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Gorka Verdugo : "Les gens ne savent pas ce que nous vivons"

jeudi 3 juin 2010

Il n’a pas été simple pour Gorka Verdugo de passer professionnel. Il y est arrivé à force de travail. Depuis 7 ans, il court après une victoire. Ca ne l’obsède pas, mais il ne s’avoue pas vaincu. Interview.


- Diario de Navarra (DN) : Tu n’es déjà plus un junior.

- Gorka : Bon, ça fait quelques années, j’ai fait quelques courses... Je suis un vétéran d’Euskaltel.

- DN : C’est passé vite ?

- Gorka : A toute allure. J’ai l’impression que les saisons défilent sans que je m’en rende compte.

- DN : Pourquoi ?

- Gorka : Parce que j’apprécie beaucoup ce que je fais, j’adore le vélo.

- DN : Mais vous n’êtes pas stressés.

- Gorka : Quand arrivent les objectifs importants comme le Tour, oui, tu as l’incertitude de savoir si tu vas arriver comme il faut ou pas, si l’entrainement est bon ou pas.

- DN : Tu es satisfait ?

- Gorka : Je suis content de ce que j’ai fait. Quand je suis passé professionnel, je ne pensais pas qu’aujourd’hui j’aurais déjà couru 4 Tours, 1 Giro et avec de bons classements dans des courses comme Paris-Nice.

- DN : Tu as toujours eu de bonnes courses.

- Gorka : Je ne me plains pas, là où je suis allé j’ai fait preuve d’un bon niveau, j’ai beaucoup travaillé.

- DN : Et toujours avec la même idée : gagner. Mais ça ne marche pas.

- Gorka : Et oui, mais avec les années, tu arrêtes d’être obsédé par les victoires. Avant j’y pensais beaucoup, je me rendais fou. Quand tu débutes, tu viens de gagner en amateurs et tu veux montrer ta valeur. Mais il passe une année et tu ne gagnes pas, la suivante pas plus.

- DN : Et qu’est-ce que tu penses ?

- Gorka : Qu’il y a des course où on exagère, que tu es fait pour gagner, mais qu’il n’y a pas moyen. Et que c’est normal de ne pas gagner.

- DN : Et on le prend avec philosophie.

- Gorka : C’est le seul moyen. Je vais sur des courses et je donne tout ce que j’ai, j’ai confiance qu’un jour la victoire viendra. Il y a des coureurs qui ne gagnent pas pendant longtemps et un jour, ça vient. Ca viendra un jour.

- DN : Tu t’es déjà demandé pourquoi c’est si difficile de gagner ?

- Gorka : Oui, bien-sûr. Finalement, nous sommes dans les meilleures courses du monde et ce sont les meilleurs qui gagnent. C’est très difficile, c’est comme si nous mettions Osasuna dans la Champions League, il serait normal qu’ils ne gagnent pas. Pour remporter une course importante, il faut beaucoup de choses : toi, tu dois être au top, avoir de la chance... et en plus on n’est pas des gagneurs.

- DN : Que dois-tu faire pour être bien et compétitif ?

- Gorka : Beaucoup de travail, beaucoup de sacrifices, des heures sous la pluie... Nous en parlons parfois en nous entrainant, si les gens savaient ce que nous vivons en nous entrainant, peut-être qu’ils nous critiqueraient moins.

- DN : Les gens ne le savent pas.

- Gorka : Non, c’est que les gens ne voient du cycliste que ce qui passe à la télé, et pas tout le travail qu’il y a derrière.

- DN : Que pense-t-on pendant tant d’heures, seul, à s’entrainer ?

- Gorka : Finalement, faire du vélo, c’est un travail, un travail dont on profite beaucoup, mais on ne passe pas non plus toute la journée à réfléchir à tout. Quand l’objectif est passé, tu t’arrêtes et tu réfléchis : pourquoi ai-je bien marché ou pourquoi ai-je échoué ? Mais je ne suis pas du genre à penser à ça sans arrêt. Si je ne marche pas bien maintenant, ce sera pour dans un mois.

- DN : Egoi Martinez et toi formez une paire presque inséparable.

- Gorka : Oui, nous nous connaissons depuis tout petits, nous avons toujours été ensemble. Nous sommes comme deux frères, et le lien qu’il y a entre nous est très fort.

- DN : Vos vies sportives ont été parallèles.

- Gorka : Oui. Egoi est un mec génial, il est toujours là pour aider les autres. Trop parfois, je trouve. Mais comme coureur, c’est un batailleur.

- DN : Comme toi.

- Gorka : Oui, nous nous ressemblons, notre vie est dans les échappées et à travailler pour le leader.

- DN : Une échappée s’en va parce que...

- Gorka : Parce que tu as de bonnes jambes, mais aussi une bonne tête. Il faut avoir du sang froid. Combien de chaque ? Je ne sais pas. La qualité hors-normes ne vaut rien s’il n’y a pas de tête.

- DN : Tu n’es pas une grande star. Tu aimerais l’être ?

- Gorka : Non, je suis satisfait de ce que je suis. Là où je vais je donne tout ce que j’ai et s’il faut travailler pour un leader je me vide pour lui. Si j’ai une chance pour moi, j’en profite.

- DN : Vous avez beaucoup pensé aux problèmes du cyclisme.

- Gorka : Oui, il y a 3 ans. On s’inquiétait pour le cyclisme, ses problèmes, mais tu finis dégouté, moi ça n’a pas duré longtemps. Les choses sont claires, tu peux y réfléchir autant que tu veux, toi, tu ne vas pas changer le fond des choses parce que tu ne peux pas le faire.

- DN : Le cyclisme est individualiste ?

- Gorka : Le cyclisme est un sport d’équipe, mais au final chacun fait ce qu’il peut, et arrive jusqu’où il peut. Si tu ne marches pas bien et que tu es lâché dans un col, tu es seul avec ton effort.

Traduit d’un article en espagnol paru sur diariodenavarra.es


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