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Mikel Astarloza : "Le souvenir, ils ne me l’enlèveront pas"

mercredi 21 juillet 2010

Il y a un an, Mikel Astarloza remportait la 16e étape du Tour 2009. Souvenir merveilleux suivi de la pire année de sa carrière sportive... Interview.


- Noticias de Gipuzkoa (NG) : 16e étape du Tour, 21 juillet 2009, Bourg-Saint-Maurice. Tu t’en souviens ?

- Mikel : Oui, bien-sûr, ça fait un an et je ressens quelque chose de spécial dans l’estomac. Ca a été le plus beau jour de ma vie et ça, il ne vont pas me l’enlever. Le souvenir je le garderai toujours, même si après j’ai eu à passer l’année la plus difficile de ma carrière sportive.

- NG : Ca reste un souvenir merveilleux ?

- Mikel : Bien-sûr. Moi, j’ai toujours eu une conception particulière du cyclisme. Pour moi, faire du vélo n’a jamais été un travail, mais une passion. Mais ce qui s’est passé l’année dernière, avec la victoire d’étape, c’était la réalisation d’un rêve que je poursuivait depuis tout petit. Une étape dans le Tour, dans les Alpes, en arrivant en solitaire, en en profitant... C’était impressionnant. Ce souvenir il ne me l’enlèveront jamais.

- NG : Tu continues à penser qu’on pourrait t’invalider cette victoire ?

- Mikel : Il y a peu, je me suis retrouvé avec un cyclotouriste que je ne connaissais pas et il a commencé à me parler de ça, du fait que quand j’ai gagné l’étape, on pouvait lire sur mes lèvres tout ce que ça signifiait pour moi, que je criais "Putain ! Putain !" et que beaucoup de gens se souviennent de ce soulagement, cette façon d’exprimer ce qu’on ressent. Je crois que je suis une personne assez expressive qui laisse voir ses sentiments et c’est évident que ces paroles furent la manifestation de la rage qu’avait en lui un coureur qui a de bons résultats mais peu habitué à gagner, de tout temps, dans toutes les catégories. C’était la fin de toute cette injustice de ne pas pouvoir lever les bras alors même qu’on est bien et qu’on est plus fort que d’autres coureurs.

- NG : La joie a été de courte durée.

- Mikel : L’euphorie a été courte, mais ces moments et la victoire seront toujours à moi. Je sais que j’ai gagné sans aucune tricherie. J’aurai toujours le sentiment que ce jour là fut le meilleur et que cette victoire est mienne. Qu’ils me l’enlèvent ou non.

- NG : Ce qui est arrivé après n’a pas assombri le souvenir ?

- Mikel : Si, bien-sûr. Ca a été l’année la plus dure de ma vie.

- NG : Dans les archives du Tour, tu este le vainqueur de la 16e étape de l’édition 2009. Où en est-on ?

- Mikel : En ce moment, j’ai une sanction de la Fédération Espagnole qui prend fin le 26 juin 2011 sur laquelle j’ai déposé un recours pour être déclaré innocent et qu’elle soit levée. Du côté de l’UCI, ils espère me sanctionner jusqu’au 31 juillet qui est la date à laquelle j’ai arrêté la compétition. Ce qui est clair pour moi, c’est qu’à compter de ce jour là, le 31 juillet, je vais recommencer à courir et si tout se passe bien, ce sera un mois avant. Le dossier est dans les tribunaux et j’attends qu’on m’appelle pour le suite.

- NG : Ca ne te désespère pas que ça aille si lentement ?

- Mikel : Je suis conscient de ça et ce qui me rend le plus triste c’est que tout ça est en train de tomber dans l’oubli. Je remarque que les gens déjà ne s’en souviennent presque plus, alors que moi je dois sortir m’entrainer tous les jours sans objectif à court terme. Celui qui doit regarder le Tour à la télé, sans pouvoir être là-bas, c’est moi et c’est dur. Je suis dans une situation que je n’ai pas cherchée, purgeant une sanction que je n’ai pas méritée.

- NG : Tu n’as pas de dossard, mais tu continues à te sentir coureur cycliste ?

- Mikel : Oui, bien-sûr, mais je reconnais que c’est dur de sortir s’entrainer tous les jours. J’ai toujours su que je n’allait pas terminer ma carrière sportive ainsi. Tout ce que j’ai montré jusqu’ici je veux continuer à le faire sur la route et pas dans des déclarations. Je sors tous les jours m’entrainer, certaines fois plus motivé que d’autres, et je ne sais pas si c’est à cause de la rage que j’ai en moi ou quoi, mais j’ai pas mal travaillé.

- NG : Pas mal... combien ?...

- Mikel : La semaine dernière j’ai fait les compte et cette année, j’ai parcouru plus de 20.000 km. A cette époque, au cours de n’importe quelle autre saison, j’en serais à moins.

- NG : D’où sors-tu la motivation ?

- Mikel : Des gens. Si j’ai appris quelque chose de tout cela, c’est qu’autour de moi, il y a plus de gens qui m’aiment que ce que je pensais. Il ont du me soutenir les bons jours, mais aussi les mauvais et les encore pires. Je me sens en dette par rapport à beaucoup de monde.

- NG : Tu as passé des moments très mauvais et maintenant tu sembles ré-armé, sachant jusqu’où tu dois aller. Quand as-tu décidé de ne plus te plaindre, de te lever et d’avancer ?

- Mikel : J’ai réagi rapidement. Le jour où on m’a communiqué le contrôle positif (le 31 juillet 2009), je suis resté bloqué parce que même dans mes pires pensées, je n’avais pas imaginé qu’il puisse m’arriver une chose comme celle là. Au début j’étais en état de choc. Je n’ai parlé qu’avec ma famille et mes meilleurs amis. C’était une situation que je ne comprenais pas. J’ai mis 3 jours à l’assimiler. Je crois que j’ai arrêté de me plaindre le jour même où j’ai donné la conférence de presse. Je me suis demandé ce que j’avais à faire, et finalement j’ai décidé qu’au lieu de rester chez moi à attendre que tout se résolve, je devais moi, faire face. Je l’ai toujours fait, quel que soit le problème. Je suis entré en lice pour dire ce que je pensais.

Traduit d’un article en espagnol paru sur noticiasdegipuzkoa.com


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