Fan-club officiel de l’équipe Euskaltel-Euskadi

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Samuel Sanchez : "Il n’y a rien de comparable au fait de lever les bras sur le Tour"

vendredi 15 juillet 2011

Hier, Samuel Sanchez a écrit son nom au palmarès du Tour de France. Et il l’a fait sur les pentes de Luz-Ardiden, devant les milliers de supporters basques venus encourager l’équipe Euskaltel-Euskadi. Double interview.


- AS : Félicitations, tu as remporté ta première victoire sur le Tour de France.

- Samuel Sanchez : En fait, je n’y crois pas encore, je suis comme sur un nuage. Il faudra attendre qu’on fête ça à l’hôtel avec les co-équipiers pour assimiler cette émotion et tant de bonnes sensations.

- AS : Tu as gagné à Luz Ardiden, là où Roberto Laiseka avait remporté la première victoire d’Euskaltel sur le Tour, en 2001.

- Samuel Sanchez : C’est ça, 10 ans après. Pour nous c’était très important de gagner ici avec tous les supporters du Pays Basque qui s’étaient déplacés pour nous encourager. Il suffit de voir la quantité de t-shirts oranges rassemblés au bord des routes. Ecrire mon nom à côté de celui de Laiseka, dans un sommet mythique du cyclisme, c’est un grand honneur et un moment très particulier à garder en mémoire.

- El Diario Montañes (EDM) : C’était l’étape du Tour préférée de ton équipe...

- Samuel Sanchez : Ca a été émouvant. Toute la montée était pleine de t-shirts oranges. C’est un col spécial pour nous. Nous courons devant notre public. C’était la journée la plus importante pour Euskaltel. J’avais perdu 2 minutes et je savais que je pouvais avoir une certaine liberté.

- AS : Pourquoi as-tu décidé d’attaquer dans la descente du Tourmalet ?

- Samuel Sanchez : J’ai bien lu la course. A ce moment là, Gilbert partait à l’avant, et Vanendert est parti derrière lui. Comme les autres favoris ne bougeaient pas, j’ai décidé que je devais donner mon rythme jusqu’à la fin. Si on arrivait avec 40 secondes dans les 3 derniers kilomètres, je savais que je pouvais gagner. J’étais fort. J’ai pris deux relais à fond et Vanendert m’a suivi. Mais j’étais confiant pour la victoire. Et ça a été clair quand Frank Schleck revenait et que Vanendert a attaqué. Il m’a lancé.

- EDM : Et ça s’est très bien passé.

- Samuel Sanchez : Ouf. Je n’y crois pas encore. Gagner ici compte double. C’est un grand jour pour nos supporters et pour notre équipe.

- AS : Tu cherchais seulement la victoire d’étape ? Tu ne voulais pas reprendre du temps au général ?

- Samuel Sanchez : J’avais comme objectif principal de gagner une étape, et nous l’avons. Pour nous, c’est une joie immense. L’équipe n’est pas millionnaire, nous sommes modestes. Maintenant je prends le Tour au jour le jour, et on verra où je termine au général.

- EDM : Tu ne penses pas au podium ?

- Samuel Sanchez : On ne fait que commencer. Je n’écarte rien, mais il faut voir comment répondent les jambes.

- AS : Avec cette victoire, c’est suffisant ?

- Samuel Sanchez : Non, je veux continuer à bien faire les choses, et gagner des place au classement, même si je suis conscient que je suis encore loin des autres aspirants au podium.

- AS : Tu vas défendre le maillot de la montagne ?

- Samuel Sanchez : Ce maillot est un prix en plus, qui ne faisait pas partie des plans. Je ne l’offrirai à personne, et si j’en ai la possibilité, j’essaierai de le garder.

- AS : Qu’est-ce que tu as le plus apprécié, l’or olympique ou Luz Ardiden ?

- Samuel Sanchez : Les JO sont très importants, mais il n’y a rien de comparable au fait de lever les bras sur le Tour de France. Ce sont des sensations différentes et il faut savoir les savourer.

- EDM : Tu as regardé le ciel sur la ligne.

- Samuel Sanchez : C’est une dédicace pour tous les gens qui ne sont plus là, à ceux qui m’ont élevé, à ma mère, à mes grands-parents.

- EDM : A l’arrivée, tu as dit que gagner ici, c’était un rêve que tu as depuis tout petit.

- Samuel Sanchez : Oui. Personne ne sait combien j’ai travaillé et souffert pour arriver jusque là. Rien n’est venu seul.

- EDM : Quel est ton premier souvenir de cyclisme ?

- Samuel Sanchez : Je voyais mon père sortir à vélo. J’ai grandi dans une ambiance de motos. Mais en face de l’atelier de mon père, il y avait un bâtiment de l’équipe Clas-Cajastur. Je passais mes journées là-bas, entre les vélos et les motos. Et j’ai cette image de mon père portant le maillot Clas le week-end.

- EDM : Et du coup, tu as grandi en suivant l’équipe Clas...

- Samuel Sanchez : Bien-sûr. C’était une équipe très forte en amateurs, et après ils sont passés professionnels. Je les avais à côté. Je voyais les camions, les voitures, les vélos... J’avais envie d’aller par là.

- EDM : Tu étais plus attiré par les motos que par les vélos ?

- Samuel Sanchez : Bon, les deux. Mon père m’a mis dans le monde des motos. Depuis tout petit j’avais une moto. Je faisais des courses de motocross. J’ai appris à faire de la moto très petit et j’accompagnais mon père sur les courses. Et j’aimais aussi les vélos. Mon père avait couru à vélo quand il était petit. Ma grand-mère a toujours aimé le cyclisme... En plus pour continuer dans le monde de la moto, il faut beaucoup d’argent. Je crois que j’avais du talent, c’est ce que disait mon père, mais lui et ma grand-mère pensaient que les motos étaient trop dangereuses et ils m’ont un peu envoyé vers le cyclisme. Ils voyaient que je réussissais bien. Mon père m’a acheté un vélo et c’est là qu’a commencé la passion pour le cyclisme et j’ai laissé un peu en arrière ma passion pour la moto. Il y a 25 ans, dans le nord de l’Espagne, il n’y avait que Herri Torrontegui et il n’y avait pas de circuits. La pratique de la moto était très compliquée. C’était plus facile de prendre le vélo et de rouler sur les routes.

- EDM : Pour le vélo, tu as ensuite abandonné les études. Ca te manque de ne pas être allé à l’université ?

- Samuel Sanchez : Je n’ai jamais été un étudiant très brillant. Alors que dans ma famille beaucoup sont allés à l’université. Ma mère suivait des cours de Droit. Avant de mourir, elle suivait des études et elle m’a toujours dit qu’elle aurait aimé être avocat. Moi, par contre, je n’étais pas un bon étudiant. Ma faiblesse était le vélo. Je n’avais des yeux que pour le vélo. J’étais en classe et je pensais à la fin des cours pour sortir m’entrainer et être avec mes amis qui avaient tous un rapport avec le vélo. Maintenant, oui, je regrette de ne pas avoir étudié un peu plus, un cursus universitaire ou quelque chose en lien avec le sport.

- EDM : Tu as 33 ans, tu t’es battu pour gagner la Vuelta et pour le podium du Tour. Mais tu connais à peine le Giro. Tu aimerais y aller ?

- Samuel Sanchez : Oui. J’aime le Tour de Lombardie et l’ambiance qu’il y a là-bas. En 2012, suivant comment sera le parcours des JO et du Mondial, qui semble être dur, je n’écarte pas l’idée de faire le Giro et la Vuelta.

- EDM : Tu as peur du lendemain, du premier jour en dehors du cyclisme ?

- Samuel Sanchez : Oui. J’y pense parfois. Qu’est-ce que je ferai à ce moment là ? Qu’est-ce que je ferai ce 1e janvier où je n’aurai pas à me préparer pour Paris-Nice ou pour le Tour ? Bien-sûr que j’en ai peur. Je pense que ce sera difficile. Toute ma vie a tourné autour du cyclisme. Aussi, j’aimerais continuer dans ce milieu. J’ai de l’expérience et la capacité d’organisation pour diriger une équipe. Je peux apprendre aux jeunes.

- EDM : Avant tu lutteras pour un autre exploit pour Euskaltel, le podium à Paris.

- Samuel Sanchez : Bon, je suis encore loin au classement général.

Traduit de deux articles en espagnol parus sur as.com et eldiariomontanes.es


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