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Alan Pérez : "Je suis un ouvrier du vélo et j’en suis enchanté"

jeudi 13 mai 2010

Interview où le coureur de l’équipe Euskaltel Euskadi parle de son travail et de sa place dans le cyclisme mondial et dans l’équipe.


- Diario de Navarra (DN) : En plaisantant, on peut dire que tu es presque un vétéran de guerre.

- Alan : Moi, je ne me vois pas encore comme un vétéran, simplement, les saisons passent, j’appends le métier et j’ai réussi à me faire une place chez les professionnels. Mais il y a beaucoup de coureurs plus anciens que moi, les saisons passent et je reste là.

- DN : Elles passent comment les saisons pour toi ? Vite ou lentement ?

- Alan : Pour moi, elles passent à une très grande vitesse. J’ai l’impression d’être passé chez Orbea hier et pourtant, ça fait déjà 6 ans.

- DN : Pourquoi tout va si vite ? Parce que ça se passe bien ?

- Alan : Le cyclisme, c’est comme la vie, tu enchaînes les projets, les idées, les espoirs... ils arrivent et ils passent. Il y a un rien de temps, nous étions en stage de pré-saison, et déjà arrive le Tour. Les objectifs arrivent et passent à toute vitesse.

- DN : Ca t’ennuie ?

- Alan : Non, ça veut juste dire que je ne peux pas m’endormir. Dans le cyclisme, il faut aller vite, si tu laisses passer deux ans sans t’en rendre compte, tu peux te retrouver à la rue. Ce n’est pas comme un travail fixe dans un magasin, ici il faut gagner sa place, course après course, et mettre à profit ses chances.

- DN : Les choses vont comme tu l’attendais à ce moment de ta carrière ?

- Alan : Moi, je ne me suis jamais fait une idée de comment allait être ma carrière, avec des objectifs clairs. Moi, je voulais savoir si j’étais capable d’être cycliste, et après j’ai tenté de trouver ma place et mon travail. Et je l’ai vu très vite, mon travail est de travailler pour les autres. C’est pour ça que nous sommes là, et nous en sommes très contents. Je suis un ouvrier du vélo et j’en suis enchanté. Moi, j’aime travailler pour les autres, bien faire mon travail me satisfait beaucoup.

- DN : Etre ouvrier dans le cyclisme, c’est difficile et dur ?

- Alan : Pas si tu sais clairement ce que tu es et ce que tu vaux, et si tes chefs savent apprécier ton travail. Moi, je trouve que c’est un travail très gratifiant. Mais il y a des gens qui restent toute leur vie à penser et à dire "j’espère gagner une course", et qui finalement ne gagnent rien et ne travaillent pas non plus.

- DN : C’est une erreur assez répandue chez les coureurs, non ?

- Alan : Je crois que oui. Ca ne veut pas dire que dans mon for intérieur, je n’ai pas le désir d’avoir un jour la chance de gagner et d’y parvenir, mais ça ne m’obsède pas. Si une occasion surgit, je la saisirai, mais je ne vais pas me rendre fou. Je suis là pour travailler, je le sais parfaitement. Quand tu dois travailler pour un co-équipier, tu dois te vider pour lui, le faire à fond, et pas penser à autre chose.

- DN : Comment est le bon grégario ?

- Alan : Je crois que ce doit être quelqu’un qui se sacrifie, généreux et avec une bonne vision de la course. Savoir quand est venu ton moment et savoir garder des forces pour quand on en aura vraiment besoin.

- DN : Quel a été ton meilleur travail ?

- Alan : Chaque course a ses moments. Peut-être à la Vuelta a España, il y a 2 ans, quand nous portions Igor Anton à bout de bras et qu’en même temps Egoi avait le maillot.

- DN : Cette année, tu peux aller au Tour de France. Ca t’inquiète ?

- Alan : Pas du tout, j’y suis déjà allé l’année dernière et j’ai vu ce que c’est.

- DN : C’est si dur qu’on dit ?

- Alan : Le Tour est différent de tout, parce qu’il y a les meilleurs coureurs du monde à leur meilleur niveau. Pour cette raison, la vitesse à laquelle on court est différente. Mais en ce qui concerne le parcours, j’ai toujours dit que Giro est le plus dur.

- DN : Combien de problèmes surviennent sur un grand tour ?

- Alan : Il y en a, mais dans un grand tour on manque aussi de calme. Pour moi, le moment le plus dur de ma carrière ont été les 2 jours dans les Dolomites, au Giro. J’ai eu beaucoup de mal.

- DN : A quoi se raccroche-t-on dans les mauvais moments ?

- Alan : Au fait que tu oublieras sûrement ce mauvais moment et que dans peu de temps, tu reprendras du plaisir à vélo.

- DN : Combien de fois t’es-tu demandé ce que tu faisais là ?

- Alan : Souvent. Ca m’est arrivé par exemple, cette année à la Vuelta al Pais Vasco où il faisait très froid. J’étais dans une échappée et j’ai été lâché, gelé, dans la descente d’Azazeta, et ils ont du m’habiller de l’intérieur de la voiture... J’étais comme une merde. Ce jour là, je me suis demandé si ça valait la peine de souffrir autant, mais tu dois continuer. Dans ce sport, il n’y a pas de changements, ni d’arrêt, il faut continuer et tu continues.

- DN : Qui apprend à quelqu’un à souffrir ?

- Alan : Moi, c’est Jon Odriozola, mon premier directeur sportif en professionnel. Il m’a beaucoup marqué. Il disait toujours qu’on oublie les mauvais moments, même si on est crevé. Et c’est vrai.

- DN : Toi, tu as eu un bon maître à la maison, ton oncle Roberto (Roberto Lezaun a passé un an au sein de l’équipe, en 1995).

- Alan : Oui, il a été mon meilleur maître et c’est celui qui m’a le plus appris.

- DN : En quoi est-il responsable du fait que sois là ?

- Alan : Bon, si je suis coureur cycliste, c’est grâce à mon oncle, parce que je le suivais partout et j’ai vu le cyclisme à la maison dès mon premier âge. Je me suis entrainé avec lui dès que j’ai été en cadet, il m’a toujours très bien conseillé.

- DN : Quel coureur était ton oncle Roberto ?

- Alan : Chaque coureur est différent. Lui était très bon, et peut-être aurait-il pu continuer plus longtemps, mais je crois que la route ne lui a pas plu. Il préférait le VTT, où il était et il est toujours phénoménal. Je crois qu’en passant de la route au VTT, il a eu raison à 100%.

- DN : Quel a été son meilleur conseil ?

- Alan : Il m’a toujours dit d’être constant, et que quand on veut quelque chose, il faut en payer le prix.

- DN : Vous parlez beaucoup de cyclisme ?

- Alan : De moi oui, mais pas trop de cyclisme. On parle plus de quads et de motos.

- DN : Et comment vois-tu le cyclisme, toi ?

- Alan : Moi, je ne suis pas de ceux qui se prennent beaucoup la tête avec les choses, je fais ma vie. Je m’intéresse au cyclisme, parce que c’est mon travail, mais je suis pas obsédé de savoir comment va le cyclisme. Evidemment, le problème du dopage et tout ça t’inquiète, mais tout ce que moi, je peux faire, c’est de bien faire les choses, m’entrainer, courir et déconnecter.

- DN : Et quand les agents de l’UCI viennent à Arbeiza ou à Zurucuain pour les analyses ?

- Alan : Ce sont des choses auxquelles tu t’habitue, et tu ne t’énerve pas, parce que ça n’en vaut pas la peine. Avec moi, ils sont respectueux et il n’y a aucun problème. Eux, ils ne sont la cause de rien, ils font leur travail et point final. Et on s’habitue même à être localisé par le système Adams. Tu vis avec.

- DN : Que serait ta vie sans le cyclisme et sans être coureur cycliste ?

- Alan : Je n’y ai jamais pensé, parce que depuis toujours j’ai voulu être cycliste. Ce que je ferais ? Peut-être que je travaillerais la terre.

Traduit d’un article en espagnol paru sur diariodenavarra.es


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