Fan-club officiel de l’équipe Euskaltel-Euskadi

Fan-club officiel de l’équipe Euskaltel-Euskadi

Partager...

Accueil du site > Les infos de l’équipe > Archives 2008 > Interviews et infos diverses > Interview de Juanjo Oroz

Interview de Juanjo Oroz

mardi 15 avril 2008

Courir ces classiques devrait être obligatoire pour un cycliste. Ce que tu vis ici, tu ne le vis nulle part ailleurs.


- Diario de Noticias (DN) : Paris-Roubaix : tout le monde n’arrive pas aubout lors de sa première participation.

- Juanjo : Oui. En fait, quand tu termines la course, tu te rends compte que tout ce qu’on t’avait dit est vrai, cette course est très dure. Tu croyais t’être préparé pour le pire, mais quand tu y es, tu te rends compte que c’est encore pire que ce que tu avais imaginé.

- DN : Avec le nombre très élevé d’abandons, tu n’a jamais pensé "mais qu’est-ce que je fais ici" ?

- Juanjo : Si. J’y ai pensé dans Erenberg. Jusque là j’avais des forces, et je pensais m’accrocher avec les meilleurs, mais quand on a passé Arenberg, je me disais "Madre mia qu’est-ce que c’est ça". J’étais à plat avant d’arriver sur les pavés.

- DN : Quoique ça coûte, il faut le vivre pour savoir à quel point c’est dur.

- Juanjo : Oui, il faut le vivre. Dans les derniers 40km, chaque zone pavée était un supplice. J’avais tellement mal dans les mains et les poignets que je ne pouvais plus detir le guidon. Et ça, je ne l’avais jamais vécu.

- DN : Maintenant, ton corps est complètement endolori.

- Juanjo : Ce qui me fait le plus mal, ce sont les doigts. Quand je suis déscendu de l’avion à l’aéroport, je ne pouvait même pas prendre ma valise. Ca parait exagéré, mais c’est ainsi.

- DN : En partant, ton objectif était d’aller jusqu’au bout ?

- Juanjo : Je savais que j’étais bien, mais j’étais réaliste. C’était une course nouvelle pour moi, complètement inconnue. En plus, les premiers tronçons pavés que j’avais passés c’était au Tour des Flandres et ils sont très différents. Je ne m’étais pas fixé d’objectif particulier sur cette course : j’y allais pour découvrir et constater où me laisserait le pavé.

- DN : Ca vaut la peine de disputer une course comme Paris-Roubaix ?

- Juanjo : Oui. Il faut la connaître. C’est sûr que la semaine que nous avons passée dans l’équipe, pendant ces classqiues, restera inoubliable pour tous. Mais une chose est de participer et une autre est de te fixer un objectif. Moi, Paris-Roubaix, ça m’a plu, mais ça m’a semblé trop, ça a été particulièrement dur. Celui qui est habitué à ce genre de course les passe mieux, mais pour nous, c’est très inhabituel.

- DN : Maintenant tu connais la course. Une fois et pas plus ?

- Juanjo : Au Tour des Flandres, j’aimerais y retourner, parce que j’étais bien et ça m’a plu, mais Roubaix... J’ai plus de doutes (rires).

- DN : Seulement 2 coureurs de l’équipe terminent.

- Juanjo : C’est une course où tout te tombe dessus. Pour la finir, tu dois passer un tas d’obstacles : casse matérielle, chutes...

- DN : Quand cette épreuve a été ajoutée à ton calendrier, comment tu l’as vécu : l’idée te plaisiat ?

- Juanjo : En réalité, j’avais assez peur de toute cette semaine. Je me disais "voyons comment je vais sortir de là", parce que ce son des courses très dangereuses, où ça va très vite, et l’expérience est très importante. Oui, j’avais envie d’y aller, parce qu’au fond, ce sont les meilleures courses, mais en même temps, ça m’inquiétait.

- DN : Quand on approchait du Grand Prix Miguel Indurain, tu regrettais de ne pas le courir.

- Juanjo : C’est que étant bien, tu as l’espoir de te déttacher dans une épreuve à domicile, mais courir ces classiques devrait être obligatoire pour un cycliste, parce que ce qui se vit là-bas ne se vit nulle part ailleurs.

- DN : Tu as eu la chance de ne subir aucun pépin.

- Juanjo : J’ai réussi à éviter tous les problèmes, sauf quand on a croisé un train et qu’il a fallu attendre devant la voie.

- DN : Vous étiez spéciallement préparés pour le pavé ?

- Juanjo : Oui. Nous avions doublé le ruban sur le guidon, des roues et des tubes plus larges et pas mal dégonfflés pour amortir les pavés, je m’étais protégé les poignets parce qu’il me font souvent souffrir et le petit plateau que nous avons monté était plus grand que la normale.

- DN : Les spécialistes des classiques vont à une autre vitesse.

- Juanjo : A tout moment, ils savent où ils doivent être et ils ont beaucoup de gaz. Ce sont d’authentiques rouleurs. Quand tu vois Cancellara et Boonen sur les pavés, tu te chies dessus... Ils ont fait, après la course, des résumés à la télé, j’ai vu comment ils roulaient à 10km de l’arrivée et je disais : "ceux-là ne sont pas passés au même endroit que moi" (rires).

- DN : Ca doit être impressionnant le public nombreux présent et comment il vit la course.

- Juanjo : Et aussi sur le Tour de Flandres. Ca te donne la chair de poule.

- DN : Quelle image tu garderas de Paris-Roubaix ?

- Juanjo : Arenberg. Dans les tronçons pavés précédents, j’étais en tête et assez bien. "Putain que je vais bien..." je me disais. Puis est arrivé Arenberg et j’ai halluciné. J’allais à gauche pour rouler dans l’herbe et j’étais mal. J’allais au centre et c’était pire. Je ne connaissais pas et c’était impressionant à quel point c’est dur.

- DN : Le moment où tu entres dans le vélodrome aussi doit être spécial.

- Juanjo : Aussi, mais comme j’avais les bras qui ne pouvaient plus tenir le guidon, j’avais une de ces envie de passer la ligne...

- DN : Tu as aussi découvert les douches mythiques avec les noms des vainqueurs.

- Juanjo : Il parait qu’il y a une ambiance très spéciale, mais nous nous sommes douchés dans le bus parce que nous devions vite prendre l’avion pour rentrer chez nous.

- DN : Maintenant, ça va être le repos bien mérité.

- Juanjo : Oui, mais il ne sera pas très long, parce que la semaine prochaine je courrai les trois autres classqiues : Amstel Gold Race, Flèche Wallonne et Liège Bastogne Liège et après le Tour de Romandie. On verra si je suis bien et si je peux faire quelque chose. Ensuite, je me reposerai un peu plus.

Interview parue en espagnol sur diariodenoticias.com


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | Site web réalisé par webmaster-peloton.com