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Interview d’Haimar Zubeldia

mardi 15 avril 2008

Je sais que je n’aurai pas un palmarès très brillant, je l’assume, mais on ne s’habitue pas à ne pas gagner.


- Noticias de Gipuzkoa (NG) : Comment vas-tu ?

- Haimar : Je sors juste d’un période de repos, j’ai repris le travail. Après Paris-Nice, j’ai pris une semaine tranquille pour déconnecter un peu et me reposer, comme c’était prévu et reprendre les entraînements pour être au point pour le revenir à la compétition sur le Tour de Romandie.

- NG : Quel jugement portes-tu sur les 3 épreuves que tu as courues ?

- Haimar : Ce n’est pas bon. Mon objectif était de faire un bon Paris-Nice, mais ça ne s’est pas passé comme j’aurais voulu. A Mayorque, ça démarrait bien, mais j’ai été malade. J’ai eu une semaine de grippe à la maison, et je suis arrivé à Valence très juste, presque sans entraînement, parce que j’ai rechuté et j’ai du prendre des antibiotiques. A Valence mon rendement avait baissé et je suis arrivé à Paris-Nice pensant que ça allait revenir, mais on a vu que ça n’a pas été le cas. C’est cela qui ne me fait pas tirer un bon bilan de cette première partie.

- NG : Tu m’as surpris à Mayorque.

- Haimar : J’avais travailler plus que les autres hivers. En janvier, je m’étais bien entraîné à Benidorm avec un co-équipier (Markel Irizar). Le travail était en bonne voie et l’intention était de continuer. Jusqu’à Mayorque, tout allait bien.

- NG : Je me réfère surtout a ton attitude en course : présent sur la course, participant aux sprints, et dans l’un d’eux, tu esquives Rojas d’un saut quand il tombe…

- Haimar : A Mayorque, il n’y avait aucune étape décisive. Nous savions que ça se jouerait sur les places à l’arrivée et il fallait se mettre à l’avant. En course, il faut adopter cette attitude tant qu’on peut. Ce que je cherchais le plus, c’était une victoire d’étape. L’éqquipe a fait un bon tour. Bien commencer te donne le moral, mais la nuit du jour où ça a terminé, j’étais déjà malade et je n’ai quasiment pas dormi.

- NG : Avec quelles intentions iras-tu au Tour de Romandie ?

- Haimar : En Romandie, je serai encore un peu vert, mais au Dauphiné la forme doit être là, pas le top, mais très prêt. L’idée c’est de monter peu à peu pour être au top pour le Tour de France.

- NG : Ne crois-tu pas que l’année passe très vite ? Tu as couru 3 courses et déjà tu penses au Tour.

- Haimar : Elle passe très vite, mais quand tu es en pleine préparation, ça paraît long. Nous avons passé un bon bout de la saison, mais d’ici au Tour, ça fait long, et après aussi ça fait long jusqu’en octobre.

- NG : Tu courra la Vuelta ?

- Haimar : Je ne sais pas. J’ai planifié uniquement jusqu’au Tour, après nous verrons.

- NG : Igor Gonzalez de Galdeano a toujours parlé de chercher un Haimar plus combatif. Tu te vois comme ça dans le Tour ?

- Haimar : Il voulait utiliser mes atouts d’une autre manière et dans le dernier Tour on a tiré pas mal de fruit de cela. Il faut continuer sur cette ligne.

- NG : C’est difficile de changer ainsi ?

- Haimar : Oui, parce que tu as l’habitude de courir d’une manière, mais on te pose d’autres objectifs et on te demande d’affronter les course d’une autre manière. Avant aussi j’avais récolté des fruits.

- NG : Tu l’as dit souvent, ta dernière victoire remonte à longtemps. Tu resents la nécessité de gagner ?

- Haimar : Tous les ans j’ai la nécessité de gagner, mais je suis un coureur vétéran déjà et je sais que je n’aurai pas un palmarès très brillant. Ma carrière a été sous une autre forme. J’ai pris de bonnes place dans de grandes courses, mais beaucoup de victoires m’ont échappé. C’est quelque chose que je dois assumer, mais ce n’est pas pour autant que je vais cesser d’essayer.

- NG : On s’habitue à ne pas gagner ?

- Haimar : Non. S’habituer, non. Quand tu es en course et que tu vois la possibilité de gagner, tu essaies. Tu ne te contente pas de bien suivre.

- NG : Le classement général a toujours primé.

- Haimar : Sur une étape, tu penses à deux choses : d’un côté le général et de l’autre l’étape, mais des fois, le général prime. Ce changement dont nous avons parlé me fait parfois plus viser l’étape que le général.

- NG : Quand tu regardes derrière toi, que vois-tu ? Que tu as fait tout ce que tu pouvais, que tu t’es trompé quelque part…

- Haimar : Toujours, quand un coureur regarde son passé, c’est sûr qu’il pense qu’il aurait pu obtenir plus de choses, que dans une étape il aurait pu agir autrement, ou quand il était bien et en possibilité d’aller sur une autre course, il prenait du repos. C’est sûr que j’aurais pu faire les choses mieux, mais de ça aussi il faut tirer les aspects positifs. Il y a toujours moyen de mieux faire, mais sur le moment tu fais ce qui te semble être le mieux.

- NG : Tu vis tes meilleurs moments ?

- Haimar : Je crois que oui. Psychologiquement je me vois plus mûr qu’il y a 3 ou 5 ans. A chaque moment, je sais mieux ce qu’il faut faire. Physiquement, je n’ai pas noté que mon rendement ait baissé. Peut-être que je n’ai plus l’étincelle d’avant, mais je n’ai jamais été un coureur très nerveux. Comme coureur, oui, je me vois dans mon meilleur moment, parce que je sais ce que je veux et je sais mieux envisager les courses.

- NG : En course, tu as toujours montré une grande maturité et de la sérénité, mais maintenant peut-être sais-tu mieux lire les courses.

- Haimar : C’est ça. C’est quelque chose qui s’apprend avec les années. L’âge influe beaucoup et maintenant je vois que les jeunes commettent les erreurs que je commettais.

- NG : Il te manque un peu de nervosité et ça pourrait te rendre plus médiatique ?

- Haimar : Oui. Peut-être que ça m’enlèverait ma régularité, mais c’est sûr que d’être plus rapide m’aurait aidé à obtenir quelques victoires supplémentaires.

- NG : Comment vois-tu le fait que Evans, Cunego, Schleck…, des hommes que l’on attend à l’avant sur le Tour, soient déjà à un si bon niveau ?

- Haimar : C’est impossible d’être bien toute une saison. Quand je serai bien, ils resentiront la même chose. Là, j’avais une période tranquille et j’ai suivi les courses à la télé. Oui, j’aimerais être là-bas, mais je sais que ma route n’est pas celle-là.

- NG : Le rendement de Evans te surprend, lui qui a bien terminé 2007 en Lombardie et qui continue cette année ?

- Haimar : Oui, ça me surprend, parce qu’en 2007 il a été à l’avant toute l’année, et ce n’est pas facile. Et cette année il surprend encore plus. Il a belle allure.

- NG : On est encore loin, mais le vois-tu comme un grand favori du Tour ?

- Haimar : On est encore loin, mais c’est sûr qu’il sera devant. Il l’a montré en 2007.

- NG : Tu sais quelque chose du tracé du Tour ?

- Haimar : Je l’ai regardé lors de la présentation. De temps en temps, j’y jette un coup d’oeil à la maison, mais pas régulièrement, je ne suis pas de ceux qui ne pensent qu’à ça.

- NG : Que penses-tu du fait que Samuel Sanchez se soit centré sur le Tour ?

- Haimar : C’est très bien. Samuel sera, c’est quasiment sûr, aux Jeux Olympiques. La meilleure préparation, c’est de courir le Tour, et en plus, il peut en tirer un grand profit. Plus qu’une expérimentation, je le vois comme un changement logique.

- NG : Tu ressens aussi la nécessité de changement au cours de tes saisons ?

- Haimar : Cette année on essaie ça, parce que je n’avais jamais démarré la saison si fort, mais je suis mal parti. Le corps aime bien ces stimulations différentes, parce que sinon, il s’habitue à faire toujours la même chose et il s’en accomode. Et il faut adapter les objectifs à ces stimulations. Par exemple, je n’ai jamais couru l’Amstel ou Liège, et c’est quelque chose que j’aimerais.

- NG : A un moment, t’es-tu senti à l’aise ?

- Haimar : Oui, cette année, quand il m’ont demandé de démarrer fort, ça m’a paru bien. C’était une idée qui me tournait dans la tête la saison dernière, parce que souvent c’est pénible de courir avec le frein à main. D’autres fois, j’allais très tranquille à la Vuelta al Pais Vasco, et là aussi c’est dur de voir tes co-équipiers qui ont un tout autre niveau.

- NG : Que te fais le fait qu’Alberto Contador ne puisse pas aller au Tour ?

- Haimar : Dès le début, j’ai trouvé injuste. Chaque partie aura sa version et le Tour fait ce qu’il veut, mais en tant que coureur, ça me semble injuste. Moi, j’aimerais que tous les coureurs puissent être sur le Tour, mais son équipe, qui a changé cette année, semble devoir payer ce qui s’est passé l’an dernier. C’est étonnant, surtout quand avec d’autres équipe on n’a pas fait cela.

- NG : Tu lis la presse régulièrement ?

- Haimar : Non. Une fois, un amis qui est journaliste me l’a conseillé, mais en fait je n’achète pas de périodiques et je ne vais pas beaucoup sur Internet. Je ne suis pas suspendu à ce que vous écrivez.

- NG : Heureusement que tous ne font pas la même chose, sinon, on devrait arrêter...

- Haimar : (rires). C’est que souvent, si tu lis des critiques à ton sujet, ça ne te fait pas de bien, alors que si tu ne les lis pas, tu es plus tranquille. Avec les années, on s’habitue aux critiques, mais si tu restes loin d’elles, c’est mieux.

- NG : Tu as eu tant de critiques ?

- Haimar : Il y a eu une époque. J’ai aussi reçu des louanges, mais on préfère toujours qu’on dise du bien de soi plutôt que du mal.

- NG : Et tu n’es pas plus intéressé par des nouvelles de la guerre entre l’UCI et le Tour...

- Haimar : Il vaut mieux qu’on parle des courses, mais je comprends aussi que, malheureusement, ils vendent beaucoup d’autres choses. Dans le monde, les bonnes choses sont rarement des informations.

- NG : Où te vois-tu dans 5 ans ?

- Haimar : Difficile réponse. Dans le cyclisme, ça me semble difficile, mais je ne sais pas où je serai. Parfois, je m’imagine profitant de plus de temps libre pour moi et pour ma famille. Je ne sais pas où je serai.

- NG : Tu te vois en dehors du cyclisme ?

- Haimar : Oui. Comme coureur, tu dois renoncer à beaucoup de choses, et je suppose que j’essaierai de profiter des choses, comme une personne normale.

- NG : Tu vas avoir une fille dans un mois. Tu aimerais qu’elle soit cycliste ?

- Haimar : Non. Je vois les filles qu’il y a ici, elle doivent se sacrifier presque autant que nous et ne peuvent pas en vivre, ça me fait de la peine. Ce n’est pas être machiste, mais juste ne pas vouloir ça pour sa fille. Mais elle le souhaitait, je l’aiderais pour qu’elle devienne cycliste.

Interview parue en espagnol sur noticiasdegipuzkoa.com


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