Fan-club officiel de l’équipe Euskaltel-Euskadi

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Pierre Cazaux : "C’est une autre façon de faire"

samedi 18 décembre 2010

A 26 ans, Pierre Cazaux a décidé de rejoindre l’équipe de son cœur, Euskaltel-Euskadi. Un choix à la fois difficile et évident pour le coureur basque. Interview.


- Cyclismag : Que représente ce contrat de deux ans chez Euskaltel-Euskadi ?

- Pierre Cazaux : Pour un cycliste basque, courir pour l’équipe Euskaltel-Euskadi est toujours quelque chose de très gratifiant. C’est vraiment l’équipe emblématique de la région. Et puis, c’est une grande famille.

- Cyclismag : On peut lire un peu partout que c’est ta place d’honneur sur la 15e étape du Tour d’Espagne qui t’as permis d’être repéré par Euskaltel-Euskadi. Quand as-tu été réellement contacté par la formation basque ?

- Pierre Cazaux : C’est vrai que tout le monde raconte que c’est ma place de 5e aux Lagos de Covadonga qui m’a permis d’être repéré par Euskaltel-Euskadi, au point que j’ai fini par le dire moi-même… Mais en réalité ce n’est pas du tout le cas puisque leur proposition est arrivée début août, soit avant le départ du Tour d’Espagne. Le fait que je réalise une belle performance sur cette étape n’a donc absolument pas joué dans leur proposition de contrat.

- Cyclismag : La FDJ t’avait proposé un nouveau contrat. As-tu accepté rapidement l’offre d’Euskaltel-Euskadi ?

- Pierre Cazaux : Non, la décision n’a vraiment pas été facile à prendre. Mon année à la FDJ s’est vraiment très bien déroulée et c’est une formation que j’apprécie énormément. Mais il fallait bien choisir… De mon passage à la FDJ, je retiens énormément de choses positives, à commencer par une très belle formation, soudée, et qui aura réussie une saison pour le moins satisfaisante. Pour ma part, j’avais un beau programme de course avec notamment le Tour d’Espagne, et je ne peux que me réjouir de ma saison 2010.

- Cyclismag : La présence dans l’effectif 2011 d’un autre français, Romain Sicard, a-t-elle influencée dans ton choix ?

- Pierre Cazaux : Un petit peu. Ce n’est pas le point le plus important évidemment mais c’est quand même quelque chose qui a joué. Disons que cela m’a aidé dans ma décision. L’élément principal restait malgré tout l’aspect sportif et le fait de pouvoir courir dans la grande équipe de la région.

- Cyclismag : Tu n’es que le 3e coureur français à évoluer chez Euskaltel-Euskadi...

- Pierre Cazaux : C’est vrai qu’il n’y en a eu que très peu. Il y a eu Thierry Elissalde en 1994 et 1995, puis Romain Sicard depuis cette année. Après sincèrement, je pense qu’il n’y a tout simplement pas de bons coureurs français du côté basque, il n’y a pas le potentiel. Et même si je n’ai pas beaucoup de temps pour aller voir les courses cadets, ou juniors, je n’ai pas vraiment l’impression qu’il y ait beaucoup de jeunes qui arrivent.

- Cyclismag : Ce n’est donc pas l’équipe Euskaltel-Euskadi qui a privilégié à un moment les Basques espagnols ?

- Pierre Cazaux : Non, je ne crois pas. Ils prennent les meilleurs coureurs du Pays basque tout simplement. Or, il se trouve que côté français, il y a très peu de jeunes qui font du vélo. Ici, on préfère la pelote, le rugby ou le football, alors que du côté espagnol, le cyclisme est le sport roi. En France il n’y a pas de grandes équipes et de grandes structures qui pourraient permettre à ce sport de prendre autant d’ampleur que de l’autre côté des Pyrénées. Comme je disais, d’autres sports ont la préférence des gens. Euskaltel-Euskadi n’a donc en quelque sorte « pas le choix », c’est au Pays basque espagnol qu’il y a les meilleurs jeunes. Le jour où il y aura de très bons jeunes au Pays-Basque français, l’équipe Euskaltel-Euskadi n’hésitera sans doute pas à les contacter. Mais je ne suis pas certain que cela arrive de si tôt. Au contraire, le phénomène aurait sans doute tendance à s’accentuer.

- Cyclismag : Qu’attends-tu de ton arrivée dans cette équipe ?

- Pierre Cazaux : J’ai trouvé une très bonne ambiance dès le premier stage et je pense donc trouver chez Euskaltel-Euskadi une sorte de grande famille, avec une ambiance très chaleureuse. J’espère m’intégrer rapidement à cette formation. Maintenant, ce ne sera pas non plus très différent des autres équipes ProTour. La structure est plus ou moins la même qu’à la FDJ par exemple. En revanche, c’est certain qu’il va y avoir la barrière de la langue au début. D’autant plus que mis à part Romain Sicard, je ne connais personne pour le moment dans l’équipe, au niveau des coureurs. Mais je parle quand même l’Espagnol « de base » et je continue de le travailler petit à petit. Cela dit, j’ai encore du boulot et je suis loin d’être bilingue...

- Cyclismag : Comment prépares-tu la saison 2011 durant cet hiver ?

- Pierre Cazaux : Les méthodes de travail ont changés par rapport aux années précédentes. Les plans de travail des entraîneurs de l’équipe sont clairement très différents de ce que j’ai pu connaître jusqu’à présent. C’est une autre façon de faire. En tout cas, je m’entraîne tous les jours et tout se passe pour le mieux jusqu’à présent. Nous avons déjà eu un premier rassemblement de trois jours peu après la mi-novembre. Un rassemblement de trois jours qui a surtout permis de présenter les différents sponsors et de faire connaissance avec tous les membres de l’équipe, que ce soit les coureurs ou le staff. Une partie de l’équipe participe en ce moment même à un autre stage sur la Costa Blanca. Seuls onze coureurs participent à ce stage parmi lesquels ceux qui participeront au Tour Down Under en janvier prochain. Je ne participe donc pas à ce stage puisque contrairement à l’an passé avec la FDJ, je ne vais pas me rendre en Australie cette saison. En revanche, je devrais participer à un autre stage courant janvier.

- Cyclismag : Euskaltel-Euskadi fera toujours partie du ProTour en 2011. Est-ce une chose primordiale d’un point de vue personnel ?

- Pierre Cazaux : L’équipe voulait absolument rester dans le ProTour. C’était quelque chose de très important, avec beaucoup d’enjeux notamment au niveau des sponsors. D’un point de vue purement sportif, c’est sur que çà enlève, à moi comme au reste de l’équipe pas mal de pression. On n’aura pas besoin de faire tel ou tel résultat pour aller chercher des invitations tout au long de la saison. On pourra courir beaucoup plus sereins. Et ce n’est pas négligeable.

- Cyclismag : Le fait que tu sois le seul français de l’équipe avec Romain Sicard peut-il avoir un rôle sur ton calendrier ?

- Pierre Cazaux : Pas du tout. Ce n’est pas parce que je suis français que j’aurais plus de chance qu’un autre de courir Paris-Nice, le Critérium du Dauphiné ou une autre course en France. L’équipe n’a aucune obligation de ce côté-là.

- Cyclismag : Tu vas courir avec Igor Anton et Samuel Sanchez, des coureurs capables de gagner un Grand Tour...

- Pierre Cazaux : Même si je n’ai pas encore pu beaucoup échanger avec eux pour le moment, je sais qu’ils en sont capables. Pour moi, si Igor Anton n’était pas tombé lors de la dernière Vuelta, il avait vraiment les moyens de l’emporter. C’était le plus fort et on a pu le voir notamment lors de ses deux succès d’étapes. Pour moi, il aurait pu aller gagner ce Tour d’Espagne. Alors pourquoi pas le prochain ? Quant à Samuel Sanchez, il a terminé au pied du podium sur le dernier Tour de France, ce qui prouve qu’il a un très gros moteur.

- Cyclismag : Penses-tu pouvoir jouer ta carte personnelle sur certaines épreuves ?

- Pierre Cazaux : Je reste concentré sur le rôle que l’on va me donner. Si on me donne ma chance sur une épreuve, alors je jouerai ma carte à fond. De la même façon que je me sacrifierai pour un leader quand on me le demandera. Cela restera le principal pour 2011. Maintenant, il est certain qu’une victoire ne serait pas de refus.

Article paru sur cyclismag.com


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