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Igor Anton : "Si je suis bien, je n’ai à avoir peur de personne"

mardi 24 août 2010

Peut-être dans la meilleure forme de sa vie, le leader de l’équipe orange sur la Vuelta 2010 est prêt pour le grand départ, samedi, à Sevilla.


- El Correo (EC) : Tu arrives intact, frais, à la Vuelta, ton grand objectif de la saison.

- Igor : Je ne sais pas si c’est la course que j’ai la mieux préparée de ma vie, mais oui, une de celles là. Mon premier but de l’année était de recommencer à me sentir comme dans les saisons précédentes. Et j’y suis arrivé. Maintenant j’espère me surpasser. La Vuelta me donne de bonnes vibrations. C’est une course qui m’a beaucoup apporté. Je veux reprendre le chemin que j’ai abandonné en plein milieu en 2008.

- EC : Dans cette descente du Cordal, en route vers l’Angliru, où tu es tombé.

- Igor : C’est ça. Je veux me sentir comme dans cette Vuelta. Tout allait pour le mieux jusqu’à ce que je tombe. Je crois que l’expérience que j’ai prise ces quelques jours me servira pour cette édition.

- EC : Tu semblais être à la hauteur de Contador dans la montagne et ce jour là, celui de la chute, tu avais rendez-vous avec le vainqueur du Tour dans l’Angliru. Tu as beaucoup pensé à ce qui aurait pu se passer ?

- Igor : Oui, j’étais au niveau de Contador ou de Leipheimer et j’ai été très triste de ne pas pouvoir savoir jusqu’où je pouvais aller, mais je n’y ai pas trop pensé. Je suis tombé et c’est tout. Je l’ai surmonté rapidement. J’ai passé des moments plus difficiles.

- EC : Lesquels ?

- Igor : Suite à cette chute ça a été très difficile de revenir au niveau que j’avais. C’est ça qui a été le pire. Même si j’étais guéri, je n’arrivais pas à me sentir au top. Il restait des séquelles. Ca m’a pris toute une année et à ça oui, j’y ai beaucoup pensé. Maintenant tout cela s’est dissipé.

- EC : Et tu ne connais toujours pas ta limite ?

- Igor : Cette année je n’ai pas pu savoir jusqu’où j’aurais pu aller dans le Tour. J’espère trouver cette pointe supplémentaire pour la Vuelta. Je ne veux pas me mettre de pression. Je ne suis jamais monté sur le podium d’un grand tour. Mais j’en rêve. Regardes Samuel. A 32 ans, il a été sur le point de monter sur le podium du Tour. J’espère avoir une marge de progression.

- EC : Que crois-tu que tu aurais fait dans le Tour ?

- Igor : C’est difficile à dire. Mon expérience dans le Tour a été mauvaise. J’aurais sûrement fait mieux. Et je crois que ç’aurait été plus visible dans les étapes de montagne.

- EC : Tu te sens plus mûr ?

- Igor : Oui. Le cyclisme et surtout la vie te font mûrir. Les difficultés t’améliorent. Tu sais que tu vas prendre des coups et tu apprends à les surmonter.

- EC : L’hiver dernier a été difficile. Ta mère a été malade et, en plus, tu as subi une rupture sentimentale. Malgré cela, tu as réagi avec encore plus de force que jamais.

- Igor : J’ai centré toute la tension sur le vélo. Il y a eu des jours où il a été difficile de sortir m’entrainer. J’étais découragé, mais finalement, c’est le vélo qui m’a aidé. Il arrive des problèmes à tout le monde dans la vie. J’ai pensé que, malgré les problèmes, j’avais de la chance.

- EC : C’est pire ça qu’une blessure ?

- Igor : Bien-sûr. Nous passons tous des situations difficiles dans la vie. Je ne suis pas différent des autres. Je ne suis pas le nombril du monde. Il faut oublier ça et bien faire ton travail.

- EC : Après cet hiver, tu t’es révélé lors de la Vuelta a Castilla y León, à Amorebieta et aux classiques belges.

- Igor : C’est comme si j’avais sorti ce que j’ai en moi. Plus que Liège Bastogne Liège ou la Flèche Wallonne, je retiens l’étape du Morredero (Vuelta a Castilla y Leon). Je devais gagner là-bas. Je devais gagner là-bas, je l’avais dans la tête. C’était un jour très important pour moi. Devant Contador et avec mes parents qui m’attendaient au sommet.

- EC : Le pouvoir de la force mentale.

- Igor : Je me suis rendu compte que si moi je me sens bien, je n’ai à m’inquiéter devant personne. Dans le Morredero, j’ai battu Contador. Les jambes et la tête doivent fonctionner.

- EC : Tu y va pour quoi à cette Vuelta ? Pour des étapes ou pour le général ?

- Igor : Se fixer la lutte pour le général est quelque chose de beau. J’ai déjà été 8e de la Vuelta une année. Mais ça demande d’être très engagé tous les jours. Tu ne peux pas commettre d’erreurs. Et en plus, les gens se souviennent surtout de ceux qui gagnent des étapes. Pour ces raisons, d’abord on luttera pour une étape. Si ensuite la place au général vient, tant mieux.

- EC : C’est une Vuelta pour grimpeurs.

- Igor : C’est vrai. Sans oublier le contre la montre final qui impose le respect.

- EC : Quel col a attiré ton attention ?

- Igor : L’étape de Cotobello. Et en particulier le col de San Lorenzo. Ce sera un jour très compliqué. C’est la 16e étape et ce sera après les étapes de Paña Cabarga et Los Lagos. La montée vers la Bola del Mundo est aussi impressionnante (3 km de plus après le sommet de Navacerrada), mais peut-être qu’alors tout sera déjà décidé.

- EC : Tu es monté à la Bola del Mundo ?

- Igor : Oui. Il y a longtemps. Mon père est allé travaillé pendant 3 ans à Madrid et nous avons passé quelques saisons là-bas. Nous montions à pied, avec le sac à dos, pour y passer la journée. Maintenant j’y suis allé à vélo et oui, c’est une côte très exigeante.

- EC : Tu as quasiment ignoré les étapes de Peña Cabarga et Los Lagos. Elle ne seront pas décisives ?

- Igor : Peña Cabarga m’a surpris. Je pensais que c’était en dessous de ça, mais c’est énorme, tu as 6 km durs et un final très exigeant. Mais je ne crois pas qu’il y aura de gros écarts. Celle de Los Lagos de Covandonga est une étape mythique, mais il n’y a que ce col là. Tactiquement, c’est difficile de planifier quelque chose.

- EC : Et les rivaux ?

- Igor : Le numéro un sera Nibali qui vient d’être troisième du Giro. Menchov et Frank Schleck sont les inconnues. S’ils viennent pour gagner, ils seront favoris avec Nibali.

- EC : La Vuelta commencera samedi à Sevilla. Grosse chaleur en perspective.

- Igor : Pffff !! Moi j’ai toujours aimé la chaleur. Toutefois, mes meilleures journées en tant que coureur professionnel ont été dans la pluie et le froid. Aussi, je ne sais pas si ça m’ira bien ou pas. Mais c’est sûr que courir sous 40°C ne convient à personne.

- EC : Quel souvenir as-tu de tes passages par la Vuelta ?

- Igor : La Vuelta m’a donné une bonne part de ce que je suis. L’édition de 2006 (il avait gagné à Calar Alto) je ne l’oublierai jamais. J’espère faire un pas de plus cette année.

- EC : En 2012, la Vuelta reviendra en Euskadi. Une motivation supplémentaire.

- Igor : Oui. Après plus de 30 ans d’absence, c’est un bon signe. Surtout parce que des fois, il manque à la Vuelta cet appuis du public qui est garanti ici.

- EC : En 2012 tu seras toujours chez Euskaltel Euskadi. Tu viens de renouveler ton contrat.

- Igor : Cette équipe a parié sur moi. Je suis satisfait de la façon dont ils m’ont traité. C’est important que Samuel soit resté et très dommage que Beñat s’en aille. Mais cette équipe a un bon présent et un grand futur avec Romain Sicard.

- EC : Et puis il y a une chose qui reste en attente : le Tour.

- Igor : J’y reviendrai, mais avec beaucoup de précautions. J’en suis venu à penser qu’on peut vivre sans Tour, mais oui, je dois y retourner. Regardes Samuel, à 32 ans, il a lutté pour le podium du Tour.

- EC : C’est Samuel ton modèle ?

- Igor : Nous sommes différents. Je ne fais pas les choses au millimètre comme lui. Je suis moins agressif. Mais oui, je me fie à ce qu’il fait.

Traduit d’un article en espagnol paru sur elcorreo.com


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