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Igor Gonzalez de Galdeano : "Maintenant il y a un style Euskaltel"

mercredi 26 janvier 2011

Le manager de l’équipe Euskaltel Euskadi débute sa 6e saison dans l’équipe basque avec le plus gros défi de son histoire : le podium du Tour et la victoire de la Vuelta.


- Deia : Tu t’attendais à vivre ce moment doux à la tête d’Euskaltel Euskadi ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : Ce qu’il y a c’est que ça arrive par vague. En ce moment nous sommes dans un bon moment, sur la vague, mais si tu regardes derrière, il n’y a pas si longtemps nous sommes passé par des épisodes difficiles. Il faut vivre les moments. Je sais que le sport est ainsi, les choses ne se passent pas toujours de la même manière.

- Deia : L’année dernière a été parfaite.

- Igor Gonzalez de Galdeano : C’est un des secrets. On a fait une planification qui a marché à fond. A chaque pas que nous faisions, nous avions un résultat. Nous avons eu de la chance, parce que même s’il est vrai qu’il faut aller chercher les victoires, ça ne marche pas toujours.

- Deia : Tu as peur des coups quand les choses vont moins bien ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : Je n’en ai pas peur, mais je m’y attends.

- Deia : C’est celle là la meilleure équipe que tu ais eu au cours des 6 saisons ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : Je ne sais pas si c’est l’équipe la plus forte, mais c’est la plus unie. Je vois plus de complicité entre les coureurs. Chacun a pris sa place et a été capable de s’y exprimer avec fermeté. Samuel (Sanchez) et Igor (Anton) sont des leaders qui ont su créer un groupe sans être trop indépendants. A la Vuelta, par exemple, les gens doutaient du fait qu’Euskaltel puisse, le moment venu, protéger Igor. Et il est possible que ceux qui disaient que ce n’était pas l’équipe la plus forte avaient raison, mais c’était celle qui y croyait le plus et qui était la plus unie.

- Deia : Qu’est-ce qui est le plus important, la force individuelle des coureurs ou leur union ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : L’équipe. Dans cette équipe il y a eu des coureurs très forts, mais très indépendants.

- Deia : Tu as appris a apprécier ça à la Once ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : La Once ne cherchait pas du tout l’individualité, mais le bloc. Là-bas j’ai compris qu’il y a plusieurs niveau de victoires et que les meilleures sont celles qui appartiennent un peu à tout le monde.

- Deia : 17 victoire en 2010, plus que jamais avant. La liste est énorme.

- Igor Gonzalez de Galdeano : Peut-être que le nombre de victoires sera très compliqué à égaler parce qu’Euskaltel n’est pas une équipe qui gagne. Mais par contre, cette année, nous nous fixons d’autres buts historiques comme lutter pour gagner la Vuelta, objectif réel et faisable, ou, pourquoi ne pas en rêver, monter sur le podium du Tour.

- Deia : Il y a peu, une année ou deux, parler du podium du Tour était un sujet tabou chez Euskaltel, tu l’as dit, parce que ce rêve avait fait beaucoup de mal à l’équipe.

- Igor Gonzalez de Galdeano : Alors, il était impossible de penser au Tour comme cela. Et c’est vrai que ça a fait du mal à l’équipe.

- Deia : Qu’est-ce qui a changé pour maintenant penser à gagner la Vuelta et monter sur le podium à Paris ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : J’ai toujours pensé qu’Igor était un coureur du présent et de l’avenir pour cette équipe et pour le cyclisme basque. C’est un coureur spécial qui, c’est sûr, a eu besoin de temps. Mais il a toujours eu les qualités et je les ai vues dès le premier jour. Maintenant je suis convaincu qu’il peut gagner la Vuelta. D’un autre côté, je dois être sincère : Samuel m’a surpris pour ses qualités d’adaptation. Le Tour était une course qui ne lui plaisait pas, mais il s’est adapté de telle sorte que maintenant il me semble capable de quelque chose.

- Deia : Tu n’as pas peur de parler d’objectifs si élevés ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : Non. Moi, je n’aurais pas été surpris que Samuel batte Andy Schleck sur le Tour, mais être si près du podium que ce qu’il a été... J’ai couru le Tour et je sais ce que c’est. Samuel s’est bien mieux adapté que ce que je pensais. C’est grâce à sa volonté de fer. Je peux dire que je ne croyais pas qu’il irait si loin, mais lui me disait qu’il se sentait capable de le faire, d’y croire, d’avoir confiance. Et regarde. Cette année, aussi têtu, il ira tout là-haut.

- Deia : Ces deux objectifs sont les plus ambitieux de l’histoire d’Euskaltel.

- Igor Gonzalez de Galdeano : Et c’est une responsabilité qui peut être pesante parfois. Aussi je dis aux coureurs que ce serait une terrible erreur que d’oublier que c’est en travaillant qu’on obtient les choses.

- Deia : Peut-il arriver que l’équipe arrive en mai sans victoire ou avec moins que prévu et que la bonne ambiance disparaisse comme c’est déjà arrivé par le passé ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : Non, je ne crois pas.

- Deia : Tu es si sûr que ça ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : Oui parce que cette équipe doit être celle de Samuel dans une course comme la Vuelta al Pais Vasco. Il doit la gagner et il est prêt mentalement. Ce n’est pas facile, mais si nous y arrivons, avec ça nous aurions réussi notre printemps.

- Deia : En mai, Euskaltel revient au Giro.

- Igor Gonzalez de Galdeano : Pour nous cela suppose un effort supérieur à celui d’autres équipes parce que nous n’avons pas le potentiel que d’autres peuvent avoir.

- Deia : Aspirer au podium du Tour et à gagner la Vuelta, mais assumer que l’équipe n’a pas le potentiel pour courir le Giro, ce n’est pas contradictoire ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : Ca nous demande un très gros effort et pour cette raison, nous avions décidé ces dernières années de ne pas courir le Giro. Mais peut-être est-ce la première année où nous sommes prêts à faire un calendrier si chargé, parce que nous avons Igor en position de courir les grands tours. Et avec lui Mikel Nieve qu’il faudra épauler pour ne pas que lui pèse la pression quand il sera annoncé comme favori au départ d’une étape de montagne. Le point de départ est très différent des autres fois. Nous ne partons pas pour voir si nous gagnons une étape, même si ça reste l’objectif puisque nous n’en avons encore jamais gagné.

- Deia : Anton peut le gagner ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : Même penser qu’il puisse monter sur le podium est une erreur. D’abord parce qu’il ne l’a couru qu’une seule fois (en 2005) et ensuite parce que nous n’avons jamais gagné une étape.

- Deia : Mais tu es sûr qu’Anton fera le Giro à fond ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : Comme Nibali l’année dernière, Igor est prêt pour faire le Giro et la Vuelta. Et il a l’âge idéal, 28 ans, pour exploser.

- Deia : En 2010, Anton a fait le pas décisif ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : Ce qu’il a fait en 2010, c’est mûrir. Il s’est rendu compte de ce qu’il est capable de faire. Maintenant il n’a plus de doutes. Il a vu qu’en montée il est un des meilleurs coureurs, si ce n’est le meilleur.

- Deia : La Vuelta a été un tournant ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : Peut-être. Ca lui a donné une grande confiance de se voir arriver au point où lui-même ne s’imaginait pas pouvoir aller. Maintenant, il sait où il est, quelle est sa place dans le cyclisme.

- Deia : C’est simple de penser qu’Anton peut reproduire, voire améliorer, ce qu’il a fait cette saison.

- Igor Gonzalez de Galdeano : Ce n’est pas si simple. Je lui ai rappelé que les choses ne se passent pas toujours comme on voudrait. Chaque année le coureur doit donner un peu plus de lui pour arriver là où avant il croyait être arrivé facilement. Il faut oublier que ce qui s’est passé l’année précédente va se reproduire. Et ça vaut aussi pour toute l’équipe parce que la sensation qu’on pourrait avoir maintenant, c’est que ce sera facile de continuer à gagner des courses.

- Deia : Tu as peur des conséquences dans le cas où Anton n’arrive pas là où toi, lui et les supporters l’attendent ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : S’il arrive qu’on fixe l’objectif de gagner la Vuelta à Igor et qu’il n’y arrive pas, ce sera l’équipe qui devra l’entourer. Igor va avoir une pression terrible. Je suis déjà en train de le prévenir qu’avant la Vuelta il aura tous les yeux tournés vers lui et qu’il ne pourra pas dire qu’on verra comment ça se passe. Le secret de toutes les équipes où j’ai été, c’est que l’équipe entourait le coureur, c’est ce que je veux que ces coureurs comprennent. Il s’agit que tous aident à gagner, mais aussi qu’ils se défendent et qu’ils se soutiennent quand les choses ne vont pas bien. Igor est conscient que cette année tout sera différent.

- Deia : Tu crois que tu as établi une espèce de modèle, de moule pour les coureurs de l’équipe ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : Ce que je voudrais, c’est que tous ceux qui viennent entrent dans la discipline de l’équipe. Moi j’aide à progresser les coureurs qui qui s’engagent dans la dynamique de l’équipe, parce que sinon, c’est compliqué.

- Deia : Il y a un style Euskaltel ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : Je crois qu’il existe, tant dans la manière de courir que dans la manière de travailler.

- Deia : Le départ d’Intxausti te préoccupe ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : C’est une histoire passée déjà.

- Deia : Je veux parler de la sensation de vulnérabilité face à d’autres structures beaucoup plus puissantes qui mettent de l’argent et partent avec les coureurs.

- Igor Gonzalez de Galdeano : Mais le degré d’engagement dans cette équipe est important. Les coureurs d’Euskaltel valorisent d’autres choses en plus de l’argent et c’est ça qui les fait rester. Samuel en est l’exemple. Il a toujours été ici et il a eu des offres meilleures pour partir, mais il a tenu compte d’autres choses que le seul aspect économique.

- Deia : Ces dernières années, Euskaltel a réussi à garder la majorité de ses figures.

- Igor Gonzalez de Galdeano : Nous avons le budget le plus bas du ProTour. Pour cela nous devons être vigilants sur la gestion. Et nous l’avons été.

- Deia : Euskaltel démarre la saison centrée sur l’aspect sportif après avoir re-signé pour deux ans avec les sponsors principaux. C’est un soulagement ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : Le soulagement, c’est que nos sponsors soient autant engagés dans ce projet que nous-mêmes. Même s’ils n’ont pas augmenté le budget, ils maintiennent fermement leur soutien à l’équipe.

- Deia : Patxi Mutiloa, directeur des sports du Gouvernement Basque, parlait récemment du problème qui pourrait résulter de la dépense du sport professionnel basque aux institutions, y compris l’équipe Euskaltel Euskadi.

- Igor Gonzalez de Galdeano : L’argent des institutions est aussi très présent dans la pelote basque, le football,... Tous les sports dépendent des institutions parce que les solutions de recettes sont étroites.

- Deia : Euskaltel Euskadi substituerait son financement public ?

- Igor Gonzalez de Galdeano : C’est ça le secret de cette équipe. Etre Euskadi, porter son nom, nous rend différents de n’importe quel autre projet. Il semblait qu’Euskaltel Euskadi était le projet d’une tendance politique et maintenant c’est un autre parti qui est au Gouvernement basque et on continue à parier sur elle. Cette équipe a su unir un pays entier sans distinction d’idéologie. C’est un grand mérite. L’équipe Euskadi est suivie par des supporters aux idées politiques différentes. Je crois qu’elle est tellement enracinée dans la société basque qu’il est difficile de penser à sa disparition. Euskaltel Euskadi est tellement singulière que si ont tentait de l’imiter et de la créer en un autre endroit, on n’y arriverait pas. Il n’y a rien au monde qui ressemble à cela.

- Deia : Il y a Andalucia, Xacobeo,...

- Igor Gonzalez de Galdeano : Ce sont des tentatives infructueuses de créer des projets comme celui-ci. En Bretagne aussi, ils ont essayé de faire quelque chose de similaire. Ils ont demandé à Miguel (Madariaga) les statuts, il lui ont demandé comment il avait créé le projet, mais rien. Euskaltel Euskadi ne peut pas s’imiter.

- Deia : Il y a aussi Astana, Katusha, l’équipe du Luxembourg...

- Igor Gonzalez de Galdeano : Mais ceux-là sont de grands pays avec beaucoup de ressources économiques. Euskaltel est la seule équipe qui porte le nom de sa communauté. Ce qui m’attriste, c’est que beaucoup ne se rendront compte de ce que signifie cette équipe que quand elle disparaitra, si elle disparait un jour.

- Deia : Tu parles comme si l’équipe était éternelle et invulnérable.

- Igor Gonzalez de Galdeano : Miguel dit toujours qu’elle n’a pas de date de péremption. Moi, je ne sais pas, mais j’ai l’habitude de voir que tout a une fin.

Traduit d’un article en espagnol paru sur deia.com

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