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Mikel Nieve : "Je me vois plutôt comme un équipier et un grimpeur"

mardi 21 juin 2011

Le vainqueur des étapes reines des dernières éditions de la Vuelta et du Giro est un coureur de l’équipe Euskaltel Euskadi. Il s’est fait sa place au sein du peloton international. Interview.


- Noticias de Navarra (NN) : Tu as gagné les étapes reines des dernières édition de la Vuelta et du Giro. Tu te considères comme un roi ?

- Mikel Nieve : Non, loin de là. C’était deux étapes qui convenaient très bien à mes caractéristiques. Je suis entré dans des échappées auxquelles on a laissé un peu d’avance et après j’ai réussi à gagner les deux. Rien de plus.

- NN : Mais c’est très méritoire ce que tu as réussi en tout juste 3 années en ProTour...

- Mikel Nieve : Bien sûr. La victoire du Giro est plus méritoire parce qu’elle était plus longue et plus dure, mais celle de la Vuelta était aussi spéciale en étant ma première. Et très émouvante, parce qu’elle arrivait après la chute d’Igor Anton.

- NN : On te définit comme équipier et grimpeur. Tu penses que tu es un peu plus depuis les deux victoires remportées ?

- Mikel Nieve : Il faut avancer petit à petit. Je me vois plus comme un équipier et un grimpeur que comme autre chose. Pour être leader, je devrais grimper mieux et être meilleur en contra la montre. Pour l’instant, je ne me fixe pas l’objectif de disputer les classements généraux parce que je ne m’y vois pas et parce qu’il y a des coureurs supérieurs. J’ai beaucoup aimé la façon de courir que j’ai eu ces deux dernières années, travaillant pour des leaders et en ayant la liberté sur les étapes qui me vont bien. Pour l’instant je suis content comme cela.

- NN : Tes deux victoires professionnelles ont été de grande qualité.

- Mikel Nieve : C’est vrai. Les deux ont été dans des grands tours. Quand je regarde les étapes que j’ai gagné, ça me motive de voir que c’était des étapes reines et aussi la manière dont j’ai gagné.

- NN : C’était des victoires préméditées ou sont-elles arrivées au cours de la course ?

- Mikel Nieve : Celle de la Vuelta est arrivée après la chute d’Igor Anton. Je me rappelle que je parlais avec Amets Txurruka. Nous étions un peu démotivés et nous avons dit : "demain nous devons faire quelque chose. Il faut attaquer". On le planifie, on le fait et ça marche. Par contre, au Giro, tout était plus prémédité. Dès le premier jour de course je regardais cette étape avec ambition.

- NN : Tu l’avais cochée.

- Mikel Nieve : Oui, cette étape me plaisait et je l’avais un peu repérée comme une étape qui pouvait me convenir. La veille de l’étape, le directeur sportif de l’équipe, Alvaro Gonzalez de Galdeano, et mes propres co-équipiers me disaient qu’elle pouvait me réussir. Il m’ont encouragé. Ils me disaient que c’était ma journée et j’allais réussir.

- NN : Et après, tu as su le réaliser.

- Mikel Nieve : Garzelli au début a mis un rythme très fort et je voyais que je ne pourrais pas le suivre jusqu’au bout. Je l’ai laissé partir, j’ai pris mon rythme, parce que je savais en gros ce qu’il restait, et au final, j’ai pu le reprendre et le lâcher.

- NN : Dans une situation comme celle-là, il faut avoir des nerfs d’acier pour faire ce que tu as fait.

- Mikel Nieve : A ce moment là, oui, j’ai gardé la tête froide parce que je voyais que ce n’était pas mon rythme. Vu ce qui restait... Quand il est parti seul, il nous fallait encore monter le Giau, la Marmolada et le dernier col. Sur une étape si longue tu dois garder beaucoup de forces pour arriver au bout.

- NN : Comme récompense supplémentaire, tu as reçu le prix de la RAI, la télévision publique italienne.

- Mikel Nieve : Ils me l’ont donné parce que l’étape que j’ai remporté est celle qui a eu le plus d’audience. Une présentatrice m’a remis le prix, mais sur le plateau, il y avait d’anciens coureurs comme Cipollini, Savoldelli et Merckx. Et ça m’a impressionné.

- NN : C’était ta première participation au Giro, une course marquée par la tragique chute de Wouter Weylandt, un accident qui lui a coûté la vie. Comment as-tu vécu tout ça ?

- Mikel Nieve : Le jour de sa mort, ça a été un coup terrible, parce que tu arrives et on te dit qu’il y a eu une chute. On te dit qu’il est mal, mais tu n’imagines pas qu’il peut se passer des choses comme ça. Après on te dit qu’il est mort et c’est un coup très dur. Moi, je n’avais pas de relation directe avec lui, mais au final tu connais tout le monde parce que tout au long de l’année on est ensemble dans le peloton et tu sais qui est qui. C’est pour ça que c’est si dur.

- NN : Le Giro a aussi été marqué par la domination de Contador qui a gagné la course alors qu’il est suspecté de dopage au clembuterol.

- Mikel Nieve : C’est vrai qu’on a vu qu’il était très bien. Il a gagné le Giro, il le méritait, il a été le plus fort et il a montré qu’il est le plus fort du monde sur des tour de 3 semaines. Et avec cette histoire, en plus il a montré que mentalement il est très fort. Il a mérité la victoire.

- NN : Tu as parlé avec lui ?

- Mikel Nieve : Un peu. Il m’a félicité quand j’ai gagné et moi quand il a gagné le contre la montre, mais rien de spécial. C’est un gars très simple, comme tous les autres coureurs.

- NN : Tu es arrivé au Giro en tant qu’équipier d’Igor Anton, mais tu as terminé devant lui au général. Tu te vois à court terme comme leader d’Euskaltel Euskadi ?

- Mikel Nieve : Non. Igor n’est pas arrivé au Giro avec le niveau de forme qu’il avait à la Vuelta l’année dernière et lors de la dernière semaine il a eu un peu de mal, mais je suis sûr qu’à la Vuelta, il sera à nouveau bien, prêt pour disputer la victoire.

- NN : En plus, il aura le souvenir de cette malheureuse chute de l’année dernière alors qu’il était leader.

- Mikel Nieve : L’année dernière il a prouvé qu’il a une Vuelta dans les jambes, qu’il peut gagner la Vuelta a España. S’il n’avait pas eu cette malchance, je suis sûr qu’il aurait gagné la Vuelta. En plus, le parcours de cette année lui convient très bien et il sera là.

- NN : A la Vuelta et au Giro tu as terminé 11e au général. Ce n’est pas dommage d’être hors du Top 10 pour une seule place ?

- Mikel Nieve : C’est n peu dommage oui, de ne pas être entré dans les 10 premiers, mais moi je garde la sensation que si je n’avais eu la fatigue de l’étape que j’ai gagné et la maladie lors de la dernière semaine, j’y serais arrivé.

- NN : Tu te vois te battre dans le futur pour le victoire sur un tour de trois semaines ?

- Mikel Nieve : Non.

- NN : Et pour le podium ?

- Mikel Nieve : Pas plus. Pour l’instant je suis plus réaliste et je sais que je peux être dans les 10 premiers de la Vuelta et du Giro. Sur le Tour, non. Sur le Tour je ne me vois pas encore être dans les 10 premiers. Au Giro et à la Vuelta j’en ai été proche et si je m’améliore un peu, je pourrai y être, mais je ne me vois pas disputer le général.

- NN : Tu as couru la Vuelta et le Giro. Ton début sur le Tour est pour quand ?

- Mikel Nieve : Petit à petit. La Vuelta m’a enchanté l’année dernière. Le Giro cette année. Et je n’ai pas de nécessité à aller au Tour l’année prochaine. Je crois qu’il faut aller au Tour avec plus d’expérience que pour les deux autres grands tours.

- NN : Ca ne t’obsède pas, mais disputer et terminer le Tour est le rêve de tous les coureurs.

- Mikel Nieve : Bien-sûr. J’ai l’espoir de courir le Tour un jour et d’arriver à Paris. Mais pour l’instant, ce n’est pas une obsession et, par exemple, je suis content du calendrier que j’ai eu cette année.

- NN : Et si tu pouvais gagner une étape, ce serait formidable.

- Mikel Nieve : Ce serait magnifique. Gagner une étape du Tour est autre chose, parce qu’il n’y a pas le même niveau. Mais je veux avancer petit à petit. C’est clair que quand j’irai au Tour pour la première fois, je n’y irai pas avec l’objectif de gagner une étape.

- NN : Où courras-tu d’ici à la Vuelta ?

- Mikel Nieve : Je ferai la Clásica de Ordizia et celle de San Sebastián ou Getxo ou les deux. Et après la Vuelta a Burgos.

- NN : Quel sera ton objectif à la Vuelta ?

- Mikel Nieve : Travailler pour Igor, c’est sûr.

- NN : Et si tu peux, comme l’année dernière remporter une étape...

- Mikel Nieve : Ce serait parfait, mais je ne fixe pas l’objectif de gagner une étape. En ayant gagné l’étape du Giro, l’objectif de l’année est déjà atteint et maintenant l’objectif de la Vuelta est d’être le plus près possible d’Igor Anton et de l’aider en montagne.

- NN : Plus ou moins le travail que tu réalises habituellement dans l’équipe. Comment te sens-tu chez Euskaltel Euskadi ?

- Mikel Nieve : Je suis très content. J’ai réalisé ce qu’il m’ont demandé et la façon de courir me plait aussi. Au final, dans les étapes qui ne me correspondent pas bien, je peux me permettre le luxe de perdre un peu de temps parce qu’ensuite ça peut m’aider dans d’autres étapes au moment de partir en échappée, pour prendre de l’avance et pouvoir disputer la victoire. Pour l’instant, je suis enchanté. Cette année, je suis avec Igor Anton et je crois que c’est bénéfique pour nous deux. A la Vuelta je travaillerai pour lui et ensuite les jours où j’aurai carte blanche peut-être qu’on le surveillera plus à lui et moi j’aurai plus de liberté.

- NN : Après ces victoires, tu as eu des offres d’autres équipes ?

- Mikel Nieve : Non. An plus Euskaltel Euskadi est un projet de longue date. Je suis content dans l’équipe et pour l’instant il n’y a rien. Pour l’instant je ne pense qu’à bien préparer la Vuelta.

- NN : Ca a changé ta vie ? On t’arrête d’avantage dans la rue ?

- Mikel Nieve : A la ville nous sommes et les mêmes et ça n’a pas changé ma vie, même si, c’est vrai, j’ai du faire plus d’interviews et j’ai eu plus d’appels.

- NN : Une course te ferait rêver après ta victoire au Giro ?

- Mikel Nieve : Pas spécialement, toutes me font rêver. Mais, si, quand je suis arrivé à l’hôtel, j’ai parlé avec ma mère et ça a été très spécial parce que la famille est ce qui te permet de tenir chaque jour.

- NN : Leitza est un bon endroit pour l’entrainement d’un cycliste ?

- Mikel Nieve : Je crois que oui. Peut-être qu’ici il pleut plus qu’à d’autres endroits, mais moi ça me plait pour m’entrainer. Il n’y a pas beaucoup de plat, mais ce sont des routes très tranquilles. J’ai des cols tout autour et j’ai des trajets que je fais tranquillement. Oui, des fois je prends la voiture en hiver pour aller à Pamplona, mais ici je suis très bien.

- NN : C’est une bonne terre pour les grimpeur ?

- Mikel Nieve : Oui, ici il y a peu de plat, si tu montes un col... En montant Huitzi, du as du plat jusqu’à Pamplona. Et si tu montes par Sakana et que tu descends à Santesteban, depuis Elizondo tu as du plat, alors je crois qu’il y a de tout.

- NN : Inaxio Perurena, Oinatz Bengoetxea, Abel Barriola, Mikel Nieve... Que se passe-t-il à Leitza pour qu’il y ait autant de champions ?

- Mikel Nieve : Je ne sais pas, mais c’est un peu bizarre. C’est une bonne génération. Petit nous faisions beaucoup de sport et nous avons été bons. Je suppose que tout vient de là.

- NN : C’est une terre de pelotaris. Tu t’es initié à la pelote ?

- Mikel Nieve : Je ne sais pas si c’est une initiation. Ici nous avons toujours joué à la pelote, dans le quartier, à l’école... Et j’aime la pelote, pour y jouer et pour voir jouer, comme j’aime le football... J’aime quasiment tous les sports et petit je les ai quasiment tous pratiqués, mais finalement j’aimais le cyclisme et j’y réussissais mieux que dans les autres. C’est comme ça que j’ai choisi.

- NN : Tu es de la même génération qu’Oinatz Bengoetxea. Tu as une relation avec lui ?

- Mikel Nieve : Nous étions en classe ensemble. C’est un ami et, de fait, le jour où j’ai gagné l’étape du Giro il m’a félicité. Nous étions au repas organisé à Leitza au retour du Giro.

- NN : Et tu le suis ?

- Mikel Nieve : Je suis allé l’encourager dans quelques parties, et on va voir si prochainement je peux aller le voir dans une finale.

- NN : Et avec Abel Barriola ?

- Mikel Nieve : Je le connais, mais je le vois moins. C’est un gars très sympa, et ça se voit.

- NN : Et avec pas mal de malchance.

- Mikel Nieve : Oui, mais un jour ça changera. Il sera champion.

Traduit d’un article en espagnol paru sur noticiasdenavarra.com


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