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Koldo Fernandez de Larrea : "Un co-équipier et un masseur ont pensé que je m’étais tué"

lundi 1er novembre 2010

Première interview de Koldo, suite à sa terrible chute lors du sprint de Paris-Bourges. Il raconte comment se sont passées ces longues semaines depuis l’accident...


- El Correo (EC) : Comment as-tu réagi quand tu as vu ton visage pour la première fois ?

- Koldo Fernandez de Larrea : C’était le lendemain et ça m’a pas mal impressionné. J’avais tout le visage gonflé, les yeux violets et je ne pouvais presque pas en ouvrir un des deux. des éraflures partout, je savais que pour les dents, ça pouvait se régler et c’était ce qui m’inquiétait le moins. Je me suis plus inquiété pour le sourcil gauche qui était déchiré et j’avais une sale gueule. La pommette fissurée se soigne. Oui, c’est impressionnant la première fois que tu te vois dans le miroir.

- EC : On t’avait averti avant que tu te sois vu de ce que tu allais découvrir ?

- Koldo Fernandez de Larrea : Oui. On me disait que ça ressemblait à ce que j’avais eu en mai en Allemagne. Surtout pour ne pas m’inquiéter. Ils ont aussi dit la même chose à ma famille. Je savais que j’avais plus de coup que l’autre fois. C’était comme si un train m’était passé dessus. Je ne me souvenait pas comment s’était passée la chute.

- EC : Tu tombe du côté gauche et tu te frappe aussi la pommette droite !

- Koldo Fernandez de Larrea : C’est bizarre, oui. J’avais sur l’épaule gauche, la marque du pied de la barrière. C’est ça qui m’a fracturé la clavicule et je crois que j’ai tapé avec les dents sur le bas de la barrière. Je suppose qu’avec la vitesse ça m’a envoyé de l’autre côté et j’ai tapé sur le visage.

- EC : Qu’est-ce qui a été le pire à vivre pendant ces semaines ?

- Koldo Fernandez de Larrea : Je savais qu’avec le temps, la douleur physique allait disparaitre, mais encore maintenant je continue à voir des dentistes et des chirurgiens. Je devais prendre des vacances et maintenant je doit les passer de consultation en consultation. Ca m’énerve parce que depuis la chute en Allemagne, je faisais attention dans les arrivées, je ne prenais pas plus de risques que nécessaire, et regarde comment j’ai terminé la saison.

- EC : Au moins, tu peux déjà conduire.

- Koldo Fernandez de Larrea : Oui. La clavicule va bien. Le pire, c’est la bouche. Je dois encore voir plusieurs dentistes.

- EC : Et même le trajet depuis la France n’a pas été simple.

- Koldo Fernandez de Larrea : Oui. On n’a pas dit aux médias qu’à la pommette on m’avait mis deux petites poches d’air, surtout pour ne pas dramatiser. Mais du coup, je ne pouvais pas rentrer en avion. Les médecins de l’hôpital ont dit que je devais rentrer dans une ambulance médicalisée parce qu’il y avait un risque qu’elles montent au cerveau.

- EC : Et ta famille, comment a-t-elle réagi ?

- Koldo Fernandez de Larrea : (léger sourire). Je ne sais pas. Je suppose qu’ils ont été surpris. Ils voyaient que je n’avais pas le moral et ils voulaient m’encourager. Nous les sportifs, nous avons la capacité de bien nous régénérer. Si tu dis à quelqu’un que j’ai fait une telle chute il y a seulement 3 semaines, il ne te croira peut-être pas. Le visage a dégonflé et ce qui attirait le plus l’attention, c’était l’absence de dents.

- EC : Tu pensais que ça allait être pire ?

- Koldo Fernandez de Larrea : J’ai passé 10 jours sans vouloir sortir dans la rue. Tant qu’ils ne m’ont pas mis les dents provisoires, je ne voulais pas emprunter un trottoir. Si ça se trouve, les gens ne se rendent pas compte et c’est toi qui te vois dans le miroir et qui te fait honte de comment tu étais ou comment tu es. Nous sommes tous coquets et j’étais embarrassé de devoir ouvrir la porte de la maison. J’étais avec quelqu’un et je me cachais un peu la bouche. J’ai eu un accident et je n’ai pas à me cacher, mais je n’osais pas.

- EC : Tu as peur que cet accident te laisse quelques séquelles psychologiques ?

- Koldo Fernandez de Larrea : Non, je ne crois pas. J’ai passé des jours difficiles, mais j’ai une manière d’être. J’aime les voitures, les motos, les vélos... Je suis quelqu’un de décidé. Peut-être qu’un coup comme celui-là te fait réfléchir un peu. Viendra un moment où je remonterai sur le vélo et je le ferai avec envie. C’est un peu le caractère de chacun. Et en même temps, c’est peut-être pas si mauvais de vivre ça une fois, parce que quand tu es jeune, tu prends des risques inutiles.

- EC : Tu vois la vie autrement maintenant ?

- Koldo Fernandez de Larrea : Un co-équipier et un masseur ont pensé que je m’étais tué. Au fur et à mesure que les jours passent j’ai de plus en plus de courage, mais ça attire ton attention quand tes amis te disent ça. Le casque s’est cassé en trois morceaux. Des fois nous sommes prédestinés et il faut vivre la vie du mieux qu’on peut.

- EC : Comment dors-tu ?

- Koldo Fernandez de Larrea : La première semaine je devais dormir redressé et ça m’embêtait assez. Il faut être patient. Maintenant, je peux me mettre sur le côté droit et peu à peu je mettrai sur le côté gauche. J’ai encore peur parce que la clavicule a été opérée il y a peu.

- EC : Et pour manger ?

- Koldo Fernandez de Larrea : Les deux premiers jours, je n’ai pas mangé. Après, quand je n’avais pas les dents, je mastiquais de petits morceaux avec les molaires. Ce que je ne faisais pas et que je ne fais toujours pas, c’est de mordre un sandwich ou un fruit.

Traduit d’un article en espagnol paru sur elcorreo.com


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