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Jorge Azanza : "Le mental fait 80% d’un coureur"

jeudi 6 mai 2010

Alors qu’il avait un bon niveau au sein de l’équipe Kaiku, Jorge Azanza, a failli quitter l’équipe fin 2009. Il n’a jamais retrouvé ce coup de pédale et cette envie qu’il redécouvre en ce début de saison 2010. Interview.


- Diario de Navarra (DN) : Comment a débuté 2010 ?

- Jorge : Ca a démarré un peu gris, avec le Kyste que j’ai eu à Mallorca, mais je me suis amélioré peu à peu. J’ai des sensations comme je n’en ai pas eu depuis longtemps, même si c’était en faisant un autre type de travail.

- DN : Parce que tu viens d’un moment qui n’a pas été spécialement bon.

- Jorge : C’est ça. J’ai passé deux années difficiles. J’ai été au bord du précipice, mais je me suis refait, j’ai confiance et de meilleures sensations que jamais.

- DN : Quand tu es passé professionnel, tu l’as fait avec de bonnes références en amateurs. Que s’est-il passé pour que tu sois au bord du précipice ?

- Jorge : Une somme de circonstances. Je crois que le fait de me séparer d’Oscar Guerrero, qui avait parié sur moi, plus une blessure à la clavicule dont j’ai eu beaucoup de mal à me remettre, plus le fait de revenir sur le Tour, sont des éléments qui ont fait que les choses ne se sont pas passées comme je voulais. Les choses partent de travers et c’est difficile de redresser la barre.

- DN : Et arrivent les doutes.

- Jorge : Oui. Je voyais que tout ce que je visais ne réussissait pas, et j’ai du redéfinir ma place en tant que coureur. Dans le monde professionnel c’est compliqué, tous les coureurs ne vont pas gagner, quelques uns seulement. Les autres nous sommes là pour travailler.

- DN : Mais toi, tu es passé chez les professionnels avec de grandes aspirations ?

- Jorge : Non. Ce qu’il y a, c’est que j’ai toujours eu une grande confiance en moi. Avant de passer professionnel, j’ai eu du mal à avoir cette confiance, mais un psychologue sportif, Luis Astrain, m’a beaucoup aidé à ce niveau là. Et chez les professionnels, il s’est passé la même chose, je me suis un peu embourbé, j’ai encore travaillé avec lui et je suis en train de retourner la situation.

- DN : Que représente le mental chez un cycliste ?

- Jorge : Le mental, c’est 80%. Le physique est là : si tu es arrivé chez les professionnels, c’est que tu as un bon physique. Sauf quelques exceptions, celui qui arrive au sommet c’est parce qu’il marche bien et qu’il a quelque chose qui le rend professionnel. Si le mental t’accompagne et que tu sais l’utiliser comme il faut et quand il faut, c’est mieux.

- DN : C’est quoi avoir un mental ?

- Jorge : Je crois que la constance est une vertu propre à tous les cyclistes, c’est l’entrainement et le travail qui nous la donne. La confiance s’obtient quand les choses réussissent. Ce qui est difficile c’est de voir les échecs, et de passer par dessus. C’est ça qui te fait mûrir et apprendre. Souvent tu n’es pas préparé, tu t’aveugles et tu ne veux pas voir ce qui est face à toi, tu entres dans une dynamique négative et tu deviens négatif. Moi, je suis passé de quelqu’un de positif à quelqu’un de négatif. Les choses ne sont ni un chemin de roses, ni un enfer. C’est un moyen terme.

- DN : Tu as été au bord du précipice, proche d’arrêter le vélo. Qu’as-tu vu de l’autre côté ?

- Jorge : Et bien tu vois que tout le travail, tous les sacrifices et tout ce que tu as fait pour arriver jusque là pourrait partir à la poubelle et tu resterais sans rien. Ca énerve. Moi, ce qui m’a le plus meurtri de tout ce temps où ça n’allait pas, c’est que je ne prenais plus de plaisir à vélo, alors que ça a été réellement été ma passion et ce que j’ai le plus aimé depuis enfant.

- DN : Comment as tu été capable de revenir ?

- Jorge : C’est grâce au soutien de mes parents, de ma famille, de mes amis... tous m’ont beaucoup aidé. Il m’ont montré que je devait changer les choses, parce que je ne rêvais plus de continuer comme coureur. Eux voient les choses de l’extérieur et il voyaient que j’étais mal. Mais ce qui est bon, c’est que je me suis rendu compte des choses, j’ai retourné la situation et et je suis plus motivé qu’avant.

- DN : Comment se ré-invente-t-on coureur ?

- Jorge : Quand tu fais quelques bonnes courses. J’ai parlé avec Igor Gonzalez de Galdeano et il m’a dit qu’il attendait de moi que je fasse un bon travail d’équipe et d’être attentif aux échappées. Et en 29 jours de compétition, j’ai pris 9 échappées, je travaille pour l’équipe le reste du temps, et ils sont contents de ce que je fais.

- DN : C’est difficile de mettre sont orgueil et ses aspirations dans sa poche ?

- Jorge : Ce n’est pas que ce soit difficile ou pas, il faut voir les choses. Pourquoi suis-je où je suis ? Mon niveau, beaucoup d’autres coureurs l’ont aussi, et pour qu’un jour je fasse quelque chose, il faudra un certain nombre de circonstances. Le secret, c’est d’être constant et prêt pour le jour où surgira cette opportunité.

- DN : Comment regardes-tu le futur ?

- Jorge : Je n’aime pas regarder le futur ou le passé. Ni faire des plans longtemps à l’avance, ni vivre en permanence dans le passé... J’aime apprendre des erreurs et vivre le présent.

- DN : C’est pire de souffrir physiquement ou mentalement ?

- Jorge : Si physiquement tu es comme un chiffon et que la tête ne t’accompagne pas, tu souffres énormément, tu te dégoûtes du vélo. Mais maintenant j’y prends du plaisir, je suis optimiste et je peux faire beaucoup.

- DN : Tu as absolument besoin de gagner pour te retrouver ?

- Jorge : Non, mais je garde ce rêve. Si ça arrive un jour, que ça arrive. Mais je ne m’aveugle pas. Je ne dois rien à personne, ce serait pour moi-même.

Traduit d’un article en espagnol paru sur diariodenavarra.es


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