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Samuel Sanchez : "Sur le podium, j’ai compris la véritable immensité du Tour"

lundi 25 juillet 2011

Samuel Sanchez vient de terminer le meilleur Tour de France de sa vie. Il est prêt à co,nséder les mêmes sacrifices pour une prochaine édition. Interview.


- Deia :

Dernière étape, Paris, les Champs Elysées... A quoi pensais-tu alors que s’achevait le Tour ?

- Samuel Sanchez : Je pensais que tout cela est une récompense. Que tous les coureurs devrait avoir, dans leur carrière, la possibilité de ressentir quelque chose comme cela. Et que, peut-être, ce sport est un peu injuste pour cela et parce qu’après tant de souffrance et de douleur, très peu arrivent à monter là-haut, sur le podium de Paris. Aussi je pensais qu’avec le pari que j’ai fait cette année, avec tous les sacrifices que j’ai faits pour arriver bien sur le Tour, au final je me sentais heureux et fier, et que tout ce qui m’arrivait à ce moment là était juste et mérité.

- Deia : Et à te faire beau pour la photo que tu as toujours rêvé d’accrocher au mur de ton salon ?

- Samuel Sanchez : Non, non (rires), ça non. Je n’avais pas le temps. Je pensais à embrasser ma femme et à vite prendre les enfants pour les amener sur le podium. Après 21 jours, le visages, même avec beacoup de maquillage, reste très marqué.

- Deia : Tu l’as vécu, tu es monté sur le podium de Paris. Que ressent-on ?

- Samuel Sanchez : C’est quelque chose de spécial, sans aucun doute, mais ça passe si vite et tu es dans un espèce d’état de choc, et tu te rends tout juste compte de ce qui se passe vraiment. Tout se passe en fonction des horaires de la télévision, tout est urgent, tu n’as pas le temps d’en profiter. J’ai eu plus de temps quand je me suis retrouvé avec les autres vainqueurs des autres maillots, Evans, Cavendish et Rolland. A ce moment là, du podium, j’ai ccompris la véritable immensité du Tour. J’étais sans voix, impressionné de voir comment les gens applaudissaient. Tu as l’impression, à ce moment là d’être le centre d’attention de tout le monde.

- Deia : Le podium de Paris est le sommet le plus haut du cyclisme. Tu l’as ressenti ainsi, tu t’es vu plus haut que jamais ?

- Samuel Sanchez : Je ne me suis senti ni puissant ni grand, mais satisfait de pouvoir être en un lieu où peu de monde est allé, seuls les élus. Je suis monté là où avant, sont allés de grands champions. Je suis un privilégié.

- Deia : On a le vertige quand on est si haut ?

- Samuel Sanchez : Non, pas de vertige, non.

- Deia : C’est le meilleur moment de ta carrière ?

- Samuel Sanchez : Il faut voir, il faut relativiser les choses. C’est un grand moment, mais un de plus. Chaque instant qu’on vit est spécial et il faut savoir en profiter. Presque personne ne se rappelle de cette victoire, mais moi je me souviens que quand j’ai gagné le Grand Prix de Zurich, j’étais extrêmement heureux. Le premier podium sur la Vuelta a España fut aussi incroyable. Et les JO sont aussi ineffaçables, ce qu’il y a c’est que l’ambiance là-bas, à Pekin, était très fraiche et il n’y avait pas la foule qu’il peut y avoir à Paris. Par contre l’apport de l’or Olympique était beaucoup plus grand.

- Deia : Plus grand que d’être le roi de la montagne du Tour ?

- Samuel Sanchez : C’est différent. Ici, c’est le Tour, un monde à part... Les choses ne sont pas toujours si complexes. Quand je suis monté sur le posium avec les enfants pour y recevoir le maillot, j’ai simplement essayé de profiter du moment, en pensant que c’était le meilleur moment que je vivais depuis longtemps, peut-être depuis Pékin.

- Deia : Et Luz-Ardiden ?

- Samuel Sanchez : On le vie d’une manière différente. Tu sais ce qui t’attend. Le matin, je savais qu’en terminant l’étape je devrais monter sur le podium et suivre le protocole. A Luz-Ardiden, ça a été une explosion de joie, d’énergie... Ce jour là nous nous sommes enlevé un gros poids. L’équipe avait besoin que je gagne sur le Tour, et moi-même j’avais besoin de le faire. C’est ce dont j’avais besoin. Pour cette raison, ce moment a été une émotion pure.

- Deia : Tu dis que la victoire d’étape sur le Tour était ce qui te manquait, ça veut dire que tu es arrivé au bout de tes rêves dans le cyclisme ?

- Samuel Sanchez : Mmmmmm... pas exactement. Le rêve cette année était de monter sur le podium, être un des trois premiers du Tour.

- Deia : Tu as pensé que tu pourrais remonter et figurer sur le podium ?

- Samuel Sanchez : Nous étions très concentrés en course et sincèrement, je crois que nous aurions pu arriver plus loin. J’ai été très régulier en montagne. J’ai été second sur deux sommets mythiques et j’ai gagné sur un troisième. J’ai vu qu’une très bonne chance se présentait, mais le Tour et le cyclisme ne pardonnent rien. J’ai faibli dans un moment très délicat. Mon jour sans s’est produit au moment le moins opportun, dans le Galibier. Et ça m’a condamné.

- Deia : Et tu le dis avec des regrets ?

- Samuel Sanchez : Oui, parce que nous l’avions à portée et... Mais le Tour est ainsi, parfois il sourit à certains pendant qu’il en crucifie d’autres. Pour moi et Alberto, ça a été le jour du Galibier. De toute façon, on ne peut pas se plaindre.

- Deia : Le regret du podium veut dire que tu as envie de revenir ?

- Samuel Sanchez : Tout cycliste veut revenir au Tour, parce que tout ce qui se fait ici compte double. Mais je ne sais pas ce qui se passera l’année prochaine. Je ne veux pas trop y penser encore, mais on réfléchira au fait de revenir en 2012 pour se battre pour ce qui nous manque.

- Deia : Tu as fait plus de sacrifice que jamais pour arriver au mieux au Tour. Tu serais capable de refaire une telle préparation ?

- Samuel Sanchez : Le jour où je perdrai la motivation pour monter à vélo comme je le fais aujourd’hui, le jour où je penserai que je ne peux pas faire les sacrifices pour arriver à l’objectif, ce sera le jour où je déciderai de raccrocher le vélo et où je commencerai à penser à autre chose. Je peux recommencer la même préparation pour une seule raison : la récompense a été énorme. Rien que pour ça, ça vaudra le coup de me sacrifier à nouveau.

- Deia : As-tu eu le temps d’analyser pourquoi Cadel Evans a gagné le Tour ?

- Samuel Sanchez : Parce qu’il a été le plus régulier, celui qui, d’entre tous, a le moins failli. Et regardez, Andy a perdu pour un jour sans, celui du chrono de Grenoble.

- Deia : Pourquoi est-ce Voeckler a failli gagner ?

- Samuel Sanchez : Parce que la pouvoir mental et la capacité de sacrifice d’un sportif sont incalculkables. Nous avons vu avec Voeckler que vouloir c’est pouvoir, et s’il n’a pas gagné le Tour ça a été pour des circonstances de course.

-  Deia : Contador termine 5e. Il n’est plus invincible, et pourtant, il sort renforcer du Tour. Il a gagné l’affection du public ou au moins son admiration.

- Samuel Sanchez : Alberto a vécu quelque chose qui ressemble à ce que j’ai vécu moi-même. Nous avons perdu du temps dans la chute du premier jour et nous avons eu un mauvais jour dans le Galibier. Avec ça, nos plans sont partis de travers. Alberto, de toute manière, est sorti renforcé parce qu’il a montré à quelle caste il appartient. Il ne s’est jamais rendu. Même quand il avait perdu le Tour après le Galibier. Le lendemain il a mis la course sens dessus-dessous. C’est un coureur extraordinaire.

- Deia : Pourquoi as-tu réussi le Tour de ta vie, as-tu gagné une étape et as-tu été sacré roi de la montagne, alors que tu as raté le podium ?

- Samuel Sanchez : Parce que le cyclisme est ainsi. Comme Andy a eu un mauvais jour lors du chrono et il a perdu le Tour, moi je l’ai eu dans le Galibier et j’ai perdu le podium. C’est ce qui est beau dans ce sport, l’incertitude.

Traduit d’un article en espagnol paru sur deia.com


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