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Samuel Sanchez : "Si j’ai la santé, je sais que je me battrai et que je gagnerai une grosse course"

samedi 5 février 2011

Samuel Sanchez fête ses 33 ans aujourd’hui. Pas question de retraite, mais de podium du Tour, de gagner la Vuelta ou le Mondial. Interview.


- Noticias de Gipuzkoa (NG) : Quels souvenirs gardes-tu de tes débuts dans l’équipe en 2000 ?

- Samuel Sanchez : Il y en a beaucoup. Ces jours-ci où nous étions à San Sebastian, encore plus, parce la présentation cette année là était au Kursaal, et je me souviens que nous avions une nouvelle tenue et une nouvelle couleur : le orange. A 21 ans, tout était nouveau pour moi et je réalisais un rêve. Ca a aussi été une année très dure parce que j’ai du endurer la mort de ma mère, aussi, j’ai eu de tout : de la joie, beaucoup de tristesse qui a failli me faire abandonner le vélo.

- NG : Tu imaginais une trajectoire comme celle qui tu as eue ?

- Samuel Sanchez : Pas du tout. Si Miguel et son fils Mikel (Madariaga) ne m’avaient pas donné cette chance, je ne serais pas là. Si j’ai cette trajectoire, c’est résultat du travail, de l’entêtement et parce que je crois en moi. J’ai reçu l’aide de l’équipe, mais le reste, c’est le coureur qui le fait.

- NG : A tes débuts, tu pensais que l’équipe arriverait là où elle est ?

- Samuel Sanchez : Oui, parce que quand je suis arrivé, j’ai vu tout le processus de l’invitation au Tour, le premier Tour, la victoire de Roberto Laiseka à la Vuelta, l’équipe qui grandissait et les supporters toujours plus nombreux. Ce que peut-être nous n’imaginions pas, c’est que nous serions capables d’être sur le podium de la Vuelta, d’être tout près de la gagner, d’être 4e aux Championnats du Monde, d’être second et troisième du ProTour, de gagner une épreuve de la Coupe du Monde (Zurich), d’être trois fois sur le podium d’un monument du cyclisme (Lombardie)... Ca je ne l’imaginais pas et ce qui est beau dans mon idylle avec l’équipe : que j’ai grandi avec l’équipe et qu’elle a grandi avec moi.

- NG : L’équipe fête ses 18 ans et elle le fait à son meilleur moment sportif.

- Samuel Sanchez : Ca je pourrai le dire à la fin de la saison. Aujourd’hui, ce serait faire une petite ébauche de ce que peut être la saison, mais le cyclisme est un sport imprévisible, plein d’aléas. Nous pouvons jouer de malchance ou avoir plus de blessures qu’à la normale et que les choses se passent mal. A priori c’est une année qui s’annonce bonne, mais il faut être prudent et voir les choses à court terme, course après course.

- NG : Ce qui est sûr, c’est que vous avez tout ce qu’il faut...

- Samuel Sanchez : On a ce qu’il faut. Nous pouvons parler avec une certaine assurance parce que déjà des choses ont été réalisées, et la base de l’équipe est la même, même s’il manque Beñat Intxausti, qui nous manquera beaucoup. Nous pensons tous qu’il n’y a pas de raison de ne pas réaliser une aussi bonne année qu’en 2010, mais le cyclisme est très compliqué et c’est pour cela que je demande toujours de la prudence à tous : à la presse, à Igor, à moi-même... Chaque année est différente, et nous avons tous un an de plus. Le coureur doit se penser qu’il a un an de plus, et que les choses sont à chaque fois plus difficiles, et digérer cela est un peu difficile. Pour toutes ces raison, tranquillité.

- NG : Tu es conscient que tu as un an de plus, tu y penses ?

- Samuel Sanchez : Pas encore, parce que jusqu’au samedi 5 février (aujourd’hui) je n’ai pas encore 33 ans (l’interview a été réalisée mercredi). Chaque année, je suis conscient qu’il me tombe dessus une année de plus, en même temps c’est plus d’expérience et c’est énorme dans ce sport. Le savoir-faire de chaque année m’amène à m’améliorer un peu plus, aussi je suis fier d’avoir un certain nombre d’année en tant que cycliste.

- NG : Parce qu’année après année, tu t’améliores...

- Samuel Sanchez : C’est pour ça. J’espère continuer à monter peu à peu, même si le défi est énorme et continuer comme ça serait déjà bien.

- NG : Certains coureurs en devenant papa affirment qu’il leur est difficile de laisser les enfants à la maison pour aller s’entraîner.

- Samuel Sanchez : Moi, je le vis bien. Les enfants en profitent, et le petit est fan de son père. Il aime le vélo et il a déjà un vrai vélo à seulement 3 ans. Le laisser à la maison ? Je l’assume, mais eux non. D’abord, c’est toi qui leur manque, et maintenant c’est eux qui me manquent. C’est un peu bizarre, parce que maintenant que je suis parti deux semaines de la maison, il ne veut plus me parler au téléphone. Je crois qu’il se protège et, quand je m’en vais, il se fâche et ne me parle plus. Malgré cela, toute la journée, il demande de mes nouvelles à sa mère.

- NG : Tu as toujours refusé d’autres offres et tu es resté en orange. Que t’apporte Euskaltel Euskadi ?

- Samuel Sanchez : Surtout l’union que j’y ressents. La couleur orange est ma seconde peau. Depuis que j’ai revêtu la couleur orange, ma vie a changé. C’est la couleur de mon premier maillot professionnel et j’espère que ce sera le dernier. J’ai toujours dit que je ne le changerais que pour le maillot de Champion du Monde ou de Champion Olympique, qui est celui que je porte actuellement. Mais j’aimerais gagner un Mondial et courir un an avec le maillot arc-en-ciel, mais avec écrit Euskaltel-Euskadi. Cette équipe me donne l’équilibre mental pour être bien et aller travailler tous les jours facilement. Le projet économico-sportif proposé par Euskaltel Euskadi a toujours été le meilleur que j’ai eu sur la table.

- NG : Tu penses à ce que serait la vie dans une autre formation ?

- Samuel Sanchez : Je ne veux pas y penser, parce que je ne l’imagine pas. Si, il y a eu un moment l’année dernière où j’ai du l’imaginer à grand peine, parce que nous ne savions pas ce qu’allait devenir l’équipe. Nous avons appris par la presse que ni Miguel ni Igor ne savaient s’ils arriveraient à garder tous les coureurs et j’avais du mal à me faire à l’idée de porter un autre maillot, à avoir d’autres co-équipiers, une autre philosophie, de ne pas être avec mon entourage, parce que c’est ma famille ici, Tomas (Amezaga) par exemple, le mécanicien, qui m’a hébergé chez lui dès ma première année en amateurs, et il est comme mon grand frère, il a vécu toutes mes victoires, mes dégoûts, mes blessures... Il y a Miguel qui m’a vu grandir depuis amateur... Ce serait difficile pour moi de ne pas être avec eux et de ne pas pouvoir parler avec eux. Quand l’équipe a reçu le feu vert, nous nous sommes mis d’accord très vite.

- NG : Tu ne t’es jamais vu plus dehors que dans Euskaltel Euskadi ?

- Samuel Sanchez : Non, non, non, non ! Je ne me suis vu dehors que quand nous vivions cette incertitude de savoir si l’équipe allait continuer dans des conditions où elle pourrait garder la majorité de ses coureurs.

- NG : Et maintenant, qu’attends-tu de 2011 ?

- Samuel Sanchez : On me dira que je me répète ou que je demande peu de chose, mais je demande toujours la santé. Je sais ce que c’est que de subir une blessure, et pour un sportif pour qui la profession dépend de son corps, avoir une blessure, c’est se prendre la tête, ne pas voir la sortie du tunnel, perdre du temps, vouloir courir pour récupérer et finalement c’est pire, ne pas être tranquille, mal se reposer... Si j’ai la santé, j’espère maintenir mon niveau de ces dernières années, c’est à dire, savoir à quelles courses je vais, alors je pourrai me battre avec les meilleurs, et je gagnerai. Et une grosse course. Pour cela, j’espère être dans la bataille du Tour, de la Vuelta al Pais Vasco, en Lombardie que j’aime beaucoup, comme au Québec ou à Montréal où je suis allé en 2010.

- NG : On dirait que ta saison ne sera pas très différente de la précédente.

- Samuel Sanchez : Non. Jusqu’au Tour, elle est à peu près définie : on démarre en Andalousie, puis Paris-Nice, la Volta a Catalunya, le Critérium International, la Vuelta al Pais Vasco et pour les classiques, on verra. Après je préparerai le Tour avec le Dauphiné ou le Tour de Suisse et les Championats d’Espagne. A partir de là, nous verrons ce que nous ferons.

- NG : Le premier objectif sera le Pays Basque, même si avant il y a Paris-Nice.

- Samuel Sanchez : Oui. A Paris-Nice il faut être bien, mais au Pays Basque je veux être encore mieux, parce que c’est une course qui me réussit bien, sur laquelle j’ai gagné 4 étapes et je suis monté 3 fois sur le podium, mais jamais ne vient l’heure de la gagner.

- NG : Quelle note te mets-tu pour ta saison 2010 ?

- Samuel Sanchez : 8/10. Un gros 8/10. J’ai donné tout ce que j’avais, j’ai fait du mieux possible, surtout au Tour où je suis descendu du podium au contre la montre, où Denis était supérieur. J’ai eu des défaillances à des moments clé, comme la première étape de la Vuelta al Pais Vasco, et au Tour j’ai eu un coup de malchance. Je n’ai rien à me repprocher, parce que j’étais dans la bataille sur les meilleures courses et en fin de saison, j’étais bien : au Canada, en Lombardie... Au Mondial j’ai peut être failli un peu. Comme toute l’équipe (sourire).

- NG : La première étape de la Vuelta al Pais Vasco, le podium du Tour, l’étape que t’a chipé Schleck... Tu regrette de voir comment tu es passé près d’une excellente saison ?

- Samuel Sanchez : Je savais qu’il ma manquait quelque chose ! L’étape de Schleck ! Avec ça et le podium final, l’année aurait été parfaite. Mais il faut laisser des choses pour les autres années, et on verra si c’est pour celle qui vient ! (rires)

- NG : Sur 100 arrivées au sprint, Schleck te battra sur une seule. Ca te pèse encore cette arrivée à Morzine-Avoriaz ?

- Samuel Sanchez : Beaucoup... Beaucoup ! Je le revois encore et je me dis que je vais gagner, et finalement je perds. C’est un excès de confiance, j’accélérais, je ne voulais pas que ça revienne de l’arrière, je voulais la jouer avec lui, je connaissais le col, mais pas l’arrivée et je me suis précipité. Mais on apprend des erreurs et il faut en retirer le côté positif, qui est de savoir ce qu’il ne faut pas faire.

- NG : En 2010, tu es parti au Tour en pensant à gagner une étape et à être le plus haut possible au général. Maintenant Igor parle de podium...

- Samuel Sanchez : C’est compliqué, et Igor le sait. Ca nous remplit tous la bouche et nous faisons des déclarations rapidement disant qu’on aspire au plus haut. Il faut avancer avec calme, comme en 2010, où nous partions calmement pour améliorer ce que nous avions fait en 2008. En 2011 j’essaierai d’améliorer ce que j’ai fait en 2010, puisque c’est le podium et l’étape. Le Tour te met à ta place, mais j’espère au moins me battre.

- NG : Aujourd’hui, il semble que Contador et Menchov, premier et troisième à Paris, ne le courront pas... Tu fais les comptes ?

- Samuel Sanchez : Pas du tout. Ca ne me parle pas du tout. Si eux n’y sont pas, il y en aura d’autres, comme Vinokourov, Basso, Evans, Wiggins, les deux Schleck, Luis León, Gesink, un Movistar comme Tondo… J’y serai aussi, mais nous sommes très nombreux ! (rires).

- NG : Dans les derniers mois, on t’a beaucoup parlé de Contador déjà...

- Samuel Sanchez : Je suis sincère et franc et je réponds la même chose : je ne veux pas qu’on le sanctionne. Alberto est un coureur qui écrit l’histoire, le meilleur du monde sur les courses de 3 semaines, et, comme l’a dit Eusebio Unzue, je ne veux pas qu’il soit commis une injustice avec Alberto. Je crois qu’il a très bien argumenté son recours et il faut être patient. On ne peut pas lui faire un jugement parallèle comme on l’a fait, parce que c’est le pire qu’on puisse faire à un sportif. Le cyclisme est un des rares sports où on te fait un jugement parallèle et où on te lapide. Si, comme il le semble, Contador va au TAS, on verra ce qui se passe. Si ils ne le sanctionnent pas, ce sera mieux. Et s’ils le font, je n’aimerais pas être troisième du Tour de cette manière. Moi, ce que j’aurais voulu, c’est avoir à la maison la photo du podium de Paris à côté d’Alberto et d’Andy. Je suis comme Andy qui n’aimerais pas avoir gagné le Tour comme cela.

- NG : Le cas Contador reflète les problèmes du cyclisme ? On parle de la plus grande figure, du plus grand représentant du "nouveau cyclisme", d’une substance qui n’est pas l’EPO ni la transfusion, d’une quantité infime qui, semble-t-il, n’améliore pas le rendement... Peut-être que dans d’autres sports un cas similaire aurait été traité autrement.

- Samuel Sanchez : Je ne sais pas. Dans le cyclisme il se passe beaucoup de choses : d’abord on te condamne et après, si tu prouves que tu es innocent, on t’absout, mais le mal est fait à ton image et il est irréparable. Je ne sais pas pourquoi ici des infos filtrent et la presse ou l’opinion publique est au courant avant même le coureur. Oui, j’aimerais qu’il y ait un certain hermétisme, et que tant qu’un procès avec son verdict final n’est pas terminé, rien ne filtre, parce que le mal qu’on peut faire à une personne est terrible. Il faut être dans sa peau pour le vivre, et dans ce sens j’admire Alberto, pour la force de caractère dont il fait preuve, parce que je sais la motivation qu’il a en s’entrainant et s’il devait courir maintenant, je suis convaincu qu’il gagnerait la première course. Un autre coureur comme lui, qui s’entraine tous les jours et qui va comme un avion, c’est Alejandro (Valverde). Il est motivé et il s’entraine beaucoup pour son retour, et quand il reviendra, il sera à nouveau le numéro 1, comme il l’a dit lui-même (sourire).

- NG : Quels rêves te reste-t-il encore en tant que coureur cycliste ?

- Samuel Sanchez : Enormément. Tous. Je te parle d’Alberto qui a gagné le Tour, la Vuelta et le Giro, et si je te dis que moi je n’ai plus de rêves... J’aimerais gagner une Vuelta a España, je sais que je peux la gagner parce que j’en ai pris la mesure. Monter sur le podium du Tour, je ne dis pas le gagner parce que c’est très difficile. Gagner un Mondial et être sur le podium du Giro, ou au moins gagner une étape. Avoir une étape dans chaque grand tour, ce serait bien.

- NG : Tu dis gagner la Vuelta, mais cette année, il est très probable que tu ne la courre pas...

- Samuel Sanchez : Je ne sais pas. Je ne peux pas dire que je ne vais pas la courir, mais le Tour est le Tour et je vais me centrer sur lui. Après en fonction de comment on le termine, nous déciderons si nous faisons la Vuelta.

- NG : C’est une Vuelta qui passe par Euskadi...

- Samuel Sanchez : C’est ce qui me motive, il y a de très belles étapes, des kilomètres contre la montre... La vuelta est ma course, j’ai été sur le podium deux fois et j’y ai gagné 5 étapes. Que puis-je demander de plus ? Seulement la gagner.

- NG : Tu penses revenir au Giro un jour ?

- Samuel Sanchez : Je crois, oui. Peut-être l’année prochaine, parce que c’est une belle année. Le Mondial sera dur, et si tu fais le Giro et la Vuelta, tu as le temps de récupérer entre les deux et après tu fais le Mondial à fond. Si, comme il semble, le parcours des JO est plat, parce que c’est Londres et qu’il y a Cavendish, je pourrais faire le Giro et après me centrer sur la Vuelta et le Mondial. Mais c’est quelque chose dont je parle avec toi pour parler, parce que d’abord je veux penser à cette année pour laquelle je suis très motivé, et pour la suivante, Dieu dira.

Traduit d’un article en espagnol paru sur noticiasdegipuzkoa.com


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