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Igor Anton : "C’est un col si dur que tu luttes contre toi-même".

dimanche 22 mai 2011

Après sa belle victoire au sommet du Monte Zoncolan, Igor Anton répond à une interview où il revient sur cette victoire et sa carrière.


- El Correo (EC) : Que voit-on, qu’entend-on, que ressent-on en montant le Zoncolan en tête ?

- Igor Anton : Je n’entendais rien. J’ai déjà vécu des situations comme celle là, au Tour, mais je n’étais pas en tête. J’étais concentré. J’avais l’impression de ne pas avancer, que ça n’en finissait pas. Au final, ça a été une sensation fantastique.

- EC : Tu as gagné sans connaitre le col.

- Igor Anton : Je l’avais vu à la télévision. Il ressemble à l’Angliru. Et je savais qu’il fallait gérer la montée. Ca a été incroyable de passer devant tous les tifosi. J’ai pris beaucoup de risques avec mon attaque à 7 kilomètres. Je savais que je pouvais le payer et tout perdre. Mais j’ai parié sur la victoire.

- EC : C’est un col spécial, si dur qu’on le monte quasiment tout seul.

- Igor Anton : C’est ça. Je ne luttais pas contre les autres. Je luttais contre moi-même. Je devais rester concentré. Calculer l’écart. C’est le col le plus dur que j’ai monté. Et je devais cette victoire à l’équipe qui, lors de l’étape précédente s’était sacrifiée pour moi, et moi je n’avais pas pu m’imposer. Je savais que ce serait difficile. A l’Etna, je n’avais pas de bonnes sensations, mais hier oui. Le Zoncolan s’adapte mieux à mes caractéristiques.

- EC : Pendant une bonne partie de ton échappée, tu avais Contador et Nibali à 50 mètres. Tu te voyais perdu ?

- Igor Anton : J’ai eu un mauvais moment à 4,5 km de l’arrivée. Je savais que Contador pouvait me reprendre. Et je ne me suis pas énervé. J’ai géré. Je ne me suis pas affolé. Mais avec ça et le reste, ça a été interminable. C’est une double satisfaction. Je dédie la victoire à Euskaltel Euskadi et à ma fiancée Idoia.

- EC : Le Zoncolan est un mythe, et toi tu aimes les histoires et les temples du cyclisme. Le Mortirolo, Pantani, ton idole.

- Igor Anton : C’est pour ça que c’est la victoire la plus importante de ma carrière. Le Giro est mythique. Pantani était un mythe. Lors de mon premier Giro, j’avais visité sa tombe. C’était mon idole. Et être sur cette course est quelque chose de précieux. Un rêve chaque jour.

- EC : Tu es venu pour une étape et tu l’as maintenant.

- Igor Anton : Je voulais cette étape et je suis parti pour la gagner. Le final m’allait à la perfection. Les gens m’encourageaient, ils criaient. Les tifosi m’ont fait une haie d’honneur. Je les en remercie.

- EC : Pour la deuxième fois (la première était lors de la Vuelta a Castilla y León 2010), tu bats Contador. Qu’est-ce que ça veut représente ?

- Igor Anton : Contador est un coureur intelligent. Il court pour gagner le Giro, il pense au général. Je n’ai pas battu que lui, mais aussi des coureurs comme Nibali ou Scarponi. Ca donne plus de valeur à ma victoire.

- EC : Maintenant tu es 3e au général. Tu penses au podium ?

- Igor Anton : Je suis bien placé, et bien-sûr je lutterai pour être sur le podium. Mais lutter pour gagner le Giro est très compliqué. Le podium ? Pourquoi pas ?

- EC : Les chutes ont freiné ta progression. Tu as douté de ton talent ?

- Igor Anton : A la Vuelta 2008 je me suis cassé un os qui est proche du fémur. J’ai perdu de la musculature et j’ai eu beaucoup de mal à retrouver mon niveau. Et oui, j’ai douté. Mais 2010 a été très bon.

- EC : Dans cette étape de la Vuelta 2008, tu allais vers l’Angliru pour te mesurer à Contador. Comme maintenant.

- Igor Anton : Le Zoncolan ressemble à l’Angliru. Et je crois que ce jour là on a vu que je pouvais aussi faire quelque chose de bon, mais on ne le saura jamais. Je suis tombé et maintenant il vaut mieux ne plus penser à ça.

- EC : Et si tu n’étais pas tombé lors de la dernière Vuelta, alors que tu étais leader ? Tu aurais battu Nibali ?

- Igor Anton : Je pense que j’avais une bonne part de la course gagnée. Il restait le contre la montre de Peñafiel et des étapes de montagne, mais je me sentais fort. Avec la montagne qu’il restait, je crois que je pouvais gagner cette Vuelta, mais c’est difficile à dire maintenant. On ne saura jamais.

- EC : On t’avait vu serein après cet accident. Tu assumais ta mauvaise fortune.

- Igor Anton : J’ai appris à ne pas donner trop d’importance aux choses. Après des situations personnelles que j’ai subies dans ma vie personnelle, tu relativises le sport. Je crois que les gens qui m’entourent ont attaché plus d’importance à ça que moi. Je me rappelle qu’un voisin était venu me voir, me saluer. Il me parlait comme si quelque chose de grave s’était passé. D’autres m’ont dit qu’ils avaient pleuré. Madre Mía ! Ce soutien m’a motivé.

- EC : Qu’as-tu ressenti ? De la peine, de la colère, de l’impuissance ?

- Igor Anton : Des fois je me posais la question. Et je me disais que j’étais chanceux. Je fais ce qui me plait et les choses se passent bien pour moi. Il y a d’autres éditions de la Vuelta a España. Je suis parti satisfait de ce que j’avais fait. Je suis combatif et je ne me résigne pas, mais aussi je suis heureux comme je suis.

- EC : Après ces deux chutes, la victoire a un meilleur goût ?

- Igor Anton : Sans aucun doute. Des fois tu fais un pas en arrière et après, quand tu reviens, tu l’apprécies plus. Je crois que j’ai appris à apprécier les choses. Et quand arrive un cadeau comme celui-là, tu l’apprécies plus. Les chutes font partie du métier.

- EC : Comment t’entends-tu avec Contador ?

- Igor Anton : Bien, mais chacun fait sa course. Nous courrons pour des équipes différentes. Ici personne ne fait cadeau de rien. Contador est intelligent et il court pour arriver premier à Milan.

- EC : Où fixes-tu ton maximum ? Tu es un grimpeur pour les grands tours ?

- Igor Anton : On ne sait jamais. Chaque année est différente. Et je crois que je ne suis pas encore arrivé à mon maximum. J’ai 28 ans et, même s’il ne me reste pas beaucoup de marge de progression, je peux encore progresser. C’est ce que je veux faire.

Traduit d’un article en espagnol paru sur elcorreo.com


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