d’être d’Igor Gonzalez de Galdeano. Après son départ, l’équipe ne sera plus pareil au niveau sportif. Depuis qu’en mai, j’ai reçu la lettre d’Igor m’annonçant sa démission, j’ai tenté de monter l’équipe pour que l’année prochaine son absence se ressente le moins possible. Mais c’est trop dur.

- NG : Vous avez voulu retenir Galdeano ?

- Miguel Madariaga : J’ai essayé, mais c’était impossible. Sa décision était irréfutable : il ne pouvait pas continuer à lutter contre tout et contre tous.

- NG : Mais contre quoi ? Contre qui ?

- Miguel Madariaga : Contre ceux qui ne valorisent pas le travail, ni la philosophie de l’équipe, ni la trajectoire qui fait que nous sommes l’équipe la plus ancienne de l’élite du cyclisme... Igor a mis le doigt sur beaucoup de choses dont je reconnais qu’elles peuvent devenir insupportables. Lui, en tout cas, ne pouvait plus les supporter. Mais actuellement, je n’ai pas envie de parler du départ d’Igor. Je ne peux qu’assurer que l’équipe ne sera plus la même sur le plan sportif. Sur ce point, Galdeano n’avait aucun rival, peut-être a-t-il trop de caractère pour gérer le reste. Mais il en parlera lui-même le jour de son départ.

- NG : Galdeano a dit, en annonçant son départ, que vous êtes le seul à pouvoir supporter ce qu’apporte le fait d’être à la tête de cette équipe.

- Miguel Madariaga : Qu’est-ce que je peux faire d’autre ? Je dois le supporter. Sinon, qu’est-ce que je fais de tous ces coureurs que j’ai fait signer ? J’ai du continuer.

- NG : Forcé ?

- Miguel Madariaga : Forcé par les circonstances. Avec les diminutions de budget dont il est question, avec l’équipe en marche, avec la charge sociale qu’a ce projet... Je reviens forcé, je ne vais pas le nier.

- NG : Mais vous partiez, ou vous étiez parti.

- Miguel Madariaga : Oui, c’était le cas.

- NG : Et vous pouvez revenir au premier plan ?

- Miguel Madariaga : Je le devrai. C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Je sais comment ça fonctionne. Avec Gorka Gerrikagoitia qui s’occupera de l’aspect sportif, les choses se passeront bien. Et le premier stage servira à me remettre à la tête de l’équipe. En 2012 nous devons faire en sorte que, si les sponsors pensent qu’ils doivent continuer, nous puissions leur offrir une structure bien organisée qui reste dans l’élite. A partir de là, moi, je n’aurai plus à être à l’avant.

- NG : De fait, vous avez encore dit, lors de la présentation du Tour que cette année, vous arrêteriez.

- Miguel Madariaga : C’est ce qui est prévu.

- NG : Vous avez aussi dit que quand vous partiriez il y aurait beaucoup de gens qui s’en réjouiraient.

- Miguel Madariaga : Ca, j’en suis certain. Pour ma façon d’être, j’ai de très grands amis qui donnent tout pour moi, mais aussi beaucoup d’ennemis qui ne me pardonneront pas de leur avoir dit en face ce que je pense. Ceux-là ne se contenteront pas d’être contents, mais ils fêteront mon départ.

- NG : Avoir tant d’ennemis a porté préjudice à l’équipe ?

- Miguel Madariaga : Bien-sûr que non. C’est la route qu’il fallait suivre et je ne le regrette pas. Il n’y avait qu’une personne qui pouvait prendre ma suite, et c’est Igor Gonzalez de Galdeano.

- NG : Si vous partez et qu’Igor a renoncé à prendre la relève, que deviendra Euskaltel-Euskadi ?

- Miguel Madariaga : Si je pars, je partirai et l’équipe a des membres pour continuer. Je ne suis pas le cyclisme basque. J’ai fait un travail, il est là. Un autre peut en profiter. Il peut arriver une autre organisation, avec une autre façon de conduire l’équipe. J’ai beaucoup d’espoir dans l’entreprise Euskaltel. Ils ont assez de moyens pour pouvoir reprendre cette équipe sans avoir à dépendre de la Fondation Euskadi.

- NG : Vous voulez dire que l’entreprise Euskaltel elle-même pourrait gérer l’équipe ?

- Miguel Madariaga : Pour l’instant, l’équipe fait partie de la Fondation. Euskaltel apporte 38% du budget et le reste vient principalement d’Orbea et des institutions basques. Cette équipe ne peut pas disparaitre, mais celui qui va la prendre devra monter une nouvelle structure, extérieure à la Fondation Euskadi. C’est le futur de cette équipe. Et Euskaltel est prête pour prendre les rênes.

- NG : Sans Madariaga et sans Galdeano, qui peut être le patron de l’équipe ?

- Miguel Madariaga : Après ce que j’ai vu avec Igor, personne. Mais de toute manière, ce n’est pas à moi de choisir une personne. Je ne recommanderais pas à Gorka Gerrikagoitia par exemple, de faire ce pas. Il est prêt, mais il lui manque le caractère fort de Galdeano qui, malgré cela s’est cramé.

- NG : L’équipe peut-elle se retrouver sans licence WorldTour en 2012 ?

- Miguel Madariaga : Je crois que nous en sommes proches. Des 4 équipes (Euskaltel, FDJ, Ag2r et Europcar) qui candidatent aux 3 places qui restent, nous avons le plus gros poids historique. C’est notre grand atout. Mais quand le 16 novembre, quand nous devrons défendre notre projet, l’UCI peut nous faire mal sur le sujet économique. Notre budget est petit. Ca joue contre nous.

- NG : Vous dites qu’il vous manque un million d’euros pour boucler le budget ?

- Miguel Madariaga : Je l’ai calculé avec les réduction qui nous ont été annoncées. Après, quand nous aurons la licence en main, j’irai rencontrer les sponsors un à un et je leur expliquerai la situation.

- NG : Que leur direz-vous ?

- Miguel Madariaga : Qu’ils ne peuvent pas nous faire ces baisses de budget. Euskaltel et Orbea ne nous enlèvent pas un euro, mais ce sont les institutions, le Gouvernement Basque et les députations de Biscaye, Guipuzkoa et Alava qui baissent leur apport. Alors qu’à ce jour, il n’y a aucun projet qui unisse Euskadi comme le fait celui-ci.

- NG : Si le sponsoring public, comme le dit Patxi Mutiloa, directeur des sports du Gouvernement Basque, est impossible à soutenir, Euskaltel-Euskadi devra chercher du côté du privé.

- Miguel Madariaga : Avec Euskaltel, cela fait 3 ans que nous cherchons un sponsor privé qui nous soutienne. Mais il n’y a rien, ou au moins, rien qui ne soit pas contradictoire avec ce que nous affichons sur notre maillot. Porter le nom d’Euskadi freine beaucoup d’entreprises.

- NG : L’incertitude sur l’avenir de l’équipe peut affecter les résultats en 2012 ?

- Miguel Madariaga : Non seulement elle ne devrait pas l’affecter, mais la situation devrait servir pour qu’ils soient motivés et qu’ils se donnent à 200%. Il doivent le faire pour que cette équipe reste dans l’élite malgré les nouvelles règles de l’UCI.

- NG : Ce système de points défavorise Euskaltel-Euskadi ?

- Miguel Madariaga : Il fait du mal à sa philosophie. Nous ne pouvons pas recruter des coureurs qui ont marqué des points dans n’importe quelle partie du monde. Le cyclisme prend le chemin de la Formule 1 et nous, nous sommes une équipe engagée dans la formation qui a le plus petit budget de l’élite de ce sport.

- NG : Peu de managers, peu de coureurs et peu d’organisateurs de courses approuvent la gestion de l’UCI, et pourtant, peu de monde lui fait front.

- Miguel Madariaga : Parce que personne ne veut affronter celui qui commande. Il y a quelques années, l’UCI et le Tour s’affrontaient à mort et aujourd’hui ils s’entendent à merveille. La course de Pékin, par exemple, ils l’ont construite ensemble.

Traduit d’un article en espagnol paru sur noticiasdegipuzkoa.com


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | Site web réalisé par webmaster-peloton.com